26/03/2017

Rictus parasites et refrains gestuels

Jadis, faire connaissance, ça prenait du temps. Après avoir embauché un apprenti à sa bonne mine, le tâcheron de Lavaux lui infligeait des épreuves interminables pour en faire un bon viticulteur. Au Grand-Chêne, une Lausannoise tenant salon littéraire, accueillait courtoisement un jeune poète entiché de sa fille, mais ne lui permettait de convoler qu’après une période de réflexion mûrie par mille et une impatiences. Aujourd’hui, ces formalités ont disparu, car cinq minutes suffisent pour juger si l’inconnu assis devant vous sera un employé modèle et le meilleur des gendres. Sinon un maladroit du sécateur, un mari mal embouché qui battra sa femme… De nouvelles méthodes de «communication gestuelle» viennent à la rescousse pour nous adapter à cette vie accélérée. Elles permettent de miser plus vite sur le bon cheval, en détectant des “refrains gestuels”, soit  des attitudes involontaires qui se répliquent, à l’identique ou de manière alternative.

A l’issue de son casting d’embauche dans le bureau des RH d’une banque, Steevy Fornerat croyait avoir enfin décroché un job de mandataire commercial. Hélas, le questionneur, tout souriant qu’il fût, enregistrait moins ses réponses verbales qu’il ne toisait ses tics faciaux, l’angoisse perlant à ses tempes et sa manie de tordre ses doigts dès que la conversation prenait un tour intime. Exit le quérulent, jugé de visu trop gnaf!

A la terrasse d’un café villageois près de Nyon, la trop jeune Ludivine Cauchard est enchantée: le quadra genevois qui l’avait contactée via Internet, a effectivement la prestance de gentleman qu’il a lui même profilée sur Facebook. Peu lui importe des gaucheries décevantes qu’elle a dénotées ça et là, à ses croisements des jambes: ses prunelles lagon, son sourire bienveillant d’apôtre, sa voix d’ambre la font rêver de fiançailles. Or cette bichette de Ludivine a la chance (ou la malchance?) d’avoir une cousine toujours en embuscade. Une qui s’y connaît en fragilités sentimentales féminines. Et, pour avoir suivi des cours de communication gestuelle sur Internet, elle sait la sournoiserie masquée de la plupart des hommes: «Ton mec, lui souffle-t-elle, a un égo maous: il ramène ses mains vers lui-même. Et je crois que c’est un faux jeton, un patte-pelu, car quand son oeil droit se referme, le gauche reste ouvert...»

Commentaires

Oui mais que fait la trop jeune Ludivine à draguer les quadras ? Elle s'est lancée dans la carrière de travailleuse du sexe ? Ce n'est plus le canton de Vaud, c'est fantasia chez les ploucs...

Écrit par : Géo | 26/03/2017

Et tous les cadres de notre âge on suivi des cours de Dynamique de Groupe et de Programmation Neuro-Linguistique. Nous narguons facilement les RH les plus affûtés, nous influençons à loisir les tests psychologiques et nos intentions sont indécelables aux yeux d'une nyonnaise niaise...

Écrit par : rabbit | 26/03/2017

Histoire de faire mousser Géo je me réjouis du jour où mon astrologue sera une machine qui me permettra d'éviter des galères.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/03/2017

Quand mon frère a commencé dans l'industrie genevoise du parfum - non, pas ceux-ci, les autres...- il y avait une seule personne responsable des RH. A son départ, une cinquantaine de personnes. Avec pour résultat par exemple que la personne en charge de la station d'épuration de l'usine de la Plaine, qui était autrefois un chimiste, pour des raisons ma foi assez évidentes, a été remplacée par un simple dessinateur architecte. Avec un salaire moins cher de quelques centaines de francs, les RH n'ayant jamais entendu parler de Schweizerhalle...

Vous avez remarqué que dans une boîte, tout le monde était évalué, sauf les RH ?...

Écrit par : Géo | 26/03/2017

Jenni@
1.- Les astrologues sont déjà des machines...
2.- Vous connaissant maintenant suffisamment, je pense que rien ni personne ne pourra vous éviter vos galères...

Écrit par : Géo | 26/03/2017

M. Jenni : une machine qui vous évite de ramer, c'est un moteur hors-bord. Ce n'est qu'un exemple, il devrait en avoir d'autres.
M. Géo : les DRH les plus insaisissables étaient ceux qui occupaient ce poste le temps de préparer un doctorat, pour ensuite ouvrir leur boîte de consultant. On les voyait rarement.

Écrit par : rabbit | 26/03/2017

Sacré Géo !
Allez, je vais faire preuve d'un minimum de compassion en vous offrant quelques clefs.
- Apprenez à douter, c'est totalement jouissif;
- Observez vos écrits, ils en disent beaucoup plus sur vous que les réponses que vous obtenez;
- Essayez de vous détendre la moindre. Les massages c'est pas mal pour commencer avec le corps. Le reste suit;
- Découvrez la jouissance dans l'adversité. La vie prend une autre tournure;
- Rigolez plusieurs fois par jour, quitte à vous forcer. Je sais, ça fait un peu méthode Coué, mais ça marche.

Allez Géo, bon vent. J'ai envie de vous inviter à mon anni le 20 juin. Je fête 20 ans pour la troisième fois.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/03/2017

Rabbit, pourriez-vous me donner des indices pour comprendre pourquoi je me prends régulièrement d'affection pour des révoltés, des chiens sans colliers et autres cas comme Géo ?

Écrit par : Pierre Jenni | 26/03/2017

Je n'en sais rien, Monsieur Jenni, mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Voilà maintenant qu'il veut à nouveau aller crapahuter en Afrique. Vous iriez, vous, aller le récupérer au fin fond du Mozambique ? Vous vous souvenez de ce morceau, vous aviez 10 ans: http://www.youtube.com/watch?v=BpI1fcJdFrA

Écrit par : rabbit | 26/03/2017

Je suis venu à la soul sur le tard. A cette époque je suis passé de Sheila à Soft Machine et Frank Zappa grâce au voisin du dessus, musicien de cinq ans plus âgé qui a fait mon éducation.
Je compatis avec Géo. Je rêve de retourner en Inde où j'ai passé plus de deux ans.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/03/2017

Soft Machine, Emerson Lake & Palmer, Return to Forever, Weather Report, Jethro Tull et Genesis, sans omettre la techno de Kraftwerk, Tangerine Dream ou Ash Ra Tempel. Un époque bien tourmentée sur le plan de la création musicale, Monsieur Jenni. C'était plus simple dans la décennie précédente, et carrément élémentaire à celle du Rock n' Roll.

Écrit par : rabbit | 27/03/2017

"Allez, je vais faire preuve d'un minimum de compassion en vous offrant quelques clefs." Vous lisez trop de manuels pour vous améliorer, Jenni. Arriver à 60 ans et appliquer des recettes de charlatans américains bas de gamme...
"- Apprenez à douter, c'est totalement jouissif;"
Je doute de tout, mais je ne trouve pas cela particulièrement jouissif
"- Observez vos écrits, ils en disent beaucoup plus sur vous que les réponses que vous obtenez;"
Alors vous auriez du voir que je doutais de tout...
"- Essayez de vous détendre la moindre. Les massages c'est pas mal pour commencer avec le corps."
Oui, merci, je vais souvent dans des bains thermaux et je ne vous dirai pas où...
Vous vous prenez pour une sorte de guru, Jenni ?

Écrit par : Géo | 27/03/2017

Voilà qui résume à merveille mes premiers pas dans la musique. A quinze ans nous montions un groupe de jazz rock alors que nous ne savions pas lire une partition.
Aujourd'hui, c'est le blues qui me touche le plus. Ou la simplicité. Juste l'inverse de ce que nous proposait un John Mac Laughlin, un Stanley Clarke ou un Lenny White.
Le seul critère incontournable c'est le coeur, l'émotion véhiculée, l'authenticité qui transpire, ou pas, chez un artiste.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/03/2017

Géo, je reconnais que j'ai encore du chemin à faire pour renoncer à la provocation. Avec vous ça marche à merveille; à peine on effleure le bouton que ça réagit.

Au sujet du guru, je ne puis que vous suggérer à nouveau la lecture de "Provocations" disponible chez Payot. Cette compilation d'échanges avec un pote bouddhiste devrait vous éclairer un peu sur le bonhomme.
Mais je vous vois déjà revenir avec vos cris étouffés d'une âme scandalisée par un tel culot pour promouvoir tous azimuts des oeuvres insignifiantes.

Pour les bains thermaux, je vous mets en garde sur ceux de Charmey qui sont insalubres. Ovronnaz reste pour moi le top. J'y vais depuis plus de 20 ans régulièrement. C'est là que j'ai pu pratiquer les "bébés nageurs" avec mes filles dès leurs premiers mois d'existence.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/03/2017

"Pour les bains thermaux, je vous mets en garde sur ceux de Charmey qui sont insalubres."
Très franchement, je crois qu'il faut se méfier de tous. J'évite soigneusement ceux qui ont trop de succès. Mais sinon, l'eau est à une température idéale pour toutes les bactéries et autres microbes imaginables, et donc...
Je ne comprends pas trop votre plaisir à vous croire provocateur. Mais "Observez vos écrits, ils en disent beaucoup plus sur vous que les réponses que vous obtenez" : ils en disent que vous n'êtes pas encore très adulte. C'est sans doute voulu, on n'en doute pas...

Écrit par : Géo | 27/03/2017

Reste à définir la qualité d'adulte. Je prends votre remarque pour un compliment Géo. Rester frais d'esprit, ouvert, curieux sont peut-être des signes d'un manque de maturité mais ce sont aussi des qualités qui permettent d'entretenir de l'enthousiasme qui est une denrée assez rare chez les vieux de notre genre.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/03/2017

Pour les bains, je ne fais que référence à une récente analyse de nos piscines romandes qui avait fustigé le niveau d'hygiène des bains de Charmey. Contrairement à vous, je pense que les lieux prisés font l'objet de surveillance accrue et sont en principe mieux entretenus.
Ceci dit, je suis un adepte de la vaccination naturelle par immersion dans des environnements discutables afin d'entretenir notre capacité à réagir aux infections.
Et puis, oui, je vous aime bien Géo.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/03/2017

Eh oui, les mecs ! Autrement dit, comme moi vous avez vu arriver le temps où il faut aller vers un nouveau décor, pour ne pas répéter à la folie les scènes d'une pièce sur laquelle le rideau ne se lèvera plus.

Écrit par : rabbit | 27/03/2017

"Et puis, oui, je vous aime bien Géo." J'ai dû faire quelque chose de faux quelque part, mais je ne vois pas où...
rabbit@ "un nouveau décor, pour ne pas répéter à la folie les scènes d'une pièce sur laquelle le rideau ne se lèvera plus."
Certes, certes, mais le Moz, c'est pas encore fait. C'est pourquoi je voulais vous attirer dans le piège...
Mais de votre côté, en quoi la Chine vous attire-t-elle tant ?

Écrit par : Géo | 27/03/2017

Au risque de me répéter et de lasser mon public: PARCE QUE C'EST UNE AUTRE PLANETE.
Tout y est à la fois proche et lointain, connu et inconnu, permis et interdit, permanent et éphémère, antique et futuriste, abstrait et concret... je continue ou c'est bon comme ça ? Le menu Big Mac y est à CHF 4.50, pour utiliser cet indice créé par “The Economist“, indiquant la Parité du Pouvoir d'Achat de façon plus parlante qu'un PIB. Et la probabilité de recevoir un coup de machette est considérablement moindre en Chine qu'au Mozambique (il faut que je retrouve les statistiques du Conseil de sécurité des Nations unies).

Écrit par : rabbit | 27/03/2017

Le Moz, c'est 'achement mieux : y a pas de Big Mac. Les coups de machette, c'est quand ils sont gentils. Ils ont encore beaucoup de kalachs du temps de la guerre et d'ailleurs certains n'ont pas vraiment compris qu'elle était finie. Chaque pays a ses petits défauts...Mais je vous assure que l'argument "autre planète" s'applique tout autant à la terre de Moussa (Moussa biki...).
Ce que je sais, c'est qu'il ne faut pas vouloir voyager du sud (Maputo) au nord (Cabo Delgado) par voiture le long de la côte. La probabilité d'arriver est relativement faible...
Peut-être par ULM depuis la Tanzanie ? Cela vous plairait ?

Écrit par : Géo | 28/03/2017

Uh ! Jusqu'ici et en totalité, j'ai passé deux et demi en Afrique et je suis toujours vivant. Je crois qu'on ne va pas pousser davantage le destin dans son génie créatif. Par conséquent, je vais encore essayer d'apprendre le Mandarin, bien que les résultats ne soient pas à la hauteur de mes attentes, comme on dit dans les conseils d'administration (mais ça fait rigoler les Chinois, c'est déjà quelque chose).

Écrit par : rabbit | 28/03/2017

Si déjà vous êtes capable de lire les panneaux d'indication des rues ou de direction et les menus dans les restaurants, ce serait déjà un grand pas pour votre survie. Il ne suffit pas de savoir que le menu Big Mac - que Belzébuth et Wotan veuillent bien oublier que j'ai écrit ce nom maudit - est à CHF 4.50, encore faut-il être capable de le commander...
Et c'est ce genre de contingences qui me retient le plus, quand je pense à la Chine. J'aime bien les autres planètes mais pas galérer pour communiquer avec les Martiens...
J'ai réussi à faire marrer les paysans mossi qui m'accompagnaient sur le terrain où je menais un traîné électrique pour chercher de l'eau : j'ai fait semblant de râler quand les colombes m'interpellaient "nassara, nassara" (nazaréen = chrétien, chez les Martiens du Burkina). Elles avaient exactement la même intonation que les gamins dans la rue...
C'est d'ailleurs la seule fois où j'ai réussi à faire un gag (qui a fonctionné) avec des gens d'une culture totalement différente et sans connaître leur langue...

Écrit par : Géo | 29/03/2017

Voici le lien vers la version de 1934 du “Lotus Bleu“, qui vous aidera à préparer votre séjour à Shanghai: http://www.bellier.org/le%20lotus%20bleu%20petit%20vingtieme/vue1.htm.
Vous devez savoir que les choses ont un peu changé depuis 1934: 14 lignes de métro sont maintenant à votre disposition et les stations sont aussi annoncées en anglais. A ce propos, j'ai relevé un détail curieux à Macao: dans les bus, les stations sont annoncées en Mandarin, en Macanais (dialecte local), en Cantonais, en Portugais et en Anglais. Mais tout ça prend tellement de temps, que le bus redémarre avant la fin. Vous avez intérêt de comprendre quelque chose du début de la liste, sinon vous devez faire encore un tour de l'île.

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

Ceci devrait fonctionner: http://www.bellier.org/le%20lotus%20bleu%20petit%20vingtieme/vue1.htm

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

चरसी कभी नहीं नरसी !
soyez indulgent rabbit, je ne fais que me frotter au devanagari.
J'ai choisi le hindi plutôt que le mandarin pour plusieurs raisons qui heurteront votre sensibilité économique.
Je ne retiendrai que celle qui suggère que l'Inde est le coeur de la Terre.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Mon opinion sur la Chine serait-il aussi décalé que le vôtre sur le Moz ? Quoi qu'il en soit, visiter des villes construites toutes sur le même modèle mondial ne m'intéresse pas. Et j'ai horreur des foules. Et les Chinois se ressemblent tous.
J'en rajoute encore ?

Écrit par : Géo | 29/03/2017

Oups je suis allé un peu vite en besogne...
चर्सि कभि नह मर्सी
J'espère que c'est plus clair

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Chez nous, on peut traduire comme ça: « 草药永远不会愚弄 » à condition de savoir à quelle “herbe“ votre phrase fait allusion. Nous avons utilisé le mot générique désignant les herbes utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise, alors que votre intention était plutôt d'évoquer celles dont vous remplissez votre shilum. Faut voir....

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

La phrase que j'ai choisie ne fait qu'indirectement référence à une substance. Elle traduit la conviction de ceux qui aspirent à s'approcher du divin.
Je vous renvoie à mes diverses interventions, tant dans mes blogs que dans mon site de candidature au Conseil d'Etat genevois pour tout ce qui touche à la consommation de substances et le traitement des conséquences sociales par le politique.
Nous avons la chance d'avoir une digne émissaire en matière de drogues dans notre pays. Mme Ruth Dreifuss a compris avant beaucoup d'autres et avec nombre d'éminents collègues les ravages de la répression dans le domaine.
Mais surtout, au final, il s'agit d'encourager la responsabilisation des individus par l'enseignement, la culture et tout ce qui permet de se faire une idée par soi-même des défis rencontrés.

Exactement comme le feu
est la cause directe de la cuisson,
sans Connaissance
il n'y a pas de libération possible.

Comparée à toutes autres formes de discipline,
la Connaissance du Soi
est la seule voie directe de libération.

Shankara

Om Shiva, Om Shankar, bamboulé !

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

ça à l'air compliqué le chinois pour dire des choses si simples.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Et s'il fallait répondre à Géo, je lui ferais remarquer qu'un Yi ne ressemble pas à un Han et, qu'à moins d'éviter les rues commerçantes le week end et le métro aux heures de pointe, il n'y a aucun risque de se faire piétiner (non plus si sa propre masse corporelle est dissuasive).

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

C'est vraisemblablement un des effets pervers de la logique qui sous-tend cette culture qui vise essentiellement à une approche globale, inclusive et donc très diluée, voire même relative, des questions.
Je suis en admiration devant la logique en matière de santé. Comment ne pas tenir compte de l'ensemble des paramètres qui permettent l'émergence d'une maladie ou d'une sensibilité éprouvante. Et que penser de cette tendance de chez nous à vouloir tout de suite stopper les alarmes du corps au lieu de chercher la cause de la souffrance.
En revanche, lorsqu'il s'agit de définir clairement notre choix sémantique, comme ici pour définir une herbe, il va en falloir des phrases et des dessins.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Vous connaissez sans doute le recueil de poèmes de Walt Whitman intitulé "Feuilles d'herbes" (Leaves of Grass). Il y loue la nature et le rôle individuel que l'homme y joue. Sans sous-estimer l'esprit, il pense que l'humain est aussi digne de louange poétique. Toutefois, le titre Feuilles d'herbe est un jeu de mots qui n'a aucun rapport avec la nature: “herbe“ était un terme donné par les éditeurs aux œuvres de valeur mineure et “feuilles“, un nom pour les pages sur lesquelles elles étaient imprimées. Appelons ça une forme de réalisme influencée par Emerson et qui devait un jour aboutir à Karl Popper.

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

Désolé, je suis largué.
Mon père s'est toujours senti obligé d'afficher une culture générale assez large et relativement bien fournie. Il pouvait me donner le nom de tous les arbres et fleurs que nous croisions lors de ces abominables marches en montagne qu'il nous imposait depuis qu'il avait marié une Appenzelloise et qu'il était tombé amoureux de ces pré-alpes. Bon faut dire qu'il avait de qui tenir puisque mon grand père avait gagné un concours national du plus beau jardin de rocaille.
Je suis un ignare. Assez grave même suivant d'où on regarde. Mais ça me va. J'ai fait la paix avec mon besoin de toucher à tout sans rien maîtriser.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

C'est comme la peinture. Je n'ai pas accès. Et je détesterais qu'on m'explique.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

"abominables marches en montagne qu'il nous imposait depuis qu'il avait marié une Appenzelloise et qu'il était tombé amoureux de ces pré-alpes."
Je me suis souvenu d'une pub sur Appenzell qui montrait deux femmes en costume qui échangeait quelques secrets et j'ai voulu la retrouver. Tout le monde aurait facilement compris pourquoi votre père avait épousé une femme de ce pays...
Et j'ai tapé "femme appenzelloise" et suis tombé sur ça :
https://www.google.ch/search?q=femmes+appenzelloises&client=firefox-b&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0ahUKEwjmpsW27PvSAhVFuhQKHTu5BvgQsAQIGQ&biw=1280&bih=609

Je vais vous dire : il y a des moments où je comprends Corinne de Senarclens...

Écrit par : Géo | 29/03/2017

"Appelons ça une forme de réalisme influencée par Emerson et qui devait un jour aboutir à Karl Popper."
Purée, quel frimeur, ce rabbit...
Mais cela plaît à Ambre, alors, hein...

Écrit par : Géo | 29/03/2017

Merci pour ce moment de joie sincère à l'ouverture du lien !
De là à comprendre Corinne de Senarclens, vous franchissez un cap que je ne vois qu'au loin dans mon écolution personnelle.
En vieillissant, contrairement à ce que la sagesse suggère, je deviens moins patient.
J'en arrive même, lorsque je suis particulièrement excédé par ces démonstrations, à m'imaginer en train de faire reluire dignement ces demoiselles, comme Lisa Mazzone qui accapare une partie de mes phantasmes, afin de leur rappeler les fondements qui permettent la vie.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Et donc, puisqu'on en revient à l'essence, tout ce qui permettrait à Ambre et ce frimeur de rabbit de copuler ou de tenter un truc du genre sera bienvenu.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Et puisqu'on est dans les confidences, je dois avouer une absence totale d'éveil libidinique à l'image de Céline Amaudruz qui fait pourtant fantasmer la moitié du parlement et les germaniques en première ligne. Pour moi, cette gonze, c'est un mec.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Pour en revenir à Walt Whitman, c'était juste la démonstration de ce que l'on peut tout comprendre de la façon qui nous convient le mieux sur l'instant et que la seule réalité est dans les faits et non dans leur interprétation. Sur ce, je vais préparer un risotto aux coquilles Saint-Jacques.

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

C'est marrant, j'aurais juste dit l'inverse. Il y a autant de réalités que d'individus et je défie quiconque de prouver envers et contre tout que la sienne est la bonne. Car rien n'existe sans quelqu'un pour le percevoir.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Et franchement, un risotto aux coquilles Saint-Jacques ?
Dégénérescent.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

Mais bon, j'imagine que quand y'a plus de sexe, il reste la bouffe.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

"De là à comprendre Corinne de Senarclens, vous franchissez un cap"
C'était pour rire, Jenni. Du second degré...
Par contre, vos fantasmes sexuels me paraissent particulièrement inquiétants.
Quant à "la seule réalité est dans les faits et non dans leur interprétation", c'est le b-a-ba de l'esprit scientifique, après "dubito ergo sum". Cela se voit bien dans la polémique autour du réchauffement climatique : en rester aux faits et n'attacher aucune importance à l'interprétation de quelques mandarins apparaît comme une impérieuse nécessité.

Écrit par : Géo | 29/03/2017

La science Géo ? Je vous la laisse volontiers si elle vous rassure.
Le sexe et la bouffe... là, vous touchez un point sensible.
La corporalité, dans le sens d'intégrer une notion dans la matière, dans la chair, incarner véritablement, implique une sensualité que le virtuel ne peut concevoir.
De là, nous pourrions continuer la discussion sur la technologie et la valeur inestimable de l'intuition, que nous avions engagée ailleurs.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/03/2017

« je dois avouer une absence totale d'éveil libidinique à l'image de Céline Amaudruz»

C'est sûrement réciproque. Elle a une dent contre vous, en particulier contre vos balances de chauffeurs...

Écrit par : petard | 29/03/2017

Géo a raison, la véhémence de vos propos masque à peine une profonde détresse. Travaillez sur ce sujet avant qu'il ne soit trop tard.

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

"La science Géo ? Je vous la laisse volontiers si elle vous rassure"
La science, cela veut dire la rationalité. Il n'y a pas de démocratie sans rationalité. Je reviens d'une soirée chez des amis où on se demandait comment les Européens ont fait pour haïr à ce point les Juifs. On m'a servi les trucs habituels, jalousie du fric, bouc émissaire e tutti quanti. Mais ce n'est pas suffisant : le premier facteur de cette maladie, cela a été la perte de la rationalité. Les Juifs n'emmerdaient personne, que je sache et jusqu'à preuve du contraire, et les Européens les ont massacrés.
Cela devrait vous inciter à vous questionner sur le rationnel, à mon très humble avis.
D'autant que les Musulmans, eux, emmerdent beaucoup de monde. Vous voyez ce que cela veut dire ?

Écrit par : Géo | 29/03/2017

"La corporalité, dans le sens d'intégrer une notion dans la matière, dans la chair, incarner véritablement, implique une sensualité que le virtuel ne peut concevoir."
Oh le gros malin. Hier nuit, j'ai eu tellement mal que j'ai eu de la peine à m'endormir. Pas de position dans laquelle ma jambe et ma hanche ne me faisait pas souffrir. Comme je n'arrive pas à obtenir un rdv rapidement chez mon généraliste, je passe chez mon frère médecin qui me diagnostique en une minute une féroce arthrose à la hanche.
Alors venez me parler de corporalité, etc, etc..., je vous accueille avec mon tromblon 31. Ne pas dormir à cause de la corporalité et de la sensualité ne rend pas très tolérant, Jenni. Un jour ou l'autre, vous devrez l'apprendre.

Écrit par : Géo | 29/03/2017

Un cas intéressant, néanmoins...

Écrit par : rabbit | 29/03/2017

Vous me trouvez ce matin tout penaud d'avoir manifesté avec autant de verbe un défoulement jubilatoire qui fut perçu comme violent par rabbit. Ces excès sont des conséquences d'une vie oisive dans ma grotte que je vais rapidement retrouver pour m'y pelotonner. Mais je ne boude pas mon plaisir d'avoir fait remuer la moindre la forteresse rabbit dont il vient à l'instant de consolider les fondations.
Je vous suis infiniment reconnaissant pour ces consultations gracieuses et vous assure que je tiendrai compte de vos remarques "avant qu'il ne soit trop tard".

Géo, je compatis avec votre souffrance qui a pourtant le mérite de vous rappeler que vous êtes vivant. Je m'étonne que vous n'ayez pas encore envisagé une opération de la hanche. Tous mes clients qui s'y sont résignés sont enchantés, ils revivent.
Mais je ne vous suivrai pas sur la rationalité qui est certes à la base de la démocratie (et on voit ce que ça donne !) mais dont on se passe aisément alors que la bouffe et le sexe sont des conditions de la vie.
La science, contrairement à la définition qu'on en donne habituellement, est un art en continuel devenir qui s'appuie sur des axiomes valides temporairement pour valider les constructions. C'est un édifice extrêmement fragile qui peut s'écrouler en un instant en rebrassant les cartes.
Et vous ne m'en voudrez pas d'être particulièrement prudent lorsqu'on met en avant des faits que l'on est bien obligé d'interpréter avec le bagage dont on dispose.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/03/2017

Vous vous obstinez à ne rien vouloir comprendre. Vous écrivez absolument n'importe quoi : "Je m'étonne que vous n'ayez pas encore envisagé une opération de la hanche." Comme si j'avais un autre choix...
"Et vous ne m'en voudrez pas d'être particulièrement prudent lorsqu'on met en avant des faits que l'on est bien obligé d'interpréter avec le bagage dont on dispose." Mais enfin relisez ce que je vous ai écrit : seuls les faits comptent. L'interprétation varie selon l'opinion politique de celui qui les interprètent. Cela paraît particulièrement évident à propos du réchauffement climatique. Ou sur le sujet des races, encore mieux.
Allons-y sur les races : aucun scientifique sur cette planète ne peut nier qu'il existe cinq groupes ethniques humains différents. Mais ils ne veulent pas appeler cela "race" parce que c'est chargé politiquement. Je refuse et récuse cette approche, que je juge raciste. Il faut appeler un nègre un nègre, PARCE QUE JUSTEMENT LA COULEUR DE PEAU NE PEUT ET NE DOIT AVOIR AUCUNE IMPORTANCE.
Il ne faut pas entrer dans la logique des "politiquement correct" (id est les zélateurs de la gauche américaine), parce qu'elle est au sens Barthien, tout aussi raciste. On sait cela depuis Ératosthène, si mes souvenirs sont exacts. Merci à notre génie du name dropping philosophique de rectifier si nécessaire...

Écrit par : Géo | 30/03/2017

Et dire qu'on prenait rabbit pour un frimeur...

Écrit par : Pierre Jenni | 30/03/2017

Barthien ! thien ! thien !
Déjà les feuilles poussent
Barthien ! thien ! chien !
Ça sent le romarin...
(Ray Ventura et ses Collégiens)

Roland Barthes ou Karl Barth ? Faut préciser, Géo, avant de me lancer sur une dissertation. Je n'ai pas que ça à faire, moi...

Quant à Monsieur Jenni, je lui recommande vivement de revoir son approche épistémologique en étudiant pour demain ce texte: http://fr.wikipedia.org/wiki/Constructivisme_%28épistémologie%29

Écrit par : rabbit | 30/03/2017

Ne serait-ce pas plutôt au matérialiste Géo d'étendre un brin son champ.
Observez que la deuxième mamelle du bouddhisme, avec la compassion, est la sagesse qui implique de comprendre que "tout existe de façon relative – un concept particulièrement difficile à exprimer ; on parle également de vacuité et d’absence de moi. L’essence en est que rien n’existe par lui-même, que tous les phénomènes sont composés."
http://www.institut-tibetain.org/v2/index.php?page=dharma-onderricht

Il nous fait d'ailleurs une véritable démonstration dans son dernier commentaire qui suggère qu'il détient la vérité, du moins en ce qui concerne les races et les changements climatiques. Je comprends mieux pourquoi il a l'air en permanence irrité, ça soit être fatiguant de défendre à longueur de journée sa position.

Je me répète pour rabbit. Rien n'existe sans quelqu'un pour le percevoir. Il a un peu vite glissé sur ce mot. Et comme celui qui perçoit n'a pas d'existence propre, un peu comme un oignon dont on pèle les couches jusqu'à ne plus rien avoir dans les mains, nous voilà biens. Car nous les avons accumulées ces couches durant notre séjour ici bas, sous forme de carapace protectrice qui n'est malheureusement pas en goretex, et le boulot pour les virer semble prendre pas mal de temps.

Pour le reste, puisque vous n'avez pas envie de parler cul et bouffe, je vais vous laisser entre scientifiques cultivés. Je reviendrai plus tard. lorsque vous me manquerez trop.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/03/2017

"Je reviendrai plus tard. lorsque vous me manquerez trop."
C'est le seul point important de votre commentaire. Pour moi, je dirai : ne revenez jamais, vous nous manquerez pas. Prêcher dans le vide absolu n'est pas ma tasse de thé.
La preuve que vous ne comprenez rien ? " qui suggère qu'il détient la vérité, du moins en ce qui concerne les races et les changements climatiques.".

Écrit par : Géo | 30/03/2017

Monsieur Jenni épuise son art dans un but sans fin: l'ivresse de son propre discours.

Écrit par : rabbit | 30/03/2017

Ite missa est.

Écrit par : Géo | 31/03/2017

Il ne vous pas échappé que Darius Rochebin avait récemment interrogé Edwy Plenel au sujet de sa conception de l'éthique journalistique. Et qui est Edwy Plenel ? Extrait de sa page Wiki : «De retour en France [après l'Algérie] arrivé à Paris en 1970, il abandonne ses études et rejoint la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et en 1976 il est, sous le pseudonyme de Joseph Krasny (Красный6signifiant rouge en russe), journaliste à Rouge, hebdomadaire de la LCR, qui devient quotidien durant une brève période. Après son service militaire, il s'éloigne de la LCR, et entre au journal Le Monde en 1980. Son livre Secrets de jeunesse (2001) revient sur une jeunesse militante trotskiste qu'il n'a jamais reniée. Il dit être resté un “trotskiste culturel“». Plus loin, à propos de Mediapart, son agence de presse: «Mediapart est également à l'initiative de la création, à l'automne 2009, du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), dont Edwy Plenel est le secrétaire général». Vous savez, ce pseudo-syndicat qui fouille les poubelles pour faire de la délation, comme en ex-URSS.

Écrit par : rabbit | 31/03/2017

"Vous savez, ce pseudo-syndicat qui fouille les poubelles pour faire de la délation, comme en ex-URSS." Il serait important à propos de savoir qui a dénoncé Fillon au canard et à Mediapart. Ce point est essentiel et aucun journal ne le relève, vous avez remarqué ? Comme c'est curieux...

Écrit par : Géo | 31/03/2017

Le «cabinet noir» de l'Elysée? Vladimir Poutine? Donald Trump? Johann Niklaus Schneider-Ammann? petard?

Écrit par : rabbit | 31/03/2017

petard?

Enfin quelqu'un qui a deviné juste !

... mais on en a discuté avant avec Vladimir et Johann, pour que ce soit "tip-top"... et vous ss'avez fu, z'était fraiment dip-dop gomme kombin !

Écrit par : petard | 01/04/2017

Pour comprendre les enjeux de la géopolitique mondiale, et savoir qui complote contre qui et pourquoi, demandez à Rabbit: il est prêt à prendre la succession de Jean-Christophe Victor.

Écrit par : rabbit | 01/04/2017

"Le «cabinet noir» de l'Elysée?" Vous avez vu l'unanimisme des médias français- et donc naturellement suisses romands, fidèles caniches du parisianisme - pour trouver cette accusation parfaitement scandaleuse ? Comme c'est amusant...

Écrit par : Géo | 01/04/2017

C'eût été malséant d'accuser les Chinois, dès lors qu'ils sont propriétaires de presque tout ce qui a de la valeur dans l'Hexagone. Je suis certain que vous abondez dans ce sens, chers collègues...

Écrit par : rabbit | 01/04/2017

FF est le candidat idéal des Chinois. Et ils ont l'habitude d'offrir des montres, à la grande satisfaction de Biver...

Écrit par : Géo | 01/04/2017

« dès lors qu'ils sont propriétaires de presque tout ce qui a de la valeur dans l'Hexagone »

Pas sûr... il y a assez de Français suffisamment mariols pour leur avoir vendu de la m... de la dette qui ne sera jamais remboursée...

Pour ce qui est de VALEUR, LVMH, c'est du lourd... et Biver qui joue à l'armailli de la Gruyère tout en étant le porteur de d'eau de Bernard Arnault, a fait main basse sur tout ce qu'il y a de meilleur en Suisse.

Ici chiffres 2016 de LVMH:
https://r.lvmh-static.com/uploads/2017/01/lvmh_documents-financiers_vf.pdf

Écrit par : petard | 01/04/2017

Merci petard pour ce fascinant fascicule. Ce sera ma lecture du dimanche, au bord de la piscine. Nous verrons alors si cette littérature survit à la réalité comptable de quelques ratios assassins.

Écrit par : rabbit | 01/04/2017

"De là à comprendre Corinne de Senarclens, vous franchissez un cap que je ne vois qu'au loin dans mon écolution personnelle." J'espère que l'écolution de Jenni se porte bien. En attendant, s'il veut se fendre la gueule, il lui faut réécouter les "Beaux parleurs" de l'opportuniste professionnel Zendali, qui vient de se terminer.
Corinne de n'est pas une pétasse féministe. C'est une caricature de. Et elle se fait joyeusement moucher par la spectaculaire Suzette Sandoz sur l'art. 261 bis.
A ne pas rater...

Écrit par : Géo | 02/04/2017

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