24/09/2016

Je reconnais les gens à leur regard

L’avènement de l’automne a le mérite de couronner nos forêts romandes “d’un reste de verdure”, pour paraphraser Lamartine. Il a aussi celui d’atténuer suffisamment les ardeurs du soleil pour que l’on se déchausse de ses ray-ban noirs, vert bouteille ou pire: de ces verres en miroir “Aviator”, où se reflète en stéréotypie, et sans son gré, le faciès de votre interlocuteur.

Les lunettes de Steevie Grouvinet, mon voisin du dessus, sont pareillement opaques mais rondes et grosses, évoquant les ocelles des papillons. Il les porte par toute saison. Elles semblent greffées définitivement sur sa figure minçolette. Au point, qu’un matin, il m’est devenu méconnaissable: “Oui, fit-il dans l’ascenseur, c’est bien moi, l’homme à lunettes du 5ème, mais elles se sont cassées, je vais en acheter de neuves.” Encore des sombres? “Oui, ça me permet d’avoir une mine convenable.”. Les prunelles lavande du Grouvinet étaient légèrement nuancées de strabisme. Comme celles de “Daphnis”, un siamois aux ondulations couleuvrines qui avait enchanté mon adolescence - et qui aurait joué des griffes et des dents si on l’accoutrait de misérables bésicles d’humanoïde. Gloire aux chats!

 

Moins glorieuses sont les raisons qui forcent des célébrités à s’en affubler à Gstaad, Verbier ou au Beau-Rivage de Lausanne. Dissimulent-elles leur identité au tout venant des autochtones? Quand bien même elles savent la discrétion atavique des Helvètes. Ou paradoxalement, et par subtile stratagème, serait-ce pour attirer l’attention? Mon confrère du Monde Pierre Barthélémy a évoqué, dans sa chronique du 14 septembre, des cas de “prosopagnosie”. Un trouble qui empêche d’identifier les visages. A la burka, les stars mondiales ont une préférence pour des lunettes noires, et ça se comprend. Mais celles-ci les rendent-elles méconnaissables? Et quid de Superman, dans le film pionnier de 1978, où Christopher Reeve sauve le monde à l’oeil nu, alors que Clark Kent, le prétendu sosie du héros est un bigleux? Une simple monture d’écaille les rendrait donc dissemblants.

Je me suis fait embrasser l’autre jour à la Palud par une élégante inconnue. Après qu’elle eut ôté ses ray-bans, j’ai retrouvé le regard lumineux et sucré d’une copine de l’école primaire.

Commentaires

"Que l'important soit dans ton regard, et non dans la chose regardée. " (André Gide)
"Un regard sucré"? Le regardeur doit être gourmand !

Écrit par : Ambre | 24/09/2016

En fait, Ambronette, ce que Gilbert veut dire, c'est que Bausch & Lomb a été racheté par Martin Breyer et Harry Rothschild, qui ont ensuite revendu la marque Ray Ban à Luxottica et que depuis, ce n'est plus la même chose. Je veux être enterré avec mes Ray Ban gravées B&L.

Écrit par : rabbit | 24/09/2016

Ah Mais!!! RABBIT, j'ai aussi une paire de RB gravée BL. Pensez vous que je pourrais les revendre un bon prix? En revanche je garde mes wayfarer que j'adore. Elles ont 35 ans! Mon visage s'est rétréci (décharné, snif) avec les années et elles sont démesurées pour moi. Hi!

Écrit par : Ambre | 24/09/2016

Et vous avez aussi un Zippo estampillé Viet-Nam, comme Géo ?

Écrit par : rabbit | 25/09/2016

Non pas de Zippo!
Mais pour rester dans les lunettes, autres que de soleil, il paraît que les hommes aiment les "femmes à lunettes", quand elles sont jeunes sans doute, parce les âgées, elles en portent toutes, à part les privilégiées qui peuvent compenser avec un seul oeil valide.
Et savez-vous pourquoi les vieilles portent des lunettes de soleil en hiver même sans soleil?

Écrit par : Ambre | 25/09/2016

N'inversez pas les rôles, rabbit. L'admirateur du taré Westmoreland, qui passait ses loisirs à flinguer le niaouké dans sa rizerie depuis son hélicoptère, c'est vous.
Moi, à cette époque, je manifestais contre cette guerre...

Écrit par : Géo | 25/09/2016

Je donne ma langue à Daphnis. Mais, c'est sans doute pour éviter que leur regard pétrifie le passant qui ose regarder leur visage, comme la gorgone Méduse. Gilbert ne parle pas de Chloé, pourquoi?

Écrit par : rabbit | 25/09/2016

Il y a du Géo dans l'air: on entend la Chevauchée des Walkyries, les hélicoptères ne devraient plus être loin.... Allons, allons ! vous préférez cette approche touristique du Sud-Est asiatique à toute autre. La malédiction d'Isone ne vous lâchera pas de sitôt. Vu de l'autre côté de la frontière, la tendance à Beijing est maintenant à une appréciation négative du bilan de l'opération. Quant aux manifs, c'était un déguisement pour chasser les petits cailles saturées d'oestrogènes.

Écrit par : rosset | 25/09/2016

"Quant aux manifs, c'était un déguisement pour chasser les petits cailles saturées d'oestrogènes." Sans aucun doute un but pour vos semblables, et ils étaient effectivement très nombreux. Le plus connu a dirigé Amnesty international, a eu 18'000 femmes et maîtresses et une descendance féminine vertigineuse...
Je devais faire partie des deux ou trois sincères qui étaient d'abord contre cette guerre stupide : même Mc Namara, le premier en charge, l'a avoué. Il n'y a donc pas que Beijing...

Losone, pas Isone. A l'époque, j'ai eu le privilège de faire partie de ceux qui em...daient Flavio Cotti, si près de Locarno et d'Ascona. Maintenant, ils baignent dans le bonheur : les asylanten nous ont remplacés. J'espère qu'ils volent beaucoup de poules par là-bas...

Écrit par : Géo | 25/09/2016

Je vous laisse néanmoins de la pub pour la Waffenplatz d'Isone (https://youtu.be/x6JV499cTdI), si la nostalgie devait vous rattraper. Ceci dit, votre message devient semaine après semaine plus christique. Ou vous vous préparez à annoncer la venue des temps messianique, ou ce sont les violons de l'automne qui sortent des étuis.

Quelques mots de Hélie de Saint-Marc: «Les combats que j’ai connu de 1950 à 1953 au Vietnam furent d’une âpreté et d’une violence que je n’ai plus jamais retrouvées durant ma carrière militaire. J’ai compris à cette époque le jugement porté par Winston Churchill : "Quand j’étais jeune, la guerre me paraissait cruelle et amusante. Maintenant, elle me paraît toujours aussi cruelle, mais je sais qu’elle est abominable". Parfois, nous avions l’impression que c’était un cauchemar et que nous allions nous réveiller. Ceux qui prétendent aimer la guerre ont dû la faire loin du carnage des champs de bataille, des cadavres épars et des femmes éventrées. La guerre est un mal absolu. Il n’y a pas de guerre joyeuse ou de guerre triste, de belle guerre ou de sale guerre. La guerre, c’est le sang, la souffrance, les visages brûlés, les yeux agrandis par la fièvre, la pluie, la boue, les excréments, les ordures, les rats qui courent sur les corps, les blessures monstrueuses, les femmes et les enfants transformés en charogne. La guerre humilie, déshonore, dégrade. C’est l’horreur du monde rassemblée dans un paroxysme de crasse, de sang, de larmes, de sueur et d’urine. »

Écrit par : rabbit | 25/09/2016

Je souscris complétement à cette citation de Hélie de Saint-Marc. Même avant d'avoir l'expérience de la guerre, en Angola, à Timor et la 1ère guerre du Golfe, je le savais déjà. Mon père était officier durant WW II. Il était à Bâle en 44 et tout le monde pensait que les Allemands allaient passer par la Suisse pour mieux combattre les Américains. J'ai vécu ça à Ruweished, à la frontière jordano-irakienne, lorsque les Scud nous passaient par dessus et que tout le monde pensaient que les chars israéliens allaient débouler pour abattre Saddam Hussein. Nous étions sur leur passage, les infirmières MSF se baladaient avec un masque à gaz à la ceinture et leur responsable sécurité, un ancien lieutenant parachutiste de l'OTAN, avait fait dessiner une immense croix rouge à côté de leur base. Le CICR avait laissé faire et renoncé à attaquer MSF pour abus d'emblème, c'est tout dire...
Vous n'imaginez pas le stress que produit l'imminence d'une attaque, lors de laquelle vous savez n'être plus rien du tout, juste un dégât collatéral de plus.
Dans le cas de mon père, cela s'est traduit par un tir dans sa direction alors qu'il faisait le tour de ses sentinelles, de nuit. Sans sommation, le tir...
En Angola, ce qui m'a frappé, c'est l'inconscience des gens de justement MSF. Seul dans mon projet en 1992, j'étais allé demandé l'avis du coordinateur de cette organisation pour savoir ce qu'il pensait de la dangerosité de la situation après les élections perdues par Savimbi. Lui ne s'en faisait pas trop, MSF est resté. Je me suis évacué dans le dernier avion ONU, un Falcon pour moi tout seul. Deux ou trois semaines plus tard, le jeune logisticien de MSF s'est pris quatre balles de kalachnikov par les bandits de l'UNITA qui venaient piquer une moto. Le connaissant bien, j'ai écrit une belle lettre à ses parents pour leur dire de ne pas en vouloir à MSF, mais je me rends compte que j'ai eu tort. MSF attend d'avoir des morts pour évacuer. Cela fait bien dans les conférences de presse...
Arrivé à Luanda, il fallait attendre un vol pour l'Europe. A l'hôtel, avec tous les journalistes qui suivaient ce dossier. Une nuit, à 1h précise, l'apocalypse débarque. Dans la fenêtre de votre chambre, vous voyez un spectacle que l'on ne voit que dans les films débiles américains (pléonasme, mais bon). Une succession invraisemblable d'immenses explosions, avec un rythme incroyable. L'une après l'autre. Il m'a fallu une minute pour comprendre que c'était une explosion et non une implosion, et donc que ce n'était pas le palais présidentiel de Dos Santos mais bien un dépôt de munitions qui sautait. Une action de l'UNITA, qui a valu à ses militants d'être quelque peu découpés à la machette par les habitants des quartiers touchés par le désastre...
Anecdote : sous ma fenêtre, une terrasse. Tous ces idiots de journalistes étaient descendus pour voir le spectacle. J'avais discuté la veille avec l'une d'entre eux. Je l'ai reconnue et suis descendu lui dire qu'à mon avis, il s'agissait du dépôt de munitions de l'aéroport, qu'il y avait des stocks de gaz de combat et que le vent soufflait dans notre direction. Je me vois encore mouiller mon doigt et le lever...
Je suis remonté et de ma fenêtre, on ne voyait plus un journaliste sur la terrasse...
La guerre, gross Malheur.

Par contre, il reste le cas Ernst Jünger. Vous l'avez lu ?

Écrit par : Géo | 25/09/2016

A part ça, j'espère que vous n'avez pas raté le reportage sur la 2 sur l'or nazi en Suisse, avec ces chers Ziegler et Dreyfuss, toujours fidèles à eux-mêmes...
Un moment inoubliable : l'américain assistant de D'Amato regrettant l'immoralité des banques suisses. Ce que je sais, c'est que le secret bancaire est mort, sauf au Delaware. Et le Delaware est aux USA...
PS. A Villars, l'Aiglon College a mis la main sur tout : la poste, la gendarmerie, tout, tout et tout. Et ils ont intitulé une de leur maison : Delaware House. Ces gens-là ne manquent pas d'humour...

Écrit par : Géo | 25/09/2016

J'ai adoré "Sur les falaises de marbre" (qui devrait se trouver dans toute bonne bibliothèque, même numérique) avec cette analyse de caractère qui me correspond bien: « Son principe était que toute théorie représente une contribution à l’universelle genèse, l’esprit de l’homme en chacun de ses âges concevant à neuf la création, et que chaque interprétation recèle autant de vérité vivante, et pas davantage, que la feuille qui se déploie pour bientôt périr ». Je ne suis pas sûr de bien comprendre: c'est vous qui avez fait exploser le dépôt de munitions, ou vous avez seulement éliminé tous les journalistes ?

La 2 ? Mais vous cherchez vraiment à vous faire du mal ! Non, je regardais Matt Damon mettre de l'ordre dans le panier de crabes irakien au moyen d'explosifs.

Écrit par : rabbit | 25/09/2016

Je ne suis pas allé à Lausanne me foutre de la gueule des journalistes qui se sont fait mettre dehors par Tamedia. Je l'avais pourtant promis suite à un énième article de 24 heures attaquant frontalement les intérêts de l'industrie suisse.
Soit dit en passant, ce qui arrive était pour le moins prévisible. Ce journal de plus en plus mince, dont l'essentiel consistait en pleines pages de publicité pour la Coop ou la Migros, de quelques articles généraux des agences de presse et des avis mortuaires, vendu 3 francs 60, cela sentait l'arnaque depuis trop longtemps. 24 heures et TdG vont disparaître, le Temps aussi bien sûr. Idem la Liberté, l'Express.
Tout cela pourrait donner un journal pour la Suisse romande. A condition qu'il ait plus de respect pour le peuple d'ici plutôt que cette idolâtrie des immigrants, il aurait des chances de survie...

Écrit par : Géo | 27/09/2016

J'admire votre retenue, fougueux Géo. Et votre souci d'épargner la RTS relève de la plus haute considération pour le genre humain.
A part ça, connaissant votre intérêt pour le "Semeur vaudois", j'ai relevé l'existence d'un "Glaneur français", publié de 1734 à 1737. Ne me dites pas que ça vous fait une belle jambe, j'ai passé la journée dans les souterrains de l'aile ouest pour parvenir à cette découverte.
Sur votre commentaire maintenant: la désinformation, la manipulation mentale et les impostures intellectuelles sont les produits de base d'une matière, que les techniques d'information et de communication vont transformer en nourriture pour vos cellules cérébrales.
Le modèle d'analyse, proposé en 1988 par Noam Chomsky, reste valable à condition d'adapter la carte au territoire: selon lui, "les médias proposent un traitement biaisé de l'information au service des élites politiques et économiques". La Suisse n'est pas les USA, donc nous pouvons oublier l'économie. Reste la politique, mais à qui profite le crime...

Écrit par : rabbit | 27/09/2016

Je reconnais que je suis parfois un peu dur à la comprenette. C'est souvent mon souci avec les modes d'emplois: Lorsque, à la page où je suis censé apprendre comment allumer l'appareil; c'est indiqué: «appuyez longuement une fois sur la touche RTWC»... et que, même en cherchant bien, la touche «RTWC» se fait désirer...

Bref, tout ça pour vous dire, que je crains ne pas bien saisir la citation de Chomsky, telle que libellée:

"les médias proposent un traitement biaisé de l'information au service des élites politiques et économiques"

Dois-je comprendre: «les médias au service des élites politiques et économiques, proposent à leurs lecteurs, un traitement biaisé de l'information".

ou

«les médias proposent aux élites politiques et économiques, un traitement biaisé de l'information»

Écrit par : petard | 28/09/2016

«Des faits, toujours des faits !»: l'information devrait se limiter à ça, pour ne pas déborder sur le terrain de la poésie ou de l'astrologie. Raison pour laquelle je vous cite du Chomsky tout cru, dans la traduction française dont son auteur porte une part de responsabilité. Pour répondre à votre question sur la meilleure interprétation possible de la phrase incriminée, je suggère de procéder à une enquête, dans le meilleur sens du courant pragmatique américain, et d'interroger le public. Nous saurons dès lors à quelle tendance adhérer. Voilà, Monsieur de La Pétardière, ce que je puis vous dire pour le moment. Nous en reparlerons dès que j'aurai avalé mon café. Pour tout ce qui concerne les choses techniques, comme la touche RTWC, je vous suggère de voir avec Géo, c'est son rayon.

Écrit par : rabbit | 28/09/2016

« je suggère de procéder à une enquête, dans le meilleur sens du courant pragmatique américain, et d'interroger le public. Nous saurons dès lors à quelle tendance adhérer. »

Je pense que dans moult écrits, par énumération dégressive de leur ordre d'importance: lois, règlements, notes administratives, "paroles de dieu", traités philosophiques, etc., pour finir avec les mémoires de Michel Drucker... le "grand public" glisse sur ce genre de propos, sans se poser de question. Pourquoi ? Par orgueil, pour se faire passer pour intelligent... se permettre d'avoir un avis sur tout, sans risque d'être contredit par un interlocuteur, similairement éclairé.

Pour ce qui est de la citation de Chomsky, je préférerais que ce soit la première version. Avec la seconde, ce serait trop d'honneur aux médias.

Enfin, sur Chomsky, on peut y lire sur wiki, ceci:

«Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »

Conclusion: la première version colle davantage à l'auteur. Me voilà rassuré !

Écrit par : petard | 28/09/2016

C'est où la chatte a mal aux pieds, parce que Chomsky est un marxiste-léniniste viré à l'anarcho-syndicalisme dans les années '60. Comme Américain, il critique les élites politiques et économiques de son pays, traditionnellement de droite. Vous comprenez la situation ? Nous sommes en Suisse, pays rural traditionnellement conservateur, mais où la presse soutient depuis les années '60 une ligne éditoriale marxiste-léniniste mâtinée d'anarcho-syndicalisme. C'est normal, parce que partout sur cette planète on constate qu'une partie de la population s'ingénie à saper le moral de l'autre. Donc, je vous prierais de bien vouloir revoir votre argumentation et on se revoit à l'heure du thé. Vous pouvez amener Michel Drucker si vous voulez.

Écrit par : rabbit | 28/09/2016

"Pourquoi ? Par orgueil, pour se faire passer pour intelligent... se permettre d'avoir un avis sur tout, sans risque d'être contredit par un interlocuteur, similairement éclairé."
Exactement comme ceux qui prétendent que tous les Suisses étaient nazis durant la dernière guerre mondiale. Entendu au bistrot à Villeneuve récemment...
http://www.yrub.com/histoire/orneutre.htm
(remerciements à Christian Favre, auteur de "la Suisse avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale" qui m'a envoyé ce lien...)

Écrit par : Géo | 29/09/2016

J'ai apporté des polvorones pour le thé (petit crumble de texture poudreuse, fait avec des amandes, qu'on mange en Espagne)... De Chomsky, je ne connais que ses travaux en linguistique (grammaire générative et acquisition du langage), et j'avais lu aussi cette opinion sur les médias. Du bon sens, certes, mais qui date d'il y a presque trente ans et ne tient pas compte de l'évolution des habitudes des lecteurs amenés par Internet. L'obsession actuelle d'une certaine classe politique est le rabotage de ce qui reste de la liberté d'expression. Le mot liberté lui-même est un gros mot pour eux. Les médias qui lui sont attachés partagent cette obsession. Il faudra qu'ils comprennent tôt ou tard que leur magistère moral est inexistant et leur temps est fini, ne serait que dans la forme. Une presse généraliste adressée à une minorité idéologique n'a pas de sens, et on voit que la presse spécialisée a toujours son lectorat, parce qu'elle offre ce que ces lecteurs veulent lire.

Écrit par : Inma Abbet | 29/09/2016

La neutralité axiologique a fait sa réapparition, grâce à un sociologue post-Bourdieu comme Luc Boltanski, et voilà que le sujet devient enfin lisible. Si cette posture intellectuelle pouvait être partagée par la gent trotte-menu qui noircit les pages des journaux, Géo et moi n'aurions plus aucune raison de faire la chasse aux impostures.

Écrit par : rabbit | 29/09/2016

Chomsky ce matin sur RTS : "si Donald Trump passe, c'est la fin du monde."
Et celle des haricots si c'est Hillary...
"Notre passé est sinistre, notre présent désespérant. Heureusement, nous n'avons aucun futur", devise de l'humanité ?

Écrit par : Géo | 30/09/2016

Chomsky ce matin sur RTS : "si Donald Trump passe, c'est la fin du monde."

Et Poutine "aurait" dit (selon des rumeurs ou des ragots):

« Si Hillary Clinton est élue, ça sera la guerre »

... donc, selon Moscou, celle des cassoulets, c'est si "Trumpasse". Guerre et pet en quelque sorte !

Écrit par : petard | 30/09/2016

Les trumpettes de Jericho ?

Écrit par : rabbit | 30/09/2016

Hillary Charybde et Donald Scylla...

Écrit par : Géo | 30/09/2016

Pour résumer les pléthoriques échanges de ces dix dernières années, il faut savoir que chaque génération crée, sur fond de vieux mythes, les superstitions propres à son époque. Ce qui fait dire avec raison à Géo qu'à la longue, rien ne change.

Écrit par : rabbit | 01/10/2016

Oui mais moi mon colon, c'est celle de 14-18 que je préfère...

Écrit par : Géo | 01/10/2016

Le vieil homme est amer ?

Écrit par : rabbit | 01/10/2016

" - En effet, nous vieillissons tout doucement, dit le général. Tout d'abord, c'est notre joie de vivre et de voir nos semblables qui s'émousse. Peu à peu, le sens de la réalité prédomine en nous. Nous pénétrons mieux le sens des choses et nous assistons avec ennui à la succession d'événements qui se répètent. Le noter est déjà un signe de vieillesse. Quand nous avons bien compris par exemple qu'une coupe n'est qu'une coupe et que les pauvres humains - quoi qu'ils fassent - ne sont que des créatures éphémères, c'est que nous sommes alors vraiment bien vieux. "

Est-ce de l'amertume ? Pas à mon avis. Mais évidemment, quand on on veut faire semblant d'être jeune alors qu'on vit ce qui est décrit par Sandor Marai, cela risque de rendre amer.

Écrit par : Géo | 02/10/2016

" Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s'empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour; quelque chose de plus impitoyable que l'espace nous tient éloignés d'eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu'elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d'un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus prure, pareil à quelque mirage devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n'avons pas eu notre pleine mesure de vie et d'amour, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre."
Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre.

Écrit par : Ambre | 02/10/2016

Et ça, c'est vraiment de l'amertume...

Écrit par : Géo | 02/10/2016

...mélancolique.

Écrit par : Ambre | 02/10/2016

Ô forêts ! bois profonds ! solitudes ! asiles ! (*)

(*) Victor Hugo, "Les Contemplations": Melancholia (ça déchire...)

Écrit par : rabbit | 02/10/2016

http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/amertume/

Amertume : saveur amère, tristesse
Mélancolie : humeur noire

Blanc bonnet, bonnet blanc ?

Il n'y a pas de mélancolie chez Marai. Juste le sentiment de devoir régler certaines affaires au mieux avant qu'il ne soit trop tard. Si on voulait s'amuser, "profiter de la vie" - beaucoup baiser, pour faire plaisir à Jenni... -, il fallait y penser avant. Les sorties, ça se prépare...

Et si vous voulez de la mélancolie ou de la tristesse, toujours à propos de Grande Guerre (Jünger...), voici ce qui se fait de mieux :
http://www.dailymotion.com/video/x171x21_leo-ferre-tu-n-en-reviendras-pas_music
(j'aurais préféré la version de Marc Ogeret, mais ne l'ai pas trouvée...)

Écrit par : Géo | 02/10/2016

Ouille, ouille, ouille... mais où est-ce qu'il va nous emmener ce foutu billet ? Quelle sombre ambiance !

C'est bien l'automne... le temps de la chasse avant la Toussaint... lors de laquelle on vénérera les tous derniers chasseurs tombés - accidentellement -, sous la grenaille des camarades de jeux. Règlements de compte ? Accident ? On saura pas, jamais.

Ce qu'on sait, c'est qu'à la St-Martin on pourra bouffer de la saucisse... comme l'année dernière.

Écrit par : petard | 02/10/2016

"Règlements de compte ? Accident ? On saura pas, jamais."
Ce qui nous ramène à "Les Braises" de Sandor Marai. Commentaire très pertinent, petard...

Écrit par : Géo | 02/10/2016

Vains dieux, Petard !
Les saucisses et la cochonnaille sont interdites par le code éthique, élaboré par ABE sur la diététique sociale. En plus, le porc est un cauchemar environnemental, vous vous attaquez à des sectes puissantes. Il vous reste les moules et les frites: c'est étranger, ils n'ont aucun pouvoir dessus.

Écrit par : rabbit | 02/10/2016

"le porc est un cauchemar environnemental..." Encore un nimby qui fait le malin...

Écrit par : Géo | 02/10/2016

Vous pourriez vivre avec un cochon, Géo ? Question odeur, un chien, ça va encore. Mais une fois mouillé, vous faites semblant de ne pas le connaître.

Écrit par : rabbit | 02/10/2016

Oui, c'est pour cela que je mets en cause votre ironie sur "le porc est un cauchemar environnemental". Vous ne supporteriez pas une porcherie dans votre environnement et moi non plus...

Écrit par : Géo | 02/10/2016

Vivre près d'une porcherie ce n'est possible qu'avec un rhube. Lorsque je faisais du vélo à la campagne, je préférais prendre un chemin qui rallongeait mon périple et même avec une côté, que de passer devant une porcherie.
Cela dit, tout est bon dans le cochon (0_0).

Écrit par : Ambre | 02/10/2016

"Question odeur, un chien, ça va encore. Mais une fois mouillé, vous faites semblant de ne pas le connaître." La chienne de mon frère m'a fait un chien de coup. Elle est allé provoquer des vaches qui broutaient paisiblement. Celles-ci sont pacifiques mais faut pas pousser. Elles ont donc chargé la chienne, qui a couru se cacher derrière moi. J'ai bien essayé de ne pas la connaître, les vaches ne m'ont pas cru...

Écrit par : Géo | 02/10/2016

"Un chien de coup"? C'est une expression "de chez vous"?
La chienne s'est planquée derrière vous! La vache!

Écrit par : Ambre | 02/10/2016

Géo, qui avait une vie de ..... à cette époque funeste et qui, en plus, était malade comme un ..... ce jour-là, devait sortir le ..... de son frère, alors qu'il faisait un temps de ..... dehors. Comme il l'explique plus haut, le ..... s'en est pris à une vache et il a eu un mal de ..... à le récupérer sain et sauf. Depuis, il lui garde un ..... de sa chienne.

Écrit par : rabbit | 02/10/2016

Pas "une vache", un troupeau. Mais à cette époque, les vaches respectaient encore les humains et on s'en est bien tiré, la chienne et moi...
Une touriste est morte piétinée cette année aux Grisons dans ce genre de circonstances. Il faut dire qu'avec l'affaissement du prix du lait, les éleveurs laissent les petits veaux profiter de l'allaitement maternel. Et vous connaissez le comportement des femelles quand elles pensent qu'il y a un moindre danger pour le fruit de leurs entrailles...

Écrit par : Géo | 03/10/2016

Bénissons alors veau, vache, cochon, couvée et chien. A propos de ce dernier, s'il y a des hêtres, des noisetiers et des chênes dans votre région, vous pourriez l'emprunter pour chercher des truffes, histoire de le rentabiliser. Le nom du chien d'Omer Simpson est "Petit Papa Noël": que dire de "Mon beau Sapin" ou "Minuit chrétien" pour le vôtre?

Écrit par : rabbit | 03/10/2016

Quand j'habitais une communauté gauchiste, notre chat s'appelait "nom de dieu", histoire de bien montrer aux ruraux de quel bois on se chauffait quand on l'appelait pour son ronron...

Écrit par : Géo | 03/10/2016

Aïe ! Et pis c'est maintenant qu'il nous sort qu'il habitait en communauté avec des gauchistes...

À l'époque, il y avait "Jean-Miche et son équipe". J'espère quand-même qu'il ne fréquentait pas cette bande de tarés.

Écrit par : petard | 03/10/2016

Géo a dit "une" communauté, pas "en" communauté. Nom de...!

Écrit par : Ambre | 03/10/2016

Par rapport à l'histoire du 9e art, votre expérience de vie communautaire se situe exactement entre la période marquée par "Fritz le Chat", bestiole hirsute plongée par Robert Crumb dans l'underground des petits mickeys, et celle de "Garfield", le gros chat orange à rayures noires, égoïste et fainéant.
Si vous avez un bon coup de crayon, vous pourriez faire renaître pour nous cet épisode passionnant de votre riche existence. Reconnaître dans ces dessins quelques personnages de l'intelligentsia lausannoise, serait aussi très amusant...

Écrit par : rabbit | 03/10/2016

Le "gros chat orange à rayures noires"

http://3.bp.blogspot.com/-8Dc-q4-Pics/UzVV7wbu3BI/AAAAAAAAInQ/khKzFwA5_UY/s1600/chats+perch%C3%A9s+3.jpg

Écrit par : Ambre | 03/10/2016

Il l'a fait ! Quelle prémonition ! C'est fou, cette capacité à décoder les êtres qui est la mienne...

Écrit par : rabbit | 03/10/2016

"À l'époque, il y avait "Jean-Miche et son équipe" Jean-Miche, pour les intimes ?
Nous on l'appelait Cravanzoulou...
"Reconnaître dans ces dessins quelques personnages de l'intelligentsia lausannoise, serait aussi très amusant."
Je vous parle de Pajak et ses manifestes incertains, vous me répondez Pucci-Sisti, vous savez, celle qui appelait tous ses maîtres d'hôtel "Bamboula" parce que c'était plus simple, même que l'un d'entre eux est devenu ministre dans son pays, ce qui a bien fait rire Luisa... (qui tenait une chronique dans "Le Matin" quel torchon). cf. p.137 volume 10 Encyclopédie vaudoise.
(et puisque vous y êtes, passez à la p.145 qui vaut aussi son pesant de cacahuètes ...)

Écrit par : Géo | 03/10/2016

Ah, et à propos du chat : un petit gosse de la communauté tombe de la fenêtre du 1er. Tout le monde se précipite et se demande comment et pourquoi. C'est le chat, dit le gamin, 4 ans. Le chat ? C'est moi qui ai compris le premier. Le gosse voulait balancer le chat par la fenêtre mais c'est le chat qui a gagné...
Le gosse est maintenant conseiller communal socialiste à Nyon, c'est vous dire s'il continue à passer par la fenêtre...

Écrit par : Géo | 03/10/2016

Quand je vous dis qu'on rigole ici.

Écrit par : Ambre | 03/10/2016

Pourquoi parlez-vous de Luisa Pucci-Sisti au passé ? Je me souviens d'un échange de propos mécaniques avec elle, au sujet de la nouvelle Mercedes E 180. C'était nouveau, ça venait de sortir; je revois la scène comme je vois qu'il est l'heure d'aller au lit. Vu d'ici et maintenant, je crois que l'on a jamais vu à Lausanne autant de baleines échouées, que dans les années passées en revue par Petard et vous. Voilà pourquoi je ne connais personne en dehors de la comtesse et d'une marquise. Mais ça, c'est une autre histoire. L'Encyclopédie vaudoise ne se trouve pas en dehors de votre sanctuaire de cétacés, scannez-moi les pages 137 et 145. Bonjour chez vous.

Écrit par : rabbit | 04/10/2016

Rabbit : sur LCP en ce moment doc sur Kim Jong-Un. (^_=)

Écrit par : Ambre | 04/10/2016

Je n'ai pas LCP. Est-ce qu'on le verra à Gstaad cet hiver?

Écrit par : rabbit | 05/10/2016

Miséricorde !
A quoi sert-il d'avoir une mémoire quand elle prend l'aspect d'un cimetière ?
A part ça, vous avez d'autres personnes encore vivantes à dénoncer ?

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

Miséricorde !
A quoi sert-il d'avoir une mémoire quand elle prend l'aspect d'un cimetière ?
A part ça, vous avez d'autres personnes encore vivantes à dénoncer ?

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

Godard ? (s'il vit encore ?)

Écrit par : Géo | 08/10/2016

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