11/06/2016

Entre chien et loup et du loup au chien

Selon une étude, rapportée le 4 juin par Le Monde, la filiation entre le chien - domestiqué il y a 30 000 ans - et le loup est désormais irréfutable. Un aréopage de zoologues et de paléontologues internationaux s’évertue à démontrer cette théorie génétique, quitte à en contredire d’autres. Ainsi “Baby”, le chichuahua rose fluo de Julienne Molendru, “onglière” à Ferlens, serait apparenté à “Lucius”, le loup arctique au pelage ivoire et pelucheux du zoo de Servion. Au jappement quotidien du premier, suscité par le passage du facteur, répondent des hurlements plus rares mais soutenus, plus métaphysiques aussi, car ils s’adressent à la lune.

Comment a pu s’opérer une si spectaculaire métamorphose, toute lointaine fût-elle dans le temps? Réponse des savants: le moins farouche des premiers loups s’est progressivement auto-domestiqué, en récupérant une pâture acceptable dans un environnement humain de moins en moins hostile. Et où il devenait possible de ne plus sauvagement giboyer pour se nourrir. Devenu chien fidèle, il aurait perdu toutes ses dents si, par oppotunité affectueuse, l’homme (devenu “son meilleur ami”, et ce serait vice-versa…) ne lui avait laissé de solides canines. Et surtout son si lucratif instinct naturel de chasseur. Afin, évidemment, qu’il  lui rapporte, sans n’y avoir rien goûté, une perdrix, deux ou trois lièvres bossus qui gîtent dans les maïs du Gros-de-Vaud, voire tout un chevreuil.

A Servion, “Lucius” doit se contenter d’un espace limité mais bien aéré, où il se régale de viandes fraîches de premier choix. A Ferlens, “Baby” le rosâtre, peut se dégourdir plus allègrement les pattes du jardin jusqu’aux fourrés qui bordent la route d’Oron. Mais pour assouvir sa fringale, on ne lui servira que des croquettes, les rogatons de ce qui a été un succulent banquet. Plus rarement un os de génisse bien moelleux: un cadeau de la bouchère du village…

S’il est scientiquement confirmé, l’apparentement de ces deux canidés, aux habitudes et à l’apparence si dissemblables, vous rendra méfiant envers les signes affectueux de votre bichounnet. A contrario, vous trouverez un air de connivence philosophique à son aïeul naturel, le loup des zoos.

Commentaires

Ces généticiens enfoncent des portes ouvertes. La dénomination "canis lupus" de Linné date de 1758. Il est vrai que les mêmes pensent qu'un papa pygmée et une maman pygmée peuvent donner naissance à un géant blond type viking, les races n'existant pas à leurs yeux. Mais différentes espèces d'homo, oui. Et qu'il y a eu mélange entre sapiens et néandertal, oui. Mais que cela aurait pu produire des différences entre homo, non. C'était culturel, seulement...
On va tenir pour positif qu'ils osent dire qu'il y a une différence entre un chien et un loup. Nul doute que certaines théoriciennes du gender, véganes et anti-spécistes songent à combattre ces discriminations...

Écrit par : Géo | 11/06/2016

Je réfléchissais au sujet en écoutant une version sublime de "Hey Joe" (Jimmy Hendrix, "Live at Berkeley", 30 mai 1970). Si celle du festival de Monterey en 1967 (pour le tout premier "Summer of Love" de l'Histoire) avait de quoi vous déniaiser, l'impact de la gig à l'uni est orgastique au sens premier de Wilhelm Reich: "La pleine puissance orgastique est la condition de tout progrès humain". Mais hélas, Jimmy Hendrix n'avait plus que trois mois et quelques tranches de jours à vivre. Ce qui me fait revenir à votre argumentation, en poussant l'idée que tous les machabés vieux de 500'000 ans découverts en Chine et en Indonésie auraient encore assez de punch pour remettre la pendule africaine à l'heure.

Écrit par : rabbit | 12/06/2016

Et si cela vous interpelle, j'ai vécu 13 ans avec une chienne Husky qui avait énormément de gènes lupins, bien plus que les canis ordinaires. Une vraie terreur pour les roquets.

Écrit par : rabbit | 12/06/2016

Jimmy Hendrix, Wilhelm Reich : un poil de plus et vous abordiez Herbert Marcuse et l'Homme unidimensionnel...
A ce jour, je n'ai encore jamais rencontré qqn qui n'aime pas la musique de Hendrix. Étonnant, non ?

Écrit par : Géo | 12/06/2016

Si notre hôte voit des chiens roses et déforme leur nom de façon assez significative, merci Lacan :

"Ainsi “Baby”, le chichuahua rose fluo "

c'est peut-être parce qu'il a cessé la cigarette :

https://www.google.ch/search?q=chicha&client=firefox-b&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0ahUKEwjipOqjuqLNAhWESxoKHQmcBFgQsAQIHQ&biw=1280&bih=641

Écrit par : Géo | 12/06/2016

J'ai aussi noté la présence de lacunes lacaniennes dans les textes de Monsieur Gilbert, mais j'ai opté pour le déni freudien de la réalité. Ce qui est l'opposé de la suspension consentie de l'incrédulité (https://fr.wikipedia.org/wiki/Suspension_consentie_de_l%27incrédulité) nécessaire pour croire à ses histoires de trolls de la pampa joratoise.

Écrit par : rabbit | 12/06/2016

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