04/12/2016

Jacques Chessex et la lumière des huîtres

 

Au marché de Noël de Montreux, demandez  poliment à l’écailler du stand no 10 de vous ouvrir la plus grassouillette de ses huîtres, afin d’en faire miroiter le délectable contenu sous les scintillances multicolores des lampions ou guirlandes fluorescentes en LED des réjouissances de l’Avent. La chair frissonnante - car désespérément encore vivante - du pauvre bivalve s’y diaprera davantage, d’abord pour les plaisir des yeux: tout ce qui est bon à manger doit d’abord être beau à voir.

Le soussigné retiens cette leçon gastro-philosophique d’un repas partagé avec Jacques Chessex, il y a une vingtaine d’années, autour d’un plateau à étages de fruits de mer, à la brasserie parisienne du Terminus Nord, en face de la gare du même nom.  L’écrivain avait pourtant traité pourtant, dans ses plus méchantes diatribes, certains intellectuels maniérés et prétentiards de “cervelles d’huître”! Question d’un béotien qui n’avait pas oublié cette insulte animalière: “L’huître aurait donc une cervelle?” Sans en disconvenir, le maître de Ropraz rappela d’abord savamment qu’elle est une source de vitamine B12 (qui régularise le système nerveux et donne des idées claires). Qu’elle est riche en zinc, en fer et en cuivre, pauvre en calories, tout conjuguant les mille flaveurs salées de l’océan. Avant de la déguster, il y décelait une lumière arc-en-ciel, qui avait envoûté des maîtres hollandais de la Renaissance : ils la peignaient avec des reflets de jade et de silicate. «Voilà pourquoi son jus iodé est lunaire; on y boit des clairs de lune.»

C’est dire si l’huître est éminemment littéraire! Elle est pareillement poétique avec Léon-Paul Fargue (l’auteur de Bagatelle sur la beauté et d’un texte magnifique sur Maurice Ravel) qui, dans les brasseries du VIe arrondissement, la gobait bruyamment “avec l’impression d’embrasser la mer sur la bouche”. Elle émoustille du non sens et de la malice au très British Saki (alias Hector Munro, 1870-1916), dans ses historiettes brocardant les mentalités victoriennes: «Elle est plus belle que n’importe quelle religion. Il n’y a rien dans le christianisme ni dans le bouddhisme qui égale la totale abnégation d’une huître. »

A son contemporain français, le dramaturge et humoriste Tristan Bernard, qui en mangea rarement car il était pauvre, elle instillera ce trait d’esprit juteux et tonique tout comme elle:

« Le comble de l’optimisme, c’est de rentrer dans un grand restaurant et compter sur la perle qu’on trouvera dans une huître pour payer la note. »

Commentaires

Vous m'avez mis l'eau à la bouche mais je ne les aime pas "grassouillettes" (je n'aime que le Belons, plates; ne pas me demander de les ouvrir).
Cette damoiselle "mangeuse d'huîtres" d'un maître hollandais a l'air coquin et semble en redemander.
http://www.musee-virtuel-vin.fr/siteimages/steen%2002%20v.jpg

Rabbit a peut-être vu celui-ci à Haarlem? (=_=)

http://www.wga.hu/art/c/claesz/sti_life.jpg
Pieter Claesz, Nature morte avec huître, roemer, tazza, berkemeier, 1633, huile sur panneau de chêne, 38 x 53 cm, Staatliche Kunstsammlungen, Kassel

Écrit par : Ambre | 05/12/2016

Ik weet het niet, on lui attribue 800 tableaux. Ce serait un bon prétexte pour retourner chez Kiki. Haarlem, vous dites ? Tout doit être gelé, là-bas...

Écrit par : rabbit | 05/12/2016

J'ai cru qu'on pouvait le voir à Haarlem mais j'ai extrapolé :

"Les tables servies, festins-spectacles, natures mortes d'apparat offrent l'occasion au peintre de représenter vaisselle et verres luxueux.

Pieter Claesz travaille à Haarlem avec Willem Claesz Heda. Il est l'un des principaux représentants des ontbijt, ces tables de petits déjeuners.

La palette monochrome, le choix d'un éclairage subtil, mettent en valeur les objets de la vie quotidienne et permettent de cacher une symbolique profane et religieuse autour de la vanité de la vie terrestre.

Une tradition de peinture de natures mortes s'instaure à Haarlem."

Quand vous allez voir Kiki (*_*) vous petit-déjeunez sur un(e) ontbijt ?

Écrit par : Ambre | 05/12/2016

ontbijt : je crois que j'ai encore mal compris, ce n'est pas la table, c'est l'ensemble "table petit-déjeuner" je suppose que peignait Pieter Claesz ?!

Écrit par : Ambre | 05/12/2016

Suis sûre de rien là. Eclairez-moi sur ontbijt.

Écrit par : Ambre | 05/12/2016

"la chair frissonnante - car désespérément encore vivante". Est-ce la muse imaginaire de maître Gilbert qui ne doit pas être une huître!

Je soliloque...

Écrit par : Ambre | 05/12/2016

Ontbijt, c'est le petit-déjeuner. Un(e) ontbijttafel, c'est le buffet où l'on se sert soi-même le petit-déjeuner (à l'hôtel par exemple). Il existe le verbe ontbijten qui fait défaut en français.
Si vous trouvez cela compliqué, je ne vous cacherais pas qu'en chinois ça l'est plus encore: 早饭, 早点, 早餐 signifient les trois "petit-déjeuner". Toute la différence réside, d'après ce que j'ai cru comprendre, dans la quantité de ce que l'on mange à cette occasion. Pour éviter toute erreur, il vaut mieux sauter ce repas.
A part ça, je préfère la chair lunaire et frissonnante des nus de William Bouguereau. A défaut, une huître ça va aussi.

Écrit par : rabbit | 05/12/2016

Serez-vous à Davos, rabbit ? Pour seconder le nouveau Grand Timonier ?

(Davos, à l'instant qualifiée de "petite station grisonne" par l'inculte de service sur RTS, un certain Rafel Grand. Encore un Français qui cause dans notre poste, vraisemblablement. Et c'est un miracle qu'il sache que Davos se trouve dans les Grisons, restons positif. Mais bon, chaque fois qu'un Français parle de la Suisse, il est à l'évidence vital pour lui de qualifier de "petit" tout ce qui la concerne. Alors qu'en France, le moindre trou dans le terrain est qualifié de plus grande grotte du monde. Pontarlier, capitale mondiale du gruyère...(si, si, c'est marqué à l'entrée de ce PETIT bled de SOUS-province...). On a vraiment peu de chance d'être les voisins de ces bidochons.)

Je reviens de balade. Le petit chien a appris à tirer à la montée...ou plutôt il a compris qu'il n'y a pas que les croquettes dans la vie et que les odeurs qu'il sentait, c'était en fait de la VIANDE...

Écrit par : Géo | 06/12/2016

Qu'on les pende !!!

Oui, Davos, parlons-en. Il me semblait, à moi Rabbit, que Davos s'exilait pour la saison d'été: une fois sous les cocotiers d'Hainan, une autre sous une yourte de Mongolie intérieure, ou encore sur les monts bleutés du Sichuan. Vous avez compris de quelle contrée j'esquisse le profil, n'est-ce pas? Donc, si Davos se déplace à domicile, Rabbit n'a pas besoin d'aller jouer l'interface culturelle: "When in Rome, do as the Romans do". Conclusion: ils n'ont qu'à manger avec des baguettes.

Du chien, oui, vous jouez avec les forces obscures de la nature. A force de vouloir lui faire remonter les degrés de l'évolution, vous allez le transformer en loup. Un jour de pleine lune ou d'hypertrophie du moi canine, il va vous égorger comme un mouton. Croquettes et Petits Lu: voilà comment lui ramollir le caractère, pour votre sécurité et la nôtre.

Petite station et chemin de croix. Comment définir ce bled où Charles Philip Arthur George Windsor vient régulièrement faire du ski en famille: un mayen grison ?

Écrit par : rabbit | 06/12/2016

@ Rabbit : pas question de supprimer le ontbijt, c'est la seule chose qui me fait sauter du lit; je vous autorise cependant à "supprimer" ceux ou celles qui vous empêcheraient de savourer ce moment, en solitaire et dans le silence (pas de radio pour le ontbijt; à la rigueur quelques notes de Bach... ou de Schubert).
(Hum! Décidément, on peut dire n'importe quoi avec les mots..., s'inventer des jours, et des nuits... et une vie).

"l'hypertrophie du moi canin, ou l'hypertrophie canine du moi"! Hi!

Écrit par : Ambre | 06/12/2016

Et pour compléter cette série, sachez encore que "ontbijtkoek" = pain d'épices. Je ne peux vous proposer d'équivalent chinois, il faudra vous contenter d'un pain vapeur = 馒头, que l'on mange le plus souvent au petit-déjeuner. Pour ce qui concerne l'élimination des fâcheux et des malfaisants, je constate que plus je vieillis et moins il y en reste autour de moi. Il faut de la patience, le crime ne paie pas. OK. Avant de nous quitter, je vous sers un petite tranche d'andantino ? https://youtu.be/Il6-lZYDpqY

Écrit par : rabbit | 06/12/2016

"je constate que plus je vieillis et moins il y en reste autour de moi." Vous avez bien de la chance; pour ma part, j'ai l'impression que "ce sont les meilleurs qui partent en premier" se vérifie trop souvent...

"Croquettes et Petits Lu: voilà comment lui ramollir le caractère" Ce chien n'étant pas le mien, il est hors de question que je lui donne quoi que ce soit à manger. Et vu sa taille, je crois pouvoir l'étrangler entre mon pouce et l'index au cas où il se prendrait pour un loup...

Écrit par : Géo | 07/12/2016

Schubert n'est "plus disponible" pour mon petit déj.

Écrit par : Ambre | 07/12/2016

«Ce chien n'étant pas le mien, il est hors de question que je lui donne quoi que ce soit à manger.»

Radin !

...en plus, il semble affamé: «Et vu sa taille, je crois pouvoir l'étrangler entre mon pouce et l'index»

...et cruel, pour couronner le tout !

Écrit par : petard | 07/12/2016

C'est compréhensible. Des milliers de personnes addictées à ce blog se sont soudain ruées sur Youtube, dont les serveurs ont explosé.

Écrit par : rabbit | 07/12/2016

C'est compréhensible. Des milliers de personnes addictées à ce blog se sont soudain ruées sur Youtube, dont les serveurs ont explosé.

Écrit par : rabbit | 07/12/2016

Addictées ? Le retournement de Maurice G. dans sa tombe va créer un cataclysme Kolossal...

Écrit par : Géo | 07/12/2016

petard et les animaux...Geeezeessss...
Cela ne se fait pas de nourrir les animaux des autres, petard. Tout le monde devrait savoir ça, ventre saint-gris !

Écrit par : Géo | 07/12/2016

Le seul Maurice dans mon souvenir est celui qui ne fait que passer dans le feuilleton radiophonique réalisé et diffusé entre 1966 et 1974 sur France Inter: "Bons baisers de partout". Imaginé par Pierre Dac et Louis Rognoni, il s'est décliné en 740 épisodes tous plus mystérieux les uns que les autres. Il est bon, parfois, de revenir aux fondamentaux. A moins que vous ne fassiez allusion au fantôme de Maurice G. Dantec, libertaire de droite et auteur de récits de Science Fiction hallucinés ? Précisez, Géo, je suis en train de préparer un pot-au-feu et j'ai déjà failli lâcher mon iPhone dans la marmite à la précédente intervention. On plus, on me dérange constamment depuis le salon pour aller regarder des trucs à la télé chinoise...

Écrit par : rabbit | 07/12/2016

Mais Maurice Grévisse, le roi des addictées, jamais entendu parler ?
Bon appétit. Toujours génial, le pot-au-feu. Mais pas idéal pour le célibataire endurci...

Écrit par : Géo | 07/12/2016

Et l'addictée de Bernard Pivot ?

Écrit par : rabbit | 07/12/2016

Psittacisme ou écholalie ?

Écrit par : Géo | 07/12/2016

«Cela ne se fait pas de nourrir les animaux des autres»

Ah bon... serait-ce une question de politesse... d'atteinte à l'ego, à l'honneur de ces autres, en les suspectant de maltraitance envers leurs protégés...

mouais..., assez d'accord avec cette idée... mais on aurait aussi pu extrapoler ce noble principe à ces "autres" bipèdes inconnus, ne venant pas de notre village, de notre canton, de notre pays...

Écrit par : petard | 07/12/2016

Dr Géo: pensez aussi au syndrome de Gilles de la Tourette dans votre diagnostic...
Et lâchez votre Larousse médical pour me dire si j'ai raison sur ce point: parmi toutes les personnes, dans les blogs environnants, qui gaspillent des milliers d'octets à chaque votation pour noircir la société actuelle suivant le catéchisme socialo-communiste, il n'y en aucune qui appartienne réellement à la classe ouvrière (avant-garde du prolétariat en vue de la lutte finale pour la révolution mondiale, selon la prophétie marxiste). Des intellectuels au chômage recyclés dans la politique? Sur le plan éthique, on frise la manipulation, l'escroquerie, la tromperie et l'abus de confiance, non?

Écrit par : rabbit | 07/12/2016

Dr Géo: incluez aussi au syndrome de Gilles de la Tourette dans votre diagnostic...
Et lâchez votre Larousse médical pour me dire si j'ai raison sur ce point: parmi toutes les personnes, dans les blogs environnants, qui gaspillent des milliers d'octets à chaque votation pour noircir la société actuelle suivant le catéchisme socialo-communiste, il n'y en aucune qui appartienne réellement à la classe ouvrière (avant-garde du prolétariat en vue de la lutte finale pour la révolution mondiale, selon la prophétie marxiste). Des intellectuels au chômage recyclés dans la politique? Sur le plan éthique, on frise la manipulation, l'escroquerie, la tromperie et l'abus de confiance, non?

Écrit par : rabbit | 07/12/2016

"Des intellectuels au chômage recyclés dans la politique?" On peut voir les choses comme ça, mais je vous fais respectueusement remarquer que cela nous concerne aussi.

Tu tombes de la dernière pluie, petard ?
"Ah bon... serait-ce une question de politesse... d'atteinte à l'ego, à l'honneur de ces autres " Il y a des maîtres qui n'admettent que certaines marques de croquettes pour leur clebs, des propriétaires de chevaux qui vous tueraient si vous donniez un sucre à leur quadrupède de course, des mémères qui vous incendieraient si vous donniez la gougoutte à leur chat (pour cause de diarrhée...), et je peux continuer comme ça sur des pages et des pages et rabbit se lamenterait à propos de gaspillage d'octets...
J'oubliais un point important : des propriétaires surveillent la ligne de leurs fétiches vivants, pour ne pas devoir le faire pour eux-mêmes...

"mais on aurait aussi pu extrapoler ce noble principe à ces "autres" bipèdes inconnus" Là, il n'y a pas besoin : ils la refusent tout seuls, notre bouffe pas halal, et pas comme celle de maman surtout. Le problème, c'est que c'est nous qui allons nous mettre à la leur. Le couscous est le plat préféré des Français, selon "une certaine presse" dite "mainstream". Et il est vrai qu'il y a plus de pizzerias en Suisse que de bistrots à fondue. Soit dit entre nous, le bacalhau a de la peine à supplanter les pizzas...

Écrit par : Géo | 08/12/2016

«Soit dit entre nous, le bacalhau a de la peine à supplanter les pizzas...»

Patience... il se trouvera bien un jour un petit malin de "concierge" qui se mettra à sécher des filets de perche du Léman pour arrondir ses fins de mois... ou pour payer le leasing de sa Mercedes d'occase...

Écrit par : petard | 08/12/2016

«Le problème, c'est que c'est nous qui allons nous mettre à la leur. Le couscous est le plat préféré des Français»

Ne nous focalisons pas que sur ceux qui se mettent en posture de consultation chez le gastroentérologue le vendredi...

S'il y a des "maîtres qui n'admettent que certaines marques de croquettes pour leur clubs", on peut comprendre qu'il y a des "guides spirituels ou politiques" qui imposent une certaine becquetance à leurs sujets. Mais rarement, ils refusent qu'on leur donne le pognon pour se la payer.

Écrit par : petard | 08/12/2016

"Mais rarement, ils refusent qu'on leur donne le pognon pour se la payer." Je veux bien sortir le cabot, mais de là à lui payer sa bouffe...
Je me contente de lui tailler de jolis bâtons transportables dans la gueule, pour qu'il puisse se rendre intéressant. Actuellement, le jet de bâton dans les chables remplis de feuilles mortes représente le nirvana canin...
Clubs au lieu de clebs ? On ne s'est pas encore mis au copier/coller, petard ?

Écrit par : Géo | 08/12/2016

En effet: quels clubs ? Le chiens ne sont pas admis sur les parcours de golf.

Écrit par : rabbit | 08/12/2016

Dommage, ils adoreraient courir derrière les baballes...
J'avais dopé Melocoton, dit Coco, aux balles magiques. Un copain qui n'aimait pas trop les chiens en avait lancé une en bas la montagne. Pendant longtemps, on a pu admirer les rebonds de la balle et les sauts du petit chien, les deux en haut, en bas, quasi en alternance, jusqu'à l'infini lointain...

Écrit par : Géo | 08/12/2016

Alors il va revenir à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture
et en bateau à voiles.

Écrit par : rabbit et Prévert | 08/12/2016

«Cela ne se fait pas de nourrir les animaux des autres»
On donnait quelques friandises aux chats qui venaient nous rendre visite en passant par le balcon. Le problème, c'est que l'endroit se trouve en plein territoire des lapines et, au bout d'un moment, c'était la guerre, car les lagomorphes n'apprécient pas trop le vivrensemble imposé. Résultat : passage bloqué, chats retournés chez eux et lapines tranquilles.

Écrit par : Inma Abbet | 09/12/2016

Les chats sont plus difficiles à contenter que les chiens, ils ne partagent pas les même friandises que nous. Vous pouvez regarder la télévision avec votre chien, assis sur le même canapé, tout en partageant des chips ou du chocolat. J'en connais même qui sont parvenus à échanger des commentaires de haute volée à propos d'émission culturelles ou scientifiques. Il règne alors une forme de convivialité, impossible à réaliser avec un chat. Les lapins, je ne sais pas...

Écrit par : rabbit | 10/12/2016

Les lapins ont un comportement semblable à celui des chats. Câlin, indépendant, désobéissant, tout en restant curieux. A part cela, ils sont très décoratifs (les lapins et les chats).

Écrit par : inma abbet | 10/12/2016

En Chine, traiter quelqu'un de lapin est une grave insulte. Dans un film, lorsque un gangster agacé dit à un concurrent menaçant : « 小 兔崽子, 我就杀了你 ! », ça va chauffer grave.

Écrit par : rabbit | 11/12/2016

"ça va chauffer grave" C'est pour cela qu'on parle de chaud lapin ?
Chez nous, c'est plutôt le rat qui se voit dans le mauvais rôle. Probablement du temps où un homme et une femme se rencontraient dans une vallée alpine, se rendaient compte qu'ils étaient les seuls survivants de la Grande Peste et qu'ils se mettaient illico en devoir de repeupler la Patrie...

Écrit par : Géo | 11/12/2016

«se rencontraient dans une vallée alpine»

... d'où l'expression triviale: "piner"

Écrit par : petard | 11/12/2016

Vous ne m'en voudrez pas de faire semblant de ne pas vous connaître, mais je dois ajouter qu'à la fin des années 1960, le mari d'une arrière-petite-cousine à moi, passionné de rallyes, possédait une Alpine-Renault: mais lui se prénomme Jean-Paul.

Écrit par : rabbit | 11/12/2016

petard @ "... d'où l'expression triviale: "piner"". Deux jours s'étant écoulés, je pose la question un peu plus à froid : on se sent bien après un gag pareil ?

Écrit par : Géo | 13/12/2016

« Deux jours s'étant écoulés [...] on se sent bien après un gag pareil »

Aïe ! Si la remarque était venue d'un "Haury", d'un "Ruey", d'un "Barraud" ou de tout autre bipède de souche adventiste ou darbyste de la vallée de Tramelan, je comprendrais. Mais venant d'un Géo.... que je pensais apparemment décoincé...

Cela dit, dans mon village, dans le bon vieux temps, c'est ainsi qu'en langage rural on nommait l'action - à défaut de se multiplier -, de se faire du bien en compagnie d'une dame ou d'une demoiselle.

J'ajoute, que ce terme n'était pas usité pour les hommes qui se livraient entre-eux à des "......" sexuels. Simplement, on disait d'eux que c'étaient des cochons.

Écrit par : petard | 13/12/2016

En Chine, ça c'est pour les cochons 交媾 et ça pour les humains 做爱. Bon voyage !

Écrit par : rabbit | 13/12/2016

« En Chine... »

Comment disait-on (toujours à la campagne, dans passé pas trop lointain), quand le witz n'était pas très drôle ?

On rit jaune !

Écrit par : petard | 13/12/2016

Je la connais, celle-là, c'est Henri Goland qui me la racontée...

Écrit par : rabbit | 14/12/2016

Et Pli Yéyang IV, vous étiez...

Écrit par : petard | 14/12/2016

"Mais venant d'un Géo.... que je pensais apparemment décoincé..."
Sur les sentiers dans les forêts qui m'entourent, on rencontre souvent, bien en vue au milieu du chemin, en général sur une pierre, une crotte que le renard a déposé là. Pour marquer son territoire ? C'était le sens de la question que je posais...

A 19 ans, sortant d'un bac latin-grec, je me retrouve grenadier à Losone. Feu d'appui dans une piste de combat. Le chef de notre groupe, un maçon valaisan, nous dit :
- Quand le lieutenant fait signe du bras, il faut piner...
- ???
- Ben oui, il faut tirer, quoi...

Les gags des masses laborieuses sont parfois ...laborieux.

Écrit par : Géo | 14/12/2016

«Les gags des masses laborieuses sont parfois ...laborieux.»

Ben, voilà, on revient toujours au même point de départ: le fossé entre les élites et le bas peuple.

Y'a pas à dire, impossible pour le gueux de se décrotter de leur condition.

Écrit par : petard | 14/12/2016

Ou impossible pour le renard de ne pas déposer sa petite crotte au milieu du passage...
A part ça, je dois bien avoir lu tous les San-A et je pourrais parier ma selle et mes bottes qu'on n'y trouvera jamais le mot "piner", même de la bouche de Béru. Alors, Frédéric Dard, coincé, je n'y crois pas vraiment. Populaire, gueux, mais jamais vulgaire (je préfère vulgaire à trivial, qui a aussi un autre sens...).

Chez les Espagnols, par contre, le mot "Pina" remplace le mot "Dent" pour désigner les montagnes qui, que...
Mais c'est de l'autre côté des Pyrénées et ils ont été occupés plus de 700 ans par les Arabes, cela fait une grosse différence...

Écrit par : Géo | 14/12/2016

Populiste, populaire, populacier: on a de quoi organiser un séminaire sur le sujet.

Écrit par : rabbit | 14/12/2016

« je dois bien avoir lu tous les San-A et je pourrais parier ma selle et mes bottes qu'on n'y trouvera jamais le mot...»

Oui mais, les San-A c'est, ou c'était de l'Ecriture Sainte... FD n'avait-il pas comme pote Mgr Mamie ?
Je reconnais que le mot "...." est un peu "sale", mais dans le giron de cette "discipline" il y en a de pires.

Écrit par : petard | 14/12/2016

Vous connaissez Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt ? Dans le genre littéraire, c'est beaucoup plus leste que votre Fribourgeois, sans tomber dans le pathologique du ci-devant Donatien Alphonse François de Sade.

Écrit par : rosset | 14/12/2016

D'après Wikipedia, elle a surtout fait l'objet de cabales contre-révolutionnaires...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Jos%C3%A8phe_Th%C3%A9roigne_de_M%C3%A9ricourt

Notre Fribourgeois (plutôt Lyonnais...) n'était pas un pornographe et son goût pour l’érotisme n'était pas aussi mécanique que celui de Gérard de Villiers…
Ce qui est intéressant chez FD, c'est l'invention de la langue, et chez de Villiers, l'acuité des analyses géopolitiques...
En fait, le cul, chez ces deux-là, est assez anecdotique et secondaire...

Écrit par : Géo | 14/12/2016

J'ai trouvé la version numérique du bouquin. Mais, à l'époque de sa publication, on vraisemblablement usurpé le nom de la belle Liégeoise pour le rendre plus glamour. Une manière de Houellebecq du XVIIIe siècle.

Écrit par : rabbit | 14/12/2016

«Ce qui est intéressant chez FD, c'est l'invention de la langue, et chez de Villiers, l'acuité des analyses géopolitiques...»

...et chez pachamioumiouc, la hauteur de vue et la profondeur de la réflexion...

Pour votre pénitence... c'est ici:

http://pachakmac.blog.24heures.ch/archive/2016/12/14/ne-defends-ni-les-uns-ni-les-autres-sors-de-leur-logique-cri-862690.html

Écrit par : petard | 14/12/2016

"Sors de leur logique" ? Rabbit ne fait que cela depuis dix ans.
Mais j'ai oublié ça : "Oui mais, les San-A c'est, ou c'était de l'Ecriture Sainte... FD n'avait-il pas comme pote Mgr Mamie ?"
C'est un peu gros. Jamais lu du San-A ? Et puis, chez les cathos, on a une vision assez intéressante et surtout intéressée du péché : il y a toujours moyen de faire du fric pour l’Église avec ça, toujours une manière de vendre des indulgences...

Écrit par : Géo | 15/12/2016

Vous gagnerez mon indulgence tant que vous suivrez ma logique: ça c'est gratuit Urbi et Orbi !

Écrit par : rabbit | 15/12/2016

L'indulgence vous fait du mal, c'est un point que nous avons en commun, me semble-t-il. L'indulgence est le signe le plus évident de la vieillesse : comment faire autrement, d'ailleurs ?
Quant à suivre votre logique, que le Grand cric me croque.

Écrit par : Géo | 15/12/2016

Chacun a besoin de trouver des réponses à ses questions, d'avoir une conception stable de la réalité. L'ambiguïté rend anxieux. Dès lors, pourquoi ne pas suivre Rabbit dans son explication du monde, c'est à la fois rassurant et enrichissant ?

Écrit par : rabbit | 15/12/2016

Encore cette folie des grandeurs ?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nanabozo

Écrit par : Géo | 16/12/2016

Vous n'avez pu oublier mon texte sur le Grand Lapin, paru ici-même dans la catégorie "Carte Blanche" le 21 mars 2008 ? Rassurez-moi, Géo...

Écrit par : rabbit | 16/12/2016

Je vous rassure, je l'avais complétement oublié...

Écrit par : Géo | 16/12/2016

Et à sa relecture, je comprends pourquoi...
http://salem.blog.24heures.ch/archive/2008/03/21/la-véritable-histoire-du-lapin-de-pâques.html

Écrit par : Géo | 16/12/2016

(...)

Écrit par : rabbit | 16/12/2016

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