23/10/2016

Eloge de Maître Papet et de Dame Patate

La reprise annoncée du buffet de leur gare par un self-service végétarien émeut de nombreux Lausannois. Un teff-burger au charbon de légumes y supplantera la poule au riz - une spécialité remontant à 1916, l’année de la fondation du vénérable établissement aux lambris patrimoniaux. Bientôt oubliés le pied de cochon au madère, les moules marinières? En lieu et place, on vous servira un kébab de seitan, à base de protéines de blé, et qui sera “à l’emporter”. (Alors qu’on n’emporte pas aisément une cocotte de moules en fonte bouillonnante). Alarmante sera la disparition des fumets ocrés d’une préparation culinaire plus ancestrale encore: le papet vaudois.

A l’intention de mes amis végétariens, végétaliens ou véganes - et sans vouloir les révulser - je rappelle que ça se compose d’une charcuterie boursouflée de chou, agrémentée d’une purée de pommes de terre artistement mêlée à des poireaux hachée et liée par une noix de beurre ou de saindoux. Le tout devant s’arroser de deux décis de blanc dit “de cuisine”. Ou si l’on n’est pas exagérément désargenté, d’une demi-bouteille de Dézaley. Cela “juste pour la gouleyance”, clamait en clignant de l’oeil votre oncle Samy qui, à Chez-le-Maître, près du Sentier, concoctait la roborative et calorique recette mieux que sa femme. La tantine Gladys, quant-elle, elle s’en resservait jusqu’à satiété, afin de formuler cette expression héritée de ses propres tantes combières: “On avait tant gueuletonné qu'on ne pouvait plus dire papet!”

A force de canoniser cette saucisse de porc, ses choux et ses poireaux (en vaudois porreaux svp),  on en oublierait l’onctuosité essentielle que leur confère la patate que certains patoisants appelaient la tartiffe. Jean Follain (1903-1971) l’avait saluée en 1966 comme “la portion renflée d’un rameau souterrain”, dans un essai que republie l’éditeur genevois de Héros-limite*. Pour l’écrivain et poète français , ce rhizome d’origine américaine avait trouvé son terreau d’élection en Normandie, dans le potager familial de Canisy. Sa grand-mère en faisait cuire la fécule avec du lait et des oeufs: ”Elle en sucrait le dessus, puis passait à la pelle à feu rougi. Le sucre grésillait et dorait; une fumée bleuâtre s’élevait…”

.

Célébration de la pomme de terre, Héros-limite, 66 p.

Commentaires

Le papet vaudois et ses "fumets ocrés" titillent mes papilles. Il me reste à trouver le cuistot qui m'invitera à le déguster. Il doit y avoir là-dedans ce qu'il faut pour avoir de bons os. J'apporte la boisson;-)

(Quel brillant billet savoureux).

Le nom de "tartifflette" viendrait de la "tartiffe"?

Écrit par : Ambre | 23/10/2016

Non seulement le Buffet de la Gare a mis 60 ans pour passer au gastrologiquement correct, mais il a vaincu l'inégalité sociale en regroupant ses hôtes dans une classe unique, alors qu'il y avait trois salles distinctes autrefois pour ne pas froisser les sensibilités. Tel le gastéropode, Lausanne bouge.

Écrit par : rabbit | 23/10/2016

Ce "rhizome d’origine américaine" ? La patate est un tubercule...
Wiki :
"Le rhizome diffère d'une racine et du tubercule par :
- sa relative horizontalité (qui peut être contrainte par la texture du sol, la présence de roches, la pente et une éventuelle instabilité du sol, etc.);
- sa structure interne (il s'agit souvent d'un organe de réserve stockant par exemple de l'amidon ou de l'inuline);
- et en ce qu'il porte des feuilles réduites à des écailles, des nœuds et des bourgeons, qui produisent des tiges aériennes et des racines adventives. Quand il est séparé de sa plante d'origine, le rhizome devient une propagule potentielle."

Il y a quelques années, L'Hebdo, le magazine des sous-bobos branchés lausannois, c'est-à-dire l'hebdo du sommet du ridicule, avait titré "Lausanne, capitale des gays" sans préciser si c'était au niveau mondial, continental, suisse ou cantonal...
Maintenant, les mêmes titrent: "Lausanne, capitale de la bouffe branchée".
La relation entre la première couverture et la seconde est évidente. Les chochottes veulent de la bouffe de chochottes...

Écrit par : Géo | 23/10/2016

Cette tirade me rappelle celle de Camille, à l'acte V de l'Horace de Corneille, et qui débute par: «Lausanne, l'unique objet de mon ressentiment !». On a lu ça au collège, non ? C'était avant la Révolution culturelle de l'Ecole vaudoise.

Écrit par : rabbit | 23/10/2016

Cette tirade me rappelle celle de Camille, à l'acte V de l'Horace de Corneille, et qui débute par: «Lausanne, l'unique objet de mon ressentiment !». On a lu ça au collège, non ? C'était avant la Révolution culturelle de l'Ecole vaudoise.

Écrit par : rabbit | 23/10/2016

Cela ne s'améliore pas , ce hoquet. Et comme vous n'avez peur de rien...
Plutôt que Corneille, vous seriez du genre Villon (modifié):

"Quoiqu'on tient belles langagères
Florentines, Vénitiennes,
Assez pour être messagères,
Et mêmement les anciennes,
Mais soient Lombardes, Romaines.
Genevoises, à mes périls,
Pimontoises, Savoisiennes,
Il n'est bon bec que de Lausanne."

Écrit par : Géo | 23/10/2016

Sur le  il y a donc un trackpad. Or, «quand la peau du bout du doigt caresse une surface, les ridules provoquent des micro-vibrations détectées par le système nerveux et interprétées par le cerveau» et je trouve cela insupportable. Donc, j'utilise une souris qui hoquète. L'Histoire retiendra qu'un talent comme le mien fut gâché par du matériel pourri.

Écrit par : rabbit | 23/10/2016

Sur le  il y a donc un trackpad. Or, «quand la peau du bout du doigt caresse une surface, les ridules provoquent des micro-vibrations détectées par le système nerveux et interprétées par le cerveau» et je trouve cela insupportable. Donc, j'utilise une souris qui hoquète. L'Histoire retiendra qu'un talent comme le mien fut gâché par du matériel pourri.

Écrit par : rabbit | 23/10/2016

Mon informaticien m'a "offert" avec mon robot un stylo qui remplace le doigt. Hi! Mais mon robot réagit mieux à mon doigt qu'à l'embout du stylo. (*_*)
Comme quoi, la machine ne remplacera jamais l'homme, surtout si elle est "pourrie".

Écrit par : Ambre | 23/10/2016

Le papet, ben… chez moi c’est pas le dit M’sieur Gilbert…

Ma recette, c’est celle de ma grand-mère Antoinette… le Dézaley c’est pas dans la casserole, mais dans les verres… pour l’apéro.

Le papet:
Couper les pdt pelées en carrés… couper les poireaux en rondelles… mélanger le tout… une pincée de sel… 2 dl d’eau pour la cuisson à la marmite à vapeur… 10 à 15 min de cuisson (suivant la quantité). Egouter.

Faire revenir poireaux et papates dans une noix de beurre… ajouter 2 dl de lait… brasser avec une spatule en bois, sel, poivre… c’est prêt !

Les saucisses aux choux:
- Boucherie-charcuterie Matthey, Rue de Lausanne 7, Vevey (au marché le Ma et le Sa)
- Boucherie-charcuterie Stuby, Centre Midi-Coindet, Vevey (au marché le Ma et le Sa)
- Boucherie-charcuterie Haenni, route du village 21, Vucherens VD

LES VINS
Blancs:
Calamin 2015 ou Dézaley 2015 - Domaine Antoine Bovard, Rte de Treytorrens 4, Cully

Rouges:
Dézaley 2014, assemblage rouge - Domaine Antoine Bovard, Rte de Treytorrens 4, Cully
"Syrah" St-Saphorin - Cave des Rois Grognuz Frères et Fils, Villeneuve

Paraît que selon les toubibs, c’est pas recommandé de se goinfrer avec ça chaque semaine…

Écrit par : petard | 24/10/2016

Tiens, on est sur le blog de Dave Moginier, du coup...
Les poireaux, on ne les fait pas revenir au beurre AVANT de les cuire à la vapeur ? Et quelle est la relation entre saucisse aux choux et papet ? Le jus de saucisse (en tout cas une partie) ne fait-il pas partie de la recette ?

Écrit par : Géo | 24/10/2016

Cela se pratique, mais c'est comme le mouton: il faut être né dans le pays pour arriver à avaler ça.

Écrit par : rabbit | 24/10/2016

Le mouton ou...les nids d'hirondelles. Finalement, l'époque est à la découverte culinaire. Alors pourquoi ne pas imaginer que les Autres seraient aussi capables d'un petit effort. Les agriculteurs se sont mis à la patate douce, mais nous n'arriverons jamais à satisfaire les besoins de ces millions d'Exotiques qui ont choisi de nous faire l'honneur de nous envahir et qui ne veulent manger que leur cuisine à eux...

Écrit par : Géo | 24/10/2016

Vous vous souvenez de cet épisode où on se demandait, mon voisin vigneron et moi, ce qu'allait donner ce traitement au petit-lait sur les vignes de Lavaux, contre le mildiou. Je vous avais avoué que nous les trouvions un peu benêts, ces malheureux qui payent un hélicoptère pour déverser ce genre de produit sur leurs vignes en espérant que cela ait un effet quelconque. Mais bon, ils nous ont fait bien rigoler et c'est déjà ça. Sauf qu'on apprend dans le Semeur vaudois d'aujourd'hui qu'ils portent plainte contre la société qui leur a proposé ce traitement...
Amis viticulteurs du Lavaux, si vous recevez un message du Nigeria vous proposant des millions, à condition que vous leur envoyez quelques milliers de francs, ne répondez pas...

Écrit par : Géo | 24/10/2016

Les Chinois du 3e cercle, empêchés de travailler en Suisse par Madame C.R., vont faire dans le petit business (épicerie 7/7 ou restaurant low cost) en attendant le permis B. Dès l'obtention du "précieux" sésame, on change de voilure. Même phénomène que les pizzerias dans les années 1960 ou les kebabs une décennie plus tard. Et quand on passe le cas des "Swiss cottage" au microscope, on est reste dans la même ligne de fuite. Cela dit, il est aussi réconfortant de pouvoir manger un émincé de veau à la zurichoise à Bangkok, quand vous avez les boyaux enflammés par la cuisine thaïe, qu'un émincé de boeuf aux pousses de bambou, quand la seule odeur du fromage vous donne des nausées.
Relativisons, nom d'un petit bonhomme !

Écrit par : rabbit | 24/10/2016

Et ne détruisez pas la filière Nigériane, Géo, voilà 30 ans que ça marche dans le Canton de Vaud. Allez savoir pourquoi...

Écrit par : rabbit | 24/10/2016

Pour moi, c’est simple: Je n’aime que la bonne cuisine préparée avec soin et talent avec des produits frais et de qualité... et ça coûte pas forcément le lard du chat.

Ce qui est particulièrement détestable avec cette multitude de fast-food exotiques, ce sont ces plats de type chinois ou thaï complètement noyés dans le soja. Idem avec les «mexicains», «indiens»., etc. qui, pour toute saveur, vous emportent la g….. pour camoufler l’approximative fraîcheur de la viande et autres ingrédients.

Écrit par : petard | 24/10/2016

"Et ne détruisez pas la filière Nigériane, Géo" Parlons d'autre chose, cela minerve. Vous vous souvenez qu'il y a deux/trois ans, la police vaudoise a expédié deux inspecteurs en Afrique pour tirer les oreilles de quelques garnements qui avaient fait du chantage à un navet qui s'était déshabillé et plus si entente devant sa caméra pour les soi-disant beaux yeux d'une soi-disant belle de là-bas. On est content de savoir que nos impôts soient si bien utilisés.

Écrit par : Géo | 24/10/2016

Et les deux inspecteurs se sont fait dévaliser, ça coule de source... Considérant ces aléas de la vie quotidienne, les Suisses auront de plus en plus l'avantage de connaître les conditions de vie en Afrique, sans avoir à se déplacer et grâce aux flux migratoires.

Écrit par : rabbit | 24/10/2016

Raison donnée à petard en ce qui concerne la nourriture industrielle des fast food exotiques. La cuisine chinoise en 中国, c'est incomparable !
Par contre, si vous êtes accro à vos habitudes, je sais où vous trouver de la fondue Gerber quand vous viendrez à Shanghai.

Écrit par : rabbit | 24/10/2016

« si vous êtes accro à vos habitudes, je sais où vous trouver de la fondue Gerber quand vous viendrez à Shanghai »

J'ignore si les Chinois exportent en Europe à destination de fast-food chinois, des préparations industrielles, genre fondue Gerber...

En revanche, il est vraisemblable que des entreprises industrielles suisses, genre Gerber, fabriquent des préparations culinaires en Chine, à destination de la Suisse.

Si ça se trouve, vos fondues Gerber à Shanghai, c'est de la pure cuisine locale...

Ils produisent bien du "Bordeaux", les souriants.

Écrit par : petard | 24/10/2016

Il y a comme des interférences dans vos circuits commerciaux, petard.... On n'est plus à Berlin en 45.

Écrit par : rabbit | 24/10/2016

Vous avez sûrement regardé ce délicieux documentaire sur la Chine et ses méthodes de R&D hier soir sur Arte, rabbit ? On y parlait de vous : "les Chinois sont à la recherche de sinophiles manipulables...". La suite du commentaire étant franchement désagréable à vos oreilles, qui sont grandes, je ne vais pas la transcrire. Vous êtes déjà bien assez grognon comme ça...

Écrit par : Géo | 26/10/2016

Moi j'ai regardé hier soir Qui veut la peau de Roger Rabbit (*_*)

Écrit par : Ambre | 26/10/2016

Arte, TV5 Monde, Euronews et RTS sont à l'Union Européenne, et son satellite Helvète, ce que la Pravda fut pour l'empire soviétique. Il suffit de suivre les mutations du Quotidien du Peuple au cours des 10 dernières années, pour réaliser que l'évolution ne va pas dans le même sens sur l'ensemble de la planète. Et ne me faites pas une théorie sur les forces de coriolis, la tartuferie ambiante est assez pénible sans cela. Enfin, si les sinophiles étaient aussi manipulables, les visas de longue durée seraient moins difficiles à obtenir (voilà des mois que je manoeuvre). C'est tout pour le moment.

Écrit par : rabbit | 26/10/2016

"Enfin, si les sinophiles étaient aussi manipulables, les visas de longue durée seraient moins difficiles à obtenir (voilà des mois que je manoeuvre)"
En fait, vous n'avez pas le profil d'un "idiot utile". Plutôt d'un inutile trop intelligent...

Écrit par : Géo | 26/10/2016

Mazette!!! Quel compliment!
Je rêverais d'une planète peuplée que d'inutiles trop intelligents.

Écrit par : Ambre | 26/10/2016

Ce n'est pas le seul critère. Contrairement aux Européens, ils ne tiennent pas à ce que des étrangers désoeuvrés baguenaudent dans la nature. Après une année, la seule possibilité de rester en Chine est de créer une entreprise ou de trouver un travail. J'ai commencé par l'un et, le temps passant, j'ai dû me résoudre à l'autre pour trois ans de rab. Comme j'arrive maintenant à un âge où les gens normaux songent à conclure une assurance obsèques, il faut se montrer au top pour recevoir à nouveau un visa d'expert étranger. Mon réseau y travaille, c'est ça qui est top...

Écrit par : rabbit | 26/10/2016

"Je rêverais d'une planète peuplée que d'inutiles trop intelligents."
A mon avis, vous êtes servie. Il n'y a plus beaucoup de gens qui travaillent...

Écrit par : Géo | 26/10/2016

Je sens un brin de nostalgie pour ces vestiges que sont les bistrots et autres brasseries qui nous concoctaient des menus traditionnels. Pourtant ils ne sont plus viables commercialement parlant et le loyer d'un buffet de la gare doit être exorbitant puisqu'il contribue à compenser le déficit des CFF sur le segment transport de personnes.

Quant au papet, franchement, plus simple à cuisiner tu meurs.
Avez-vous déjà mis les pieds dans un "tibbits", la nouvelle enseigne prévue ?
C'est juste un délire gustatif, une ambiance foisonnante avec de grandes tables partagées par des convives qui ne se connaissent pas, et surtout une initiation à une cuisine alternative qui permettrait de contribuer efficacement à la réduction d'une des causes principale de l'effet de serre par l'émission du gaz de méthane issu de l'élevage intensif des bovins et autres pauvres bestioles aux existences indignes.

Mon rêve est en train de se dessiner avec l'arrivée sur le marché de produits de substitution qui devraient me permettre d'assimiler tous les éléments vitaux dont mon organisme a besoin en limitant considérablement les effets pervers des erreurs cumulées sur des années par une diète impossible à comprendre, définir et maîtriser. Saluons la venue d'Ambronette. Oups, pardon, c'est sa soeur, Ambronite.
https://www.wired.com/2016/10/review-ambronite/?mbid=nl_102316_p2&CNDID=

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2016

Ceci, en attendant la venue du surhomme selon Nietsche et Aurobindo qui se sera débarrassé de son système digestif, principal responsable du vieillissement prématuré, de la maladie et in fine de la mort, au profit d'une nourriture spirituelle, le prana. A ne pas confondre avec l'air, son vecteur qui devra faire l'objet d'une purification sans précédent.
Bon, d'accord, je vous le concède volontiers, ce n'est pas pour tout de suite.
Mais le temps est aussi une notion très relative.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2016

Ah, ah ! Et rabbit qui voulait descendre à St-Trop avec cet alien ! Pour avaler quelques pilules de champ synthétique, probablement...

Écrit par : Géo | 26/10/2016

La science se contente d'observer ce qui se passe au départ et à l'arrivée d'un intervalle de temps,
Monsieur Jenni, mais est incapable d'expliquer en continu le déroulement à l'intérieur. Raison pour laquelle l'évolution est un mystère si on lui enlève ces deux repères, parce que tout part dans n'importe quelle direction. A part ça, vous avez passé un bel été ? Les affaires vont bien ?

Écrit par : Rosset | 26/10/2016

Rien compris Rosset. Désolé. Y'aurait-il un traducteur dans la salle ?

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2016

Cette tendance marquée de nos jours pour le végétalisme et le véganisme n’a rien à voir avec une quelconque évolution. À mon sens, c’est tout juste un phénomène de mode. C’est «tendance» ou «branché», ou «ça le fait» (autre terme de mode)… et le troupeau s’y engouffre.

Même chose avec les rites des religions (voir ici: www.24heures.ch/vaud-regions/protestantisme-moderne-doit-rester/story/28035983); ou toutes sortes de codes vestimentaires et signes d’apparenance à un groupe. Au diable les convictions, faut juste ÊTRE RECONNU dans un clan.

Sur un autre plan, la désertion des bistrots traditionnels au profit de ces fast-food «transgenres», s’explique par la muation de la société: d’indigène en allogène; conséquence de la globalisation.

«sausage with cabbage with a mixture of potatoes and leeks» C’est juste pas possible !

香肠白菜,土豆和韭菜的混合物 Encore moins !

«worst met kool met een mengsel van aardappelen en prei» Là c’est carrément l’horreur !

Écrit par : petard | 26/10/2016

"la muation de la société: d’indigène en allogène" Et surtout, de traditionnel en urbain branché. Comme l'a écrit l'Hebdo, Lausanne est la capitale mondiale des homos (non, pas la purée de pois chiches...) et ces gens-là ont la réputation de chercher toujours la nouveauté...

"mais est incapable d'expliquer en continu le déroulement à l'intérieur" Peut-être parle-t-il de la digestion ?

Écrit par : Géo | 26/10/2016

Petard:
La version chinoise de votre recette est plus soft que les deux autres, parce qu'on y remplace le choux et le poireau par du choux chinois et de la ciboulette chinoise, et le résultat est nettement moins hard.

Pour les zôtres:
A-t-on des nouvelles de Monsieur Jenni ?

Écrit par : rabbit | 27/10/2016

C'est sûr que le choux français et le poireau dégustés le même jour euh! Pétard! Même si le choux est blanchi dans deux eaux de cuisson;-)
J'ai lu dans un article du Temps ce matin que dans la Silicone Valley on teste des hamburgers sans boeuf qui ont le goût du boeuf. Ce n'est pas ça qui va améliorer la "ligne" des amateurs. Ils testent aussi des crevettes sans crevettes... Pour améliorer la planète. Hum!

Écrit par : Ambre | 27/10/2016

L'ayatollah comme Jenni se fait plus rare ici. Il désespère de pouvoir atteindre un jour le niveau d'abstraction et d'humour requis.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/10/2016

« ces gens-là ont la réputation de chercher toujours la nouveauté...»

... pour ne pas écrire la cul rosité...

PS
Je sens que M. Jenni, va venir nous faire la morale.

Écrit par : petard | 28/10/2016

Je le crains fort. Par certains côtés, il me rappelle Bossuet et ses oraisons funèbres, dans lesquelles «il fait sentir avec ampleur et musicalité le néant des grandeurs humaines».

Écrit par : rabbit | 28/10/2016

La Buffet de la Gare de Lausanne va disparaître et sera remplacé par un self-service qui servira que des garnitures comme l'explique la pub : La viande suisse, tout le reste n'est que garniture !!

Écrit par : Justine Tittgoutt | 29/10/2016

Les garnitures sont à l'art culinaire, ce que les entraîneuses sont à la gaudriole.

Écrit par : rabbit | 29/10/2016

Les garnitures sont à l'art culinaire, ce que les entraîneuses sont à la gaudriole.

Écrit par : rabbit | 29/10/2016

Du remplissage donc pour camoufler la vacuité du met. A part la tittgoutt pour la route qui elle permet au moins d'oublier.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/10/2016

Un restaurant taoïste ? Vous pourriez avoir raison. Voici pourquoi: «Le Tao n'est pas liant, mais détaché, mais impartial; il anime le jeu et se tient hors du jeu. Sa règle unique est le wu wei (无为), la non-intervention.» Une équipe de cuisine contemplative, assistée d'un personnel de salle indifférent... Voilà un lieu qui va remettre le Buffet sur la bonne Voie.

Écrit par : rabbit | 29/10/2016

Un restaurant taoïste ? Vous pourriez avoir raison. Voici pourquoi: «Le Tao n'est pas liant, mais détaché, mais impartial; il anime le jeu et se tient hors du jeu. Sa règle unique est le wu wei (无为), la non-intervention.» Une équipe de cuisine contemplative, assistée d'un personnel de salle indifférent... Voilà un lieu qui va remettre le Buffet sur la bonne Voie.

Écrit par : rabbit | 29/10/2016

Complément à mon post précédent – qui pourrait être sujet à railleries –, où il était question de "recherche de la nouveauté" et de "curiosité"... qualités que l'on reconnaît particulièrement à un certain groupe d'individus.

Pour prendre une analogie grossière mais qui fait bien sentir l’essentiel: si vous vivez dans un univers où tout a l’air rose, il y a deux solutions – soit tout est effectivement rose, soit vous portez des lunettes roses. La deuxième solution a le mérite de garantir que la rosité est universelle et nécessaire, et que rien ne s’y soustraira jamais. Et pour peu que vous ayez intérêt à ce que la rosité soit affirmée comme une nécessité universelle, alors vous pourrez être séduit par la solution des lunettes. Vous opterez pour la fondation originairement transcendantale de la rosité universelle.

C'est plus clair comme ça, non?

Écrit par : petard | 29/10/2016

Rabbit! Encore un doublon!

Et encore un petit extrait tiré du livre de Léo Largueir : "Fâchés Solitaires et Bourrus", dans le chapitre sur Érasme :

"Érasme dit en souriant :
"Luther a péché de deux façons : il a touché à la tiare du Pape et à la panse des moines..."
Cela lui semble dangereux, et ce n'est pas lui qui toucherait à la tiare du souverain pontife, ni à la bedaine des capucins.
Il ne veut pas d'histoires, dirait-on de nos jours. Il est neutre et entend le demeurer.
C'est peut-être ce qui explique sa sympathie pour la Suisse. Il y a toujours séjourné volontiers et s'y est senti en sécurité (1), comme M. de Voltaire, trois siècles après lui.

(1)J'ai éprouvé cette sensation un soir de 1917 où mon régiment était au repos dans un village d'Alsace. [...]
Au coucher du soleil, je sortis du village avec un ami, par un sentier bordé de cerisiers, de mirabelliers, et presque tout de suite, nous eûmes, devant nous, un immense panorama.[...]
[...]Le monde baignait dans l'eau merveilleuse d'un songe, dans un éther opalin, et le couchant se déroulait comme une cérémonie aérienne.
Au fond, tout au fond, on distinguait une ville.
- Je crois que c'est Bâle, murmura mon compagnon... En tout cas, c'est la Suisse...
Il me sembla brusquement qu'il venait de prononcer des mots magiques, rien que pour avoir nommé cette cité confuse et ce pays tranquille.
Ayant l'air de parler gravement pour lui seul, il reprit :
- Comme on doit être bien, là-bas, dans quelque solide maison qui ne redoute ni les canons, ni les explosifs!... C'est le paradis terrestre!... La Suisse a toujours attiré ceux qui ne sont pas heureux chez eux... Les malades vont respirer son air salubre...
[...]
[...]
[...)
J'écoutais mon ami. Le crépuscule se fonçait, tout se taisait comme si la terre attendait la première étoile, une signe dans le ciel, la Paix?
Derrière nous, il y eut brusquement comme une sourdre et formidable gamme sur l'horizon déjà sombre. Les canons s'éveillaient! Nous ne parlions plus. Nous étions, comme dans une vieille chanson française, deux vieux sergents, et nous avions, à la nuit tombée, dans les yeux et dans le cœur, l'image de cette lointaine et confuse ville de paradis, vaporeuse, tranquille, bleue, au fond du soir béni, et chaque fois que j'entends parler de la Suisse, malgré les années, c'est à cela que je songe encore..."

Écrit par : Ambre | 29/10/2016

Il y a des postures intermédiaires, Monsieur petard, comme faire en sorte de créer un max de rose autour de soi et éviter la décoloration au lavage. Avec la troisième voie bouddhiste, on reste dans un camaïeu qui vous mettra de bonne humeur pour longtemps.

Écrit par : rabbit | 29/10/2016

Il y a des postures intermédiaires, Monsieur petard, comme faire en sorte de créer un max de rose autour de soi et éviter la décoloration au lavage. Avec la troisième voie bouddhiste, on reste dans un camaïeu qui vous mettra de bonne humeur pour longtemps.

Écrit par : rabbit | 29/10/2016

Ambre@ S'il y a une chose que je trouve particulièrement désagréable, c'est de lire ou entendre un Français qui parle de la Suisse. C'est toujours complétement à côté de la plaque...
Dans C dans l'air, par exemple, dès qu'on parle de droit du travail, il se trouve toujours un abruti pour citer l'exemple du code du travail suisse, soit disant moins touffu que le français.
1° L'essentiel se trouve dans les conventions collectives (le droit du travail appliqué par branche)
2° TOUS les patrons se plaignent de la bureaucratie galopante. Les gras syndicalistes suisses sont aussi gavés de caviar et de champagne que les français...

Écrit par : Géo | 30/10/2016

Parfaitement, Géo.
La Suisse est, en réduction, une Union Européenne qui a réussi. Ce n'est pas une nation au sens de Fichte, formée de membres de même langue, religion, culture, histoire ou ethnie, mais est plutôt selon Renan, un nation créée par la volonté de vivre ensemble.
Peut-on dire qu'un syndicaliste est un politicien recherchant la sécurité de l'emploi ?
J'ai enterré ma souris, Ambre, il n'y aura plus de doublon. Sorry.

Écrit par : rabbit | 30/10/2016

"selon Renan, un nation créée par la volonté de vivre ensemble." Avec une radio tenue par des Genevois dont le fonds de commerce idéologique est la haine raciste des suisses allemands...

Écrit par : Géo | 30/10/2016

Revenant de façon elliptique à ce que j'évoquais plus haut, nous vivons dans un pays tellement obscur et compliqué que je préfère rester tout au bord, avec la sécurité de pouvoir en sortir à tout moment. De quel genre de Suisses-allemands faites-vous allusion: j'en ai tout un catalogue dans mon réseau. Pour les Genevois, ils sont tous d'origine étrangère en remontant à un ou deux siècles. Ou alors Valaisan, ce qui est aussi un état particulier.

Écrit par : rabbit | 30/10/2016

«Ou alors Valaisan, ce qui est aussi un état particulier.»

C'est que les moins chanceux du Vieux Pays, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas hérité d'un vignoble ou d'un alpage sur les haut de Bagnes, ont quand-même fait bonne fortune dans la police.

Écrit par : petard | 31/10/2016

Petard, c'est fascinant... mais comment distinguer les gendarmes des voleurs, ils se ressemblent tous?

Écrit par : rabbit | 31/10/2016

« mais comment distinguer les gendarmes des voleurs, ils se ressemblent tous?»

À Genève, c'est spécial. Lorsque des malfrats saccagent la voie publique, les gendarmes par grappes, les regardent de loin immobiles.

Pour les gendarmes et voleurs c'est pareil: il y a ceux qui se bougent le cul pour voler (qui ont le mérite de l'effort); et les syndiqués qui regardent si quelque chose tombe du ciel...

Écrit par : petard | 01/11/2016

"De quel genre de Suisses-allemands faites-vous allusion: j'en ai tout un catalogue dans mon réseau."
Vous n'avez pas compris. Je parle de la détestation qu'ont les Genevois de tout ce qui est suisse-allemand. Ecouter par exemple les Dicodeurs de 11h30 à 12h30 sur RTS (si vous êtes assez masochiste...).

petard@ "Lorsque des malfrats saccagent la voie publique, les gendarmes par grappes, les regardent de loin immobiles."
Peut-être qu'ils avaient des ordres de leur hiérarchie, elle-même respectant le fait que ceux qui cassent les vitrines sont souvent les enfants de la classe politique au pouvoir ? A Zurich, le municipal de la police a ses enfants dans le squat qui pose problème...
Continuez à voter socialiste, braves gens. Mais ne venez pas pleurnicher après...

Écrit par : Géo | 01/11/2016

C'est vous qui entretenez votre ulcère avec complaisance. Vous avez un choix infini de sources d'information à disposition: l'époque de Sottens sur votre poste à galène est révolue (enfin, pas pour tout le monde à ce que vous paraissez suggérer).

Écrit par : rabbit | 01/11/2016

Vous confondez en l'occurrence la mauvaise nouvelle et le messager. Et d'ailleurs, la BBC ne va pas me parler du projet de Constantin de transformer les Raffineries du Rhône en ville de 20'000 habitants et ce genre de projet me concerne plus que le cours des actions de HSBC. Mais il y a longtemps que je ne me fais plus de bile pour ça: j'évacue dans le sport, mens sana in corpore sano. Hier j'ai fait 1380 m de dénivel (VTT) en 2h18, soit 138 minutes. Si je sais bien compter, cela fait du 600 m à l'heure. L'ennui, c'est qu'il faut redescendre après, et ça, c'est vraiment dur...

Écrit par : Géo | 02/11/2016

Les messagers porteurs d'une mauvaise nouvelle n'étaient-ils pas mis à mort dans l'Antiquité ? Vingt mille habitants polluent-ils davantage qu'une raffinerie de pétrole ? Avez-vous rencontré de la neige dans votre ascension ? HSBC a déclaré hier que l'élection de Donald Trump sera une bénédiction pour l'économie et moi, je ne redescends jamais.

Écrit par : rabbit | 02/11/2016

"et moi, je ne redescends jamais"
Oui mais moi je ne me confine pas au virtuel.

"HSBC a déclaré hier que l'élection de Donald Trump sera une bénédiction pour l'économie" Et moi je déclare que l'élection de Hillary sera une catastrophe pour la paix mondiale. Avec sa conseillère qui doit travailler en sous-main pour les salafistes...

"Avez-vous rencontré de la neige dans votre ascension ?" Mais non, c'est là le problème de la descente : on est en pleine inversion thermique. Il fait beaucoup plus chaud en altitude qu'en plaine. Plus on descend, plus on est frigorifié...

"Vingt mille habitants polluent-ils davantage qu'une raffinerie de pétrole ?
Non, parce que cette raffinerie était une saloperie absolue, un scandale industriel. Avec rejets importants d'arsenic dans le Rhône, dans le lac par conséquent et dans votre eau potable en fin de compte. Avec une direction libyenne totalement inidentifiable, pour des raisons évidentes. Un scandale industriel et politique. il faudrait faire se numéroter par 10 les politiques vaudois et valaisans et fusiller le matin à l'aube le n°1. Cela s'appelle décimer, vous qui aimez le français châtié...
Une ville nouvelle signifierait obligatoirement un assainissement des sols bien fait et bien contrôlé et une ville construite sur des critères de respect de l'environnement. Cela vaudrait mieux que le bullshit actuel...

Écrit par : Géo | 02/11/2016

Ouf !
Il y a donc enfin quelque chose de potentiellement positif dans votre microcosme. C'est rassurant.
Demain c'est la Saint-Hubert, vous le savez ? Avec les chiens et les trompes...

Écrit par : rabbit | 02/11/2016

Mieux vaut être le premier dans son microcosme que le second dans son macrocosme, monsieur le lapin hydrocéphale...

Écrit par : Géo | 02/11/2016

Hé les gars, on s’est replié sur un rivage plus serein ! Vous avez vu chez Hauri: «Merci camarades, vos propos furent intéressants, mais l’on s’est écarté des boilles à lait, alors dankeschön, rentrez bien à la maison, roulez pas trop vite…»

«Demain c’est la Saint-Hubert» Très très bien ! Et évitons les propos trop «gothiques» pour ne pas rallumer la chaudière.

Écrit par : petard | 03/11/2016

"Et évitons les propos trop «gothiques» pour ne pas rallumer la chaudière."
C'est un peu comme demander au Ku Klux Klan de cesser de dire du mal de nos frères de couleur...
Est-ce pertinent de vouloir éteindre la chaudière début novembre ? On a déjà vu des périodes de calme plat, je n'ai pas senti que cela créait un enthousiasme général...
Le seul saint qui m'intéresse est une sainte, Barbe. Boum !

Écrit par : Géo | 03/11/2016

Et en plus, chez Haury, c'est Corto qui a eu le dernier mot. Comme d'hab. Je n'en dirai pas plus...

Écrit par : Géo | 03/11/2016

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