09/07/2017

Comment se débarrasser des moustiques

Quand le soleil revient après les premières intempéries de juillet, on s’endort nu, les fenêtres grandes ouvertes dans la nuit. On en oublie que des pluies ont gorgé d’eau stagnante les anfractuosités et fondrières des trottoirs d’à-côté. Au ravissement du moustique, une sale bestiole que le patriarche Noé n’aurait pas dû sauver du Déluge: depuis cette haute antiquité biblique, il revient chaque été gâcher votre sommeil en vibrionnant autour de vos oreilles. Avec la ferme intention de vous piquer aux avant-bras, à la gorge. En visant surtout la bedaine du cousin Roger Amoudroz, dont le sang est plus sucré (il apprécie un peu trop les bricelets au miel de votre grand-mère commune, aux dimanches de Chardonne).
Le moustique est un «cucilidé" appartenant au sous-ordre des «nématocères», qui peut véhiculer le virus du chikungunya, de la dengue ou du zika. Qu’on me pardonne ces mots savants, mais la survie pullulante de ce serial-killer qui, selon Erik Orsenna*, «est responsable de plus 750 000 morts humaines par an», méritait d’être commentée avec un zeste d’esprit scientifique. On se réfère aussi aux travaux de la biologiste anglaise Olivia Judson qui préconise une hécatombe programmée de cette vermine, peu protégée par les défenseurs des animaux. Ce qui sauverait un million de vies humaines, tout en limitant la diminution de la diversité génétique de ces minuscules vampires de seulement 1 %.
Pour le cousin Roger, ce serait leur accorder beaucoup d’égards…
On pourrait s’en débarrasser plus simplement soi-même et chez soi. En faisant brûler des spirales vertes chargées de substances actives biocides, telles l’«alléthrine" ou la «transfluthrine». Plus écologiquement, en imprégnant d’essence de citronnelle les chambranles des portes et croisées. Mais cette engeance de moustique a fini par apprendre à déjouer tous les pièges.
Bref, tout combat contre ces périodiques prédateurs estivaux serait vain. Pierre Dac disait qu’«il est plus facile d'attraper les oreillons par contagion qu'un moustique au lasso par occasion et par surprise.» Et un proverbe coréen veut nous dissuader de dégainer une épée pour en tuer un. Ou alors il faudrait avoir une visette prodigieuse et le génie d’un bretteur.

(*) Géopolitique du moustique, Erik Orsenna, Ed.Fayard, 280 p.

Commentaires

Sur les rives du fleuve Sénégal, au milieu des années 1970, on utilisait des "bombes insecticides". En réalité, un spray contenant des produits toxiques aujourd'hui prohibés. Après avoir généreusement vaporisé sa chambre, il valait mieux passer un moment à l'air libre pour ne pas subir le sort des moustiques. Et même après quelques heures, l'espace débarrassé des insectes produisait encore une légère ivresse ; si leur sort était vite réglé, les humains devaient compter sur la loi de la sélection naturelle pour y échapper. Seuls les plus robustes ont survécu...

Écrit par : rabbit | 09/07/2017

Probablement la même marque qui au Ghana avait de grands panneaux publicitaires : "B. kills the insect dead"...
bah, rien ne vaut une bonne vieille moustiquaire que vous bordez à votre matelas...
Et puisqu'on est dans l'ambiance africaine (bien qu'on ait oublié de mentionner notre vieil ami plasmodium falciparum...), une petite histoire. Cela se passe à Kongoussi, au nord de Ouaga. En reconnaissance pour notre futur projet, nous devons passer une nuit dans l'hôtel local. Une série de chambres disposées autour d'une cour intérieure. A l'intérieur, un grand lit avec moustiquaire et ventilateur au plafond. Chaleur horrible, mais ça, cela va de soi...
Il est l'heure de dormir, je m'enferme sous la moustiquaire avec ma lampe de poche et je réalise que je ne suis pas seul...
Très, très doucement, je reprends la lampe de poche, j'allume et j'éclaire...un crapaud. Ce qui vaut mieux qu'un cobra ou un mamba...
Je ne lui ai pas fait la bise, je ne me sens pas trop pour les princes charmants...

Écrit par : Géo | 09/07/2017

Et le petit lézard aux doigts venimeux, vous l'avez aussi câliné ? Un matin, je me suis réveillé avec la trace du passage de l'un d'eux gravée sur le torse. Ces mésaventures n'ont cours que la première année ; après, il faut faire corps avec la nature africaine pour apprendre à combattre ses dangers. Ce qui peut créer des méprises lorsqu'on s'en éloigne : au retour en Suisse, mon chien ne m'a pas reconnu. Il a paru réagir au son de ma voix après plusieurs semaines ; mais comme l'empreinte olfactive avait changé, il a vécu avec ce doute jusqu'à sa mort. Tragique, non ?

Écrit par : rabbit | 09/07/2017

Rue de la Paix 19, retour d'Angola. J'attends ma copine qui vient me chercher, dans la brume sous l'ex-Hilton. Le petit chien, que j'ai pris dans mon sac à dos à ski en montagne, à l'arrière de ma moto et dans des milliers de balades, sort de la voiture, passe devant moi sans manifester le moindre intérêt et va pisser contre le réverbère à côté. Plutôt vexant...
Une fois chez ma copine, j'ai ouvert ma valise. Il est alors arrivé, a reniflé longuement, et rentré dans la valise en remuant les vêtements et finalement m'a reconnu. On s'est tombé dans les bras...

Écrit par : Géo | 09/07/2017

Près de la Place Vendôme ? J'étais dans le coin en décembre 1990 et janvier 1991: première Guerre du Golf. L'Intercontinental (aujourd'hui Westin) était vidé de ses Américains. Station de métro Concorde fermée. Je suivais un cours Place de la Madeleine. Il faut passer à pieds devant l'Elysée. Monsieur Géo, notre vie est un roman ou c'est seulement le décor qui pourrait donner l'illusion de vivre un roman ?

Écrit par : rabbit | 09/07/2017

Vous êtes à Paris, je vous parle de Genève...Le CICR occupe l'ancien Hilton, vous ne le saviez pas ? Ne nous trompons pas de décor, avant de se lancer dans le roman...
Rue de la Paix 19 est probablement l'adresse que les taxis genevois connaissent le mieux, chaque personne du CICR débarquant à Genève ayant l'obligation d'aller débriefer au siège...

Écrit par : Géo | 10/07/2017

Fichtre! Il fallait préciser qu'il s'agit du bâtiment situé en face du restaurant Vieux-Bois. Et autant appeler cette artère "avenue Rabbit" parce que j'y passe presque tous les jours. Je ne suis entré qu'une fois dans ce mystérieux "numéro 19". C'était dans les années 1980 et ils cherchaient des administrateurs pour les bases dans des pays en crise. Stimulant, mais quand j'ai entendu le chiffre, je me suis enfuis. Finalement, j'ai opté pour la banque: c'est mortellement ennuyeux, mais vous savez pourquoi vous mourrez.

Écrit par : rabbit | 10/07/2017

C'est une avenue et non une rue, vous avez raison. Et à Paris, c'est une rue...
Jamais vraiment compris la différence profonde. Sauf qu'en Afrique, quand vous avez une avenue, vous pouvez sans autre ajouter "Général-de-Gaulle"...
Oui, administrateur de la raide crosse, cela ne fait pas très exaltant. La plupart sont suisse-allemands et 9 sur 10 s'appellent Beat. Ne me demandez pas pourquoi...
Pour moi aussi, c'était dans les années 80. Le département eau et assainissement en était encore qu'à ses débuts. Dans leur bureau, il y avait un dazibao : "pour l'an 3000 : des objectifs et l'eau en poudre..."

Écrit par : Géo | 10/07/2017

Oui, une rue de la Paix à Paris et à Lausanne, plus une Taïping Lu dans le "Lotus Bleu" : voilà qui suffit à délimiter un univers. En ce qui concerne Genève, avouez que le nom est mal choisi en raison de tous ces bâtiments entourés de grillages surmontés de barbelés et de caméras de surveillance. Plus des gardes qui font régulièrement le tour par crainte de manifestations hostiles. La même ambiance qu'à Berne, dans la rue où se trouve l'Ambassade de Chine: des types en tenue camouflage pointant une arme et qui vous font "grüezi !" sur un ton honnête... Il faut aimer surfer sur les paradoxes et les ambiguïtés.

Écrit par : rabbit | 10/07/2017

"tous ces bâtiments entourés de grillages surmontés de barbelés et de caméras de surveillance. Plus des gardes qui font régulièrement le tour par crainte de manifestations hostiles."
Tiens, puisque vous abordez le sujet : que pensez-vous des JO à Paris en 2024, qui plus est en Seine-saint-Denis, le royaume de la pire racaille ? Cela va être "au bonheur des malfrats", non ? Le CIO aura-t-il le courage d'expliquer ça au petit Jupiter ?
Vous avez vu le coup des 20 touristes dévalisés au pied de leur hôtel à Roissy ? C'est le Far West...

Écrit par : Géo | 10/07/2017

En effet, il faut être inconscient pour se risquer sans escorte en région parisienne. Mais les quartiers chics sont heureusement protégés par l'armée, comme au Caire ou à Tunis. La 2e DB est déployée autour de Versailles. Je pense que le pays peut tenir comme ça encore un an ou deux. Après...

Écrit par : rabbit | 10/07/2017

Canicule et moustique. L'industrie chimique et pharmaceutique participent à tuer un peu plus vite.

Un conseil à deux balles et une efficacité prouvée.
Placez un ventilateur dans votre chambre, vent contre le mur qui va faire circuler l'air dans tout le quadrilatère sous forme de courant balayant. Aucun moustique, ni autres insectes n'aiment l'air mobile qui plus est un courant continuel.
Un avantage et un bienfait pour l'humain: ne pas être soumis au courant d'air direct du ventilateur tout en bénéficiant d'une relative fraîcheur.

Si vous avez des animaux de compagnie, évitez la combustion de ces substances insecticides. De manière répétée et sur une longue période, les symptômes d'intoxication du sang sont décelables après trois étés chez les chats adultes. Les jeunes chatons peuvent souffrir assez vite de problèmes respiratoires avant de déclarer une affection sévère et irréversible du foie et des poumons. Quand un chat souffre d’aphtes à la gencive ou aux lèvres, quand il refuse de manger et de boire, quand il ne saute plus sur son perchoir habituel, quand il peine dans ses déplacements... Quand il traîne au niveau du sol souvent couché sous un meuble...les yeux tristes et tragiques qui vous ont imploré bien avant de les baisser, c'est qu'il se trouve condamné.
De même, les cires aux parfums d'ambiance, même sans insecticide, sont déconseillées à l'usage trop fréquent en présence de nourissons, de très jeunes enfants et de petits animaux de compagnie. Ces cires ne proviennent pas de production des abeilles, elles sont des sous-produits pétroliers chargées d'enzyme qui, lors de combustion, produisent de la fine poussière dont du ferré-carbone en quantité majoritaire.

Autre conseil pratique.
Si vous avez trop chaud, Le meilleur emplacement pour le ventilateur est le fond d'une pièce. Le fond est le plus éloigné des sources de chaleur telles que les fenêtres qui font entrer chez vous l'air de dehors, réchauffé par le soleil et l'halène brûlante du béton de ville qui a absorbé les calories de la journée.
Oui! étrange logique que j'ai pu constater: systématiquement, le citadin place son ventilateur au bord de la fenêtre souvent exposé au sud et en plein soleil, donnant dans la rue, face à un autre immeuble qui sont devenus de vrais calorifères.

Répulsif protecteur pour l'humain: se frotter d'une poudre de bois de santal ou de noix de muscade ou de clous de girofle (puissant leurre olfactif) mélangée à du kaolin pur (non cuite argile blanche naturelle ou verte). C'est aussi un absorbeur et neutralisant de sels, d'urée et de gras oxydés de la transpiration) par simple capture mécanique. Un antiseptique très bien toléré par la peau grâce à sa haute teneur en silicate d'aluminium et de zinc qui n'activent pas une autre chaîne de réactions oxydatrices.

Écrit par : Beatrix | 13/07/2017

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