16/09/2017

Le sourire facétieux et désenchanté de Roorda

Ce «drôle de zèbre», comme le définiront ses fans d’une génération future, naquit à Bruxelles en 1870, soit 25 ans avant Jean Villard Gilles. Mais il mourut bien plus jeune que celui qu’on considère comme le patriarche des humoristes romands.
En se suicidant à Lausanne le 7 novembre 1925, Henri Roorda van Eysinga confirmait que le sien d’humour, pour avoir été antérieur, ne se satisfaisait pas de jovialités. Ses tours d’esprit, si imprévisibles dans le cadre alors rigide du Gymnase de Lausanne, s’alimentaient d’une bile secrète qu’il régurgitait par coquetterie intellectuelle. Par un stoïcisme enjoué qui défiait le pire, donc le mourir, par le rire. Mieux: le sourire.
Joyeusement intitulé Mon suicide, son livre posthume publié en 1926, reparaît ces jours à Paris chez Allia,  dont voici deux extraits élégiaques: Je vais peut-être me rater. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de ceux qui veulent s'en aller. Puis: J’ai toujours eu de si bons amis que je continue à penser un peu de bien de moi-même.
 Dans la post-face on relit l’éloge que notre peu folâtre Edmond Gilliard dédia trois ans plus tard à son collègue de la Cité: D’où vient cette gravité du plaisant, ce tragique du divertissant? Ta parole était bravoure.
Roorda était un humoriste de plume, pas de tréteaux, mais il réveilla aux maths les plus ensommeillées de ses ouailles, par sa gestuelle fringante et des maximes drolatiques: Les grandes distances existaient bien avant l’invention du kilomètre; les mots «éternuer» et «éternité» ont la même origine; mais je ne sais vraiment pas pourquoi…
Il chérissait ses élèves jusqu’à écrire en 1917 un pamphlet au titre paradoxal: Le pédagogue n'aime pas les enfants. Il taraudait son propre métier d’une question brûlante: Le soin avec lequel certains ont compté les fautes de leurs élèves est inimaginable. Est-il plus facile de compter les fautes que les progrès?
Ce texte centenaire est à son tour réédité, cette fois à Lausanne par Michel Froidevaux, de la Galerie Humus. En janvier 2016, le même avait révélé le génie amusé de Roorda à de jeunes comédiens qui, cette fois, le célébreront aussi par des lectures publiques dans nos rues.
www.henri-roorda.org

Commentaires

"celui qu’on considère comme le patriarche des humoristes romands." Au vu de ce que sont les humoristes romands actuels, considérer Jean-Villard Gilles comme leur grand Ancêtre paraît assez erroné. Je verrais plutôt Oin-Oin à cette place et Bouillon par la suite...
Les Américains n'envoient pas leurs espions dans leurs spectacles comme les Allemands le faisaient au cabaret Soleil. Ce n'est pas que les Etasuniens sont moins délétères que les Nazis, c'est que les humoristes romands se sont fondu dans le génie vaudois de l'acratopège. Gilles était un chansonnier avant que d'être un humoriste et certaines de ses chansons sont encore bien connues. Pensez à "dollar" ou "le bonheur". Dans quelques années, on ne se souviendra de Recrosio que pour son salami. Et on aura (heureusement) oublié les autres...

Écrit par : Géo | 18/09/2017

https://www.youtube.com/watch?v=fihMcAXeml8

Alors ? Gilles et Urfer, des humoristes ?

Écrit par : Géo | 18/09/2017

Quand la musique est bonne, le poème devient sublime. Séparez les deux et la magie ne fonctionne plus. Néanmoins, du grand art pour deux Romands. On aurait pu leur commander un nouvel hymne national plus swinguant que celui dont on oublie toujours les paroles.

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur...

Écrit par : rabbit | 18/09/2017

La poésie est indissociable de la musique. L'Iliade, l'Odyssée mais aussi les Romains, tout cela était chanté plutôt que scandé.
https://www.youtube.com/watch?v=vPkWjJL4TlE
Vous me croirez ou non, mais notre institutrice de la cambrousse vaudoise nous a fait apprendre ça par coeur à 6 ans. Peut-être pas en version intégrale...

Écrit par : Géo | 18/09/2017

Je vois qui c'est : 10 ans après, elle lançait des cocktails molotov sur les CRS à une barricade de la rue Gay-Lussac. Ou alors un clone.

Écrit par : rabbit | 18/09/2017

Ah non, vous n'y êtes pas. Elle a fait le singe dans le panier de Camathias et y a perdu une jambe. Je la vois mal sautiller sur une seule jambe en lançant des cocktails molotov...
Vous trouvez Verlaine subversif à ce point ?

Écrit par : Géo | 19/09/2017

Fichtre, quel cruel destin !
En faisant une rétroanalyse morale et intellectuelle de l'école vaudoise de 1958, c'est de la provoc ; l'époque était encore biblique, le rock'n'roll n'avait pas encore pénétré les régions reculées : 10 ans plus tard, ce sera tendance.
Avez-vous suivi le discours de D.T. à la tribune des N.U à N.Y. ? Un poète aussi dans son genre avec des phrases comme « the vile and sinister ideologies of certain countries ».

Écrit par : rabbit | 19/09/2017

Et celui de E.M. au même endroit, en digne héritier de Bossuet et de Malraux, tous trois capables d'aligner autant de mots à l'intérieur de phrases sans fin, afin de rendre toute tentative de synthèse impossible...

Écrit par : rabbit | 19/09/2017

Je savais que vous alliez tourner grand admirateur de l'Ubu américain. C'est un grand pataphysicien et il mérite largement l'ordre de la Grande Gidouille. Par contre, j'ai trouvé E.M. assez clair. J'ai suivi sa conférence de presse, cela aide...

Écrit par : Géo | 19/09/2017

Ne voyez aucune admiration poindre dans mon œil, c'est celui d'un entomologiste...

Écrit par : rabbit | 19/09/2017

À la manière de Bossuet:
« Dieu nous a révélé que lui seul il fait les conquérants, et que seul il les fait servir à ses desseins. Quel autre a fait un Cyrus, si ce n’est Dieu, qui l’avait nommé deux cents ans avant sa naissance dans les oracles d’Isaïe ? Tu n’es pas encore, lui disait-il, mais je te vois, et je t’ai nommé par ton nom : tu t’appellerais Cyrus. Je marcherai devant toi dans les combats ; à ton approche je mettrai les rois en fuite ; je briserai les portes d’airain. C’est moi qui étends les cieux, qui soutiens la terre, qui nomme ce qui n’est pas comme ce qui est ; c’est-à-dire : c’est moi qui fais tout, et moi qui vois dès l’éternité tout ce que je fais. Quel autre a pu former un Alexandre, si ce n’est ce même Dieu qui en a fait voir de si loin et par des figures si vives l’ardeur indomptable à son prophète Daniel ? Le voyez-vous, dit-il, ce conquérant, avec quelle rapidité il s’élève de l’occident comme par bonds, et ne touche pas à terre ? Semblable, dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux vigoureux et bondissants, il ne s’avance que par vives et impétueuses saillies, et n’est arrêté ni par montagnes ni par précipices. Déjà le roi de Perse est entre ses mains ; à sa vue il s’est animé : efferatus est in eum, dit le prophète ; il l’abat, il le foule aux pieds : nul ne le peut défendre des coups qu’il lui porte, ni lui arracher sa proie. A n’entendre que ces paroles de Daniel, qui croiriez-vous voir, Messieurs, sous cette figure ? Alexandre ou Moi ?»

À la manière de Malraux :
« Inépuisablement, je montre aux chefs des groupements le danger qu'entraînerait le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital — entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis ; débarquement en Afrique du Nord — renforce sa position. À partir du débarquement, il devient évident que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements — même enrichis par l'action du Noyautage des administrations publiques — sont à l'échelle de l'occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer. Alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble : il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu et exécuté que par l'unité de la Résistance. C'est à quoi je m’emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de résistants après l'autre. »

Écrit par : rabbit | 19/09/2017

Décidément, ces Français parlent bien. C'est la raison pour laquelle, dans les congrès scientifiques, les gens s'occupent de leur courrier ou lisent le journal quand un Français est au micro : personne n'est capable de comprendre s'il s'agit du dernier des nullards ou de quelqu'un d'intéressant. Alors, à force...

Écrit par : Géo | 19/09/2017

En effet, c'est tragique ces pays où les gens se croient obligés de donner leur avis sur tout et n'importe quoi, alors même qu'ils n'ont que des sentiments ou des impressions à l'égard du sujet concerné. La RTS fait aussi ce genre de choses dans les semaines précédant les votations fédérales.

Écrit par : rabbit | 19/09/2017

Oh que oui, et ce matin, c'est particulièrement ubuesque...
Le nombre de gens qui savent parler pour ne rien dire dans ce pays - je parle du nôtre - est en croissance exponentielle...

Écrit par : Géo | 20/09/2017

Interroger des imbéciles pour convaincre des idiots: c'est ce qu'ils appellent "le débat démocratique". C'est ça, non ? Ou je suis encore trop élitiste ? Rassurez-moi Géo...

Écrit par : rabbit | 20/09/2017

En tous cas, c'est ce qu'est devenu le débat démocratique chez nous. Ou alors, le débat démocratique, c'est quand j'échange avec tel ou tel de mes voisins et que je m'aperçois qu'à peu près tous pensent que 80'000 personnes de plus chaque année en Suisse, c'est trop. A peu près tous pensent que l'Islam qui nous envahit est un fléau et se demandent ce que font nos autorités. A peu près tous se posent des questions sur la criminalisation de la conduite automobile et l'incroyable laxisme des juges envers les criminels, contrairement à ce que qu'essaie de nous faire croire l'invraisemblable André Kuhn, grand ami des criminels et accessoirement professeur de droit pénal...

A part ça, remercions nos confédérés germanophones d'avoir renvoyé la fée clochette à ses casseroles et l'autre prétentieux à ses prétentions...
Purée, si les Suisses-allemands n'existaient pas, je me ferais apatride.

Écrit par : Géo | 20/09/2017

Et vive le consensus ! Comme disait avec raison Laozi dans le Daodejing (traduction Julien) :

«En n'exaltant pas les sages, on empêche le peuple de se disputer.
En ne prisant pas les biens d'une acquisition difficile, on empêche le peuple de se livrer au vol.
En ne regardant point des objets propres à exciter des désirs, on empêche que le cœur du peuple ne se trouble.
C'est pourquoi, lorsque le saint homme gouverne, il vide son cœur, il remplit son ventre (son intérieur), il affaiblit sa volonté, et il fortifie ses os.
Il s'étudie constamment à rendre le peuple ignorant et exempt de désirs.
Il fait en sorte que ceux qui ont du savoir n'osent pas agir.
Il pratique le non-agir, et alors il n'y a rien qui ne soit bien gouverné.»

Écrit par : rabbit | 20/09/2017

Vous avez regardé "Vietnam" sur arte hier soir ? Cela m'a appris les détails de l'élimination de Ngo Din Diem, que je ne connaissais pas. Cela continue ce soir et demain soir, à tout hasard. Pour ma part, je me rends compte à quel point cette guerre a totalement influencé ma vie, et celle de beaucoup de mes semblables. J'étais presque parvenu à cesser de haïr les Américains, et voilà qu'il y a eu la 2ème guerre du Golfe, la totale ignominie de Bush et sa bande de forbans...

Écrit par : Géo | 20/09/2017

Les Chinois regrettent aussi de s'être fait avoir dans cette maudite guerre, par les Viêt-Namiens...

Écrit par : rabbit | 20/09/2017

La guerre sino-vietnamienne qui a suivi m'a fortement rendu service, pour comprendre qu'il n'y a pas de camp du Bien...

Écrit par : Géo | 20/09/2017

Vous vous souvenez certainement du voyage du Petit Timonier aux USA, en 1979 : folklorique et bon enfant. Mais une fois Deng de retour à Zhongnanhai, la Chine allait remonter les bretelles de son turbulent voisin, avec les bons voeux de l'administration Carter. Relisez "Par delà le Bien et le Mal", suivi de “Généalogie de Morale“ (Nietzsche), pour apprendre comment on peut déplacer le curseur à volonté.

Écrit par : rabbit | 20/09/2017

"Relisez "Par delà le Bien et le Mal", suivi de “Généalogie de Morale“ (Nietzsche), pour apprendre comment on peut déplacer le curseur à volonté."
C'est là toute la différence entre vous et moi : je n'ai pas besoin de lire un livre pour tirer mes propres conclusions. Je pars des faits et non des théories de tel ou tel, quelle que soit sa cote dans les milieux branchés. On appelle cela "penser par soi-même". En mon âme et conscience, il ne m'est jamais arrivé à ce jour de lire les théories de qui que ce soit qui auraient mon complet assentiment.
C'est le premier point de la critique. Le second, c'est que quiconque publie ses pensées recherche une certaine notoriété (au contraire des blogs où nous recherchons la légitimité de l'anonymat, c'est-à-dire la prééminence de ce que nous avançons plutôt que de ce que nous sommes par nos titres (évidemment universitaires...). Il s'agit alors de toujours devoir démêler les intérêts propres à l'ego du penseur (ici : Nietzsche) de sa pensée "vierge, utilisable".
Il y a un troisième point : la contemporéanité. Quelle que soit la valeur de la pensée de tel ou tel, le monde humain change très vite. Ce n'est pas parce que nous vivons au milieu d'imbéciles qui attachent encore de l'importance aux délires religieux d'il y a deux mille ans que nous devons nous conformer à cette bassesse. Ni dieu ni maître, mon bon rabbit. Il n'y a pas d'autre devise...

Écrit par : Géo | 21/09/2017

Inutile d'esquinter les batteries de votre pacemaker à faire des phrases.
J'ai déjà sous la main l'auteur susceptible de combler vos manques: Anselme Bellegarrigue.
Vous en prendrez bien une tranche ?

«Qu'on ne me parle point de la révélation, de la tradition, des philosophies chinoise, phénicienne, égyptienne, hébraïque, grecque, romaine, tudesque ou française; en dehors de ma foi ou de ma religion dont je ne dois compte à personne, je n'ai que faire des divagations de l'ancêtre; je n'ai pas d'ancêtres! Pour moi, la création du monde est datée du jour de ma naissance; pour moi, la fin du monde doit s'accomplir le jour où je restituerais à la masse élémentaire l'appareil et le souffle qui constituent mon individualité. Je suis le premier homme, je serai le dernier. Mon histoire est le résumé complet de l'histoire de l'humanité; je n'en connais pas, je n'en veux pas connaître d'autre. Quand je souffre, quel bien me revient-il des jouissances d'autrui? Quand je jouis, que retirent de mes plaisirs ceux qui souffrent? Que m'importe ce qui s'est fait avant moi? En quoi suis-je touché par ce qui se fera après moi? Je n'ai à servir ni d'holocauste au respect des générations éteintes, ni d'exemple à la postérité. Je me renferme dans le cercle de mon existence, et le seul problème que j'aie à résoudre, c'est celui de mon bien-être. Je n'ai qu'une doctrine, cette doctrine n'a qu'une formule, cette formule n'a qu'un mot: JOUIR !»

Réf.: Anselme Bellegarrigue, Manifeste de l'Anarchie (1850).pdf

Écrit par : rabbit | 21/09/2017

"cette formule n'a qu'un mot: JOUIR !" Et là, vous avez intérêt à en avoir un bon, de pacemaker...

Écrit par : Géo | 22/09/2017

Je prends seulement conscience de l'ampleur du désastre... la stimulation conjointe du pacemaker et du Viagra peut vous bousiller un ventricule. Que ferions-nous sans vous, ô Géo ? «L’abstinence totale est plus facile que la parfaite modération» a dit Augustin, qui avait été père avant d'être saint.

A part ça, la traduction dans les médias chinois de la réponse du petit Kim au grand Donald, est certainement plus proche du coréen que le résultat en français lu dans votre journal : en fait, ce n'est pas «vieux fou» mais «vieux con débile» qu'il faut comprendre. Ce qui n'est plus du tout sur le même ton diplomatique, vous en conviendrez.

Écrit par : rabbit | 22/09/2017

J'espère que ces gens-là ont de bons pacemaker, mais de bons peacemakers seraient encore mieux...
A moins de considérer qu'une bonne grosse guerre nucléaire améliorerait notre ordinaire et animerait nos vieux jours ? Un renouveau de Turner avec couchers de soleils orangés, ce serait chouette, non ? Et puis vous et moi - et Philippe Roch - savons que nous sommes bien quelques milliards de trop sur cette bonne vieille Terre...

Écrit par : Géo | 22/09/2017

J'ai survolé plusieurs fois la région entre Irkoutsk et Moscou (± 5'000 km) et il n'y a pas grand-chose entre les deux, à part des arbres, des loups et des ours ; heureusement, il y a des films dans l'avion. Par contre, je suis certain que M. Roch (qui prétendait en 1988 que les crues de la Venoge étaient dues aux capitalistes) et ses disciples trouveraient là leur terre promise. Ils peuvent même emmener des requérants d'asile avec eux, pour y bâtir un empire : ce n'est pas la place qui manque.

Écrit par : rabbit | 22/09/2017

"M. Roch (qui prétendait en 1988 que les crues de la Venoge étaient dues aux capitalistes)" Je sais que l'herbe est devenue légale, mais à votre âge ce n'est pas trop recommandé. La preuve...
Vous pensez vraiment que M.Roch serait pour déloger les ours et les loups pour y mettre des humains ? Je le vois plutôt dans le rôle contraire.
Cela dit, je suis parfaitement conscient qu'on peut encore mettre plein de milliards de bipèdes idiots sur cette planète. Mais la chute sera d'autant plus brutale...

Écrit par : Géo | 22/09/2017

C'est écrit noir sur blanc dans le bulletin du WWF, c'est signé Philippe Roch et la chose a paru en 1988. Probablement au cours du premier semestre, mais je n'en suis pas très sûr : un article sur les crues de la Venoge. Du coup, je n'ai plus renouvelé ma cotisation à ces guignols post-soixantehuitards.

A propos de chute brutale, j'ai la citation qui convient votre disposition d'esprit : « Disparaître, c'est faire savoir au monde qu'il ne vaut pas un adieu » Shakespeare, "Antoine & Cléopâtre". Mais ne comptez pas sur moi pour vous suivre dans une course de lemmings quelconque ; s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là...

Écrit par : rabbit | 22/09/2017

Je n'ai pas parlé de la mienne, de chute, mais de celle de cette espèce quelque peu envahissante à laquelle nous appartenons, hélas, trois fois hélas. Je ne suis pas sûr que "dernier" soit le meilleur rôle. Je pense même que c'est le plus flippant...

Écrit par : Géo | 22/09/2017

Pas si on se considère comme : résistant, fin de race ou dernier des Mohicans. Le geste est sublime, héroïque, wagnérien... À part ça, les vendanges sont faites chez vous ?

Écrit par : rabbit | 23/09/2017

On est en plein dedans. C'est assez curieux, ces vendanges. Une affaire de privilégiés de tous milieux qui se rencontrent. Les bobos qui y tiennent beaucoup, à côté de leur vie d'avocats ou de médecins et les Polonais/Roumains/jenesaisquoi pauvres ou les zonards français qui traversent toutes les époques.

"Le geste est sublime, héroïque, wagnérien..."
Ouais, ouais. A mon avis, vous manquez d'imagination...

Écrit par : Géo | 23/09/2017

Oui, je vois : un remake de "Les raisins de la colère" version Ramuz et Godard. Right ?

Écrit par : rabbit | 23/09/2017

J'ai de la peine à répondre : je n'ai jamais rien compris à Godard...

Écrit par : Géo | 23/09/2017

Si les vendangeurs tropéziens vous irritent, vous pouvez engager des Chinois : l'aller-retour est à 500 CHF en ce moment, ils sont prêts à travailler plus que les autres pour moins d'argent, ils ne sont pas syndiqués et ils préfèrent le riz à la saucisse aux choux. C'est l'affaire du mois !

Écrit par : rabbit | 23/09/2017

Les Vaudois sont déjà assez doués pour trouver le meilleur marché dans le domaine de l'emploi. Je constate une forte concurrence des Brésiliens, actuellement, très capables de se travestir en vendangeurs AUSSI.

Écrit par : Géo | 24/09/2017

Dites, rabbit, si vous êtes en quête de personnages à détester, j'espère que vous suivez "les beaux parleurs", aujourd'hui en main de Jonas Schneiter, chantre des rencontres improbables de ce qui se fait de plus débile en suisse romande, le Zendali de service étant en révision. Aujourd'hui, en plus de l'abominable Coline de Senarclens, qui en plus d'être féministe cinglée se révèle anti-spéciste (les singes et les chiens sont des humains comme les autres, mais j'adore aller admirer les humains plastinés de Von Hagen dans des poses ridicules, c'est tellement instructif...), il y a encore L'inénarrable Tavaglione, présenté comme philosophe.
Si ce mec est là est philosophe, la situation est encore bien pire que ce que nous pouvions imaginer dans nos pires cauchemars...
Anecdote : Dès que Suzette Sandoz prend la parole, il devient urgent pour l'infect Tavaglione* de la couper immédiatement. Intervention de Sneiter : si vous voulez absolument respecter les chats ou les chiens, laissez Suzette Sandoz s'exprimer...
* Même profil que Ada Marra : naturalisé originaire d'où vous savez et haïssant la Suisse.

Écrit par : Géo | 24/09/2017

Grâce à mon cosmopolitisme, je ne connais aucune des personnes mentionnées ci-dessus ; ce qui m'épargne déjà quelques ulcères. A mon niveau de compétences, mes têtes de turcs du gauchisme culturel médiatique se recrutent dans cette RTS post-Torracinta qui vous horripile déjà, à TV5Monde, Arte et Euronews : ce qui fait pas mal de monde, merci de ne pas en rajouter.

Vous êtes la sagacité même, ô Géo. Après la chute du Mur de Berlin, on a pu se croire enfin débarrassés du cauchemar de l'utopie socialo-communiste : c'était sans compter l'immigration de rancuniers atrabilaires, autrefois exclus de pays qui n'y croyaient pas non plus. Il suffit de penser à la faillite de l'URSS ou à l'échec de la Révolution Culturelle, pour savoir ce qui va arriver en Europe au cours de ces prochaines décennies. Courage ! Fuyons !

Écrit par : rabbit | 24/09/2017

"Courage ! Fuyons !" Si c'est en Chine, non merci. Etc, etc...
Encore une fois, rien ne vaut la meilleure connaissance possible de son milieu pour un résistant. Et quand je parle de résistant, je ne parle pas de résistance active. Je ne vais pas prendre les armes autres que bloguesques contre les Insupportables. Mais me mettre à distance (et les maintenir à...), je sais le faire.
Nous devrions peut-être en parler, un jour où vous seriez capable de sortir de votre caverne urbaine.

Écrit par : Géo | 24/09/2017

Okay, Okay, ne nous disputons pas comme Oncle Donald et le Petit Kim. Si vous ne voulez pas manger de la méduse frite avec des baguettes, on pourrait aller déguster des crêpes au lard et à la mélasse en Hollande ou du marcassin avec des spätzli en Alsace. Ma caverne est universelle. Faites-moi parvenir un bristol dès vous serez d'attaque.

Écrit par : rabbit | 24/09/2017

"Jonas Schneiter, chantre des rencontres improbables de ce qui se fait de plus débile en suisse romande". On se rappelle avec effroi de ses caméras cachées où il humiliait des chômeurs lors de vrais-faux entretiens d'embauche, avec la complicité d’une agence de placement locale. Devant les «recruteurs » les candidats devaient se mettre à quatre pattes ou debout sur une chaise (c'est fou c'que c'est drôle), prêts à relever n'importe quelle ineptie dans le but de décrocher le job, pour leur dire ensuite que tout cela n'était qu'une blague-souriez-vous-êtes filmés. Ça vole haut ! Quel talent !

Écrit par : Michel P | 25/09/2017

Ma mère disait souvent que la Suisse est un joli pays, mais mal habité. Ma première femme y a tenu 11 ans. La deuxième y est installée depuis 30 ans; mais comme ne comprend rien de ce qui s'y passe, elle s'en fiche complètement. Quant à mon fils, il vient parfois lorsqu'il y a de la neige. Échantillon représentatif d'une famille suisse typique.

Écrit par : rabbit | 25/09/2017

Le cycle de vie de certains: ici bas, sans le sou, prêt à prendre des poses ridicules lors des entretiens d’embauche fictifs cités plus haut. Arrivé à la fin de sa vie, n'ayant pu donner du sens à son existence, se dit qu’il fera mieux dans l’au-delà et décide de léguer son corps à la science - car Von Hagen l'avait pourtant assuré des visées strictement « éducatives », scientifiques même, en tous les cas résolument dignes de son exposition itinérante de cadavres conservés. Pour se retrouver à nouveau, toujours et à jamais, plastiné et exhibé dans autant de positions ridicules…

Écrit par : Michel P | 25/09/2017

Léguer son corps à la science, c'est bien ; mais comme la science ne se donne jamais sans contrepartie, le déséquilibre crée des relations ambiguës.

Écrit par : rabbit | 27/09/2017

Léguer son corps à la science, c'est d'abord dire merde à sa famille. Bernard Crettaz, après avoir beaucoup parlé autour du pot, c'est-à-dire de la mort des autres, s'est enfin décidé à aborder le sujet qui compte : la sienne, de mort.
Il voit une sortie classique, avec grande bouffe et mise en perce d'un tonneau du meilleur cru. Bon, il est valaisan, donc famille nombreuse. Dans son monde à lui, je ne vois rien de mieux. Dans le nôtre plus rétréci, plus biscornu, tordu, la famille a changé de sens. Celle reconstituée de l'amitié a un défaut rédhibitoire : les amis disparaissent aussi par la force des choses, leurs enfants n'ont strictement rien à faire de vous.
Je me vois plutôt pour une dernière cuite que toujours un vers dans le nez, à vrai dire...
Quant à la plastination, on va laisser ça aux exhibitionnistes...

Écrit par : Géo | 27/09/2017

Un ver ! Ou des vers...

Écrit par : Géo | 27/09/2017

Vous faites allusion à l'égalité devant le ver ? C'est plutôt au cimetière que cela se règle...

Écrit par : rabbit | 27/09/2017

Je voulais dire que je préférais la crémation à l'inhumation. On dirait un dialogue entre vieux, non ?

Écrit par : Géo | 27/09/2017

Plus la date de mon anniversaire approche et plus je sens les prémices d'une renaissance s'ajouter en moi. Ma ligne de vie remonte jusqu'à l'épaule...

Écrit par : rabbit | 28/09/2017

Heureusement que je ne me soucie pas de mes anniversaires...
J'ai passé mon 50ème, mon 55ème, mon 60ème et mon 65ème anniversaire seul. Les autres aussi, bien sûr...
Vous êtes sûr que c'est une bonne idée de fêter une année de plus ?

Écrit par : Géo | 28/09/2017

Tant que 阎罗王 (Yanluowang) ne l'apprend pas. On fête les anniversaires discrètement en Chine, pour éviter que le Dieu des Morts soit mis au courant de l'événement et que l'envie lui prenne des consulter ses listes, pour voir si le/la jubilaire honoré(e) ce jour-là n'a pas été oublié(e) lors du dernier ramassage... Pour augmenter votre pessimisme, on peut aussi retourner la situation est constater que c'est une unité de moins au capital-vie. Follement wagnérien, non ?

Écrit par : rabbit | 28/09/2017

A propos de Wagner et d'apocalypse, le bal des hélicos sur nos têtes en fin de journée, qui viennent chercher les cuves de raisin dans les coteaux ensoleillés, n'est pas encore accompagné par "les Walkyries". Il se trouvera bien l'un d'entre eux pour avoir l'idée...

Écrit par : Géo | 29/09/2017

Ah parce que aujourd'hui on vient chercher le raisin en hélicoptère ?
Moi qui croyais que les vignerons avaient péniblement encaissé le gel et faisaient appel à la bienveillance des gens pour les soutenir via des plateformes de crowdfunding.
C'est combien déjà le tarif de la minute en hélicoptère ?...

Écrit par : PIerre Jenni | 29/09/2017

Mon pauvre Jenni, pendant que vous à Piogre piornez sur un hélicoptère pour transporter les blessés, chez nous, il ne se fait plus rien sans les hélicos. Les murs de vigne ou les téleskis, le transport de piano à queue chez mon voisin pianiste de jazz - merci le Prix de Lausanne...- , les traitements des vignes au jus de chez Monsanto ou autre, la construction de chalet à Villars ou de villas en plaine (hélicoptère en stationnaire presque toute la journée à 30 mètres en dessus de nos têtes...) et par-dessus le marché, balade de touristes sur nos chères Alpes...
Je crois que je vais la monter sur mon toit, cette tourelle de mitrailleuses 12.7 mm jumelées...

Écrit par : Géo | 29/09/2017

Pour accompagner votre ambiance "Nam", sur fond de mitrailleuse et hélico déglingué, je vous suggère cet opus : http://www.youtube.com/watch?v=JSUIQgEVDM4

Il faut pas nous raconter des craques, M. Géo, ce pianiste n'est pas directement votre voisin : il y a bien 80 mètres entre votre maison et la sienne. C'est un satellite chinois stationné sur votre tête qui me le confirme.

Écrit par : rabbit | 29/09/2017

The End ? J'ai regardé toute la série "Vietnam", et vous pouvez bien imaginer qu'on y a eu droit. On ne va pas en reparler...
J'appelle voisin tout "vicino" de mon vicus, mon bon rabbit. J'ai quelque peu tendance à me raccrocher aux racines...
Ce matin, vous me croirez si vous voulez, je me suis fait ma petite crise d'hubris et je suis parti pour Bretaye avec ma bécane. La route que vous pensiez connaître, mais j'en doute, celle qui va de Plambuit à Bretaye par les Tailles et qui arrive vers la "cabane militaire", est en travaux. Donc bal de camions dans une petite route de montagne jusqu'au chantier de goudronnage. Je négocie mon passage, en faisant mine de porter mon vélo pour passer à côté. Et là, un ouvrier noir vient vers moi et je me demande bien ce qu'il veut. Il me propose de porter mon vélo ! Vous pouvez imaginer la tête que j'ai du faire...Je remercie du mieux que je peux et tombe sur un autre, plutôt arabe celui-là, qui me regarde l'air rigolard et qui me dit que je dois payer pour être le premier à passer sur leur route, en frottant ses doigts l'un contre l'autre...On rigole bien et voilà, je me retrouve en Afrique à quelques kilomètres de chez moi.

Écrit par : Géo | 29/09/2017

Si j'ai bien compris, vous débouchez de la forêt au-dessus du bâtiment du téléphérique du Roc d'Orsay. Avec les virages la distance doit dépasser les 15 km. Tout ça avec une jambe bionique. Si les Africains sont désormais sur tous les sommets vaudois, sachez que rien n'échappe aux Chinois. Mais eux ne se fatiguent jamais, ils vous regardent faire...

Écrit par : rabbit | 29/09/2017

Les Chinois vous ont mal renseigné : la route débouche à hauteur de Bretaye. Elle traverse sous l'Aiguille, le schuss le plus raide de la piste des Bouquetins homologuée FIS. Vous ne connaissez pas la "cabane militaire" ?
Après Bretaye, c'est la récompense. La montagne est magnifique à cette saison...

Écrit par : Géo | 29/09/2017

A gauche après un virage, en descendant depuis Bretaye en direction de Villars par la piste de ski. Juste après, ça devient assez pentu : attention à la glace ! Du moins, elle était là dans les années 60 ; qui sait ce qui a pu lui arriver depuis avec le réchauffement climatique. En ce qui concerne les Chinois, ils demandent si vous accepteriez de porter une puce GPS, de façon à ce qu'ils puissent vous suivre 7/24 avec leur satellite.

Écrit par : rabbit | 29/09/2017

Que les Chinois se contentent de mon téléphone portable comme tous les autres...
Les puces, ce sera pour la génération à naître et qui sera munie de tout ce qu'il faut à la naissance...

Écrit par : Géo | 30/09/2017

Il n'est plus nécessaires de leur implanter une puce, ils sont déjà entièrement soumis à la Machine. Je rêve d'une panne d'électricité planétaire pour servir de Jugement Dernier survivaliste.

Écrit par : rabbit | 30/09/2017

Une branche de sapin sur une ligne à haute tension au Julier a paralysé l'Italie. Alors j'ai bien l'impression que votre rêve a de fortes chances d'être exaucé...
Si j'étais électricien, je ferais campagne pour l'installation d'un onduleur et d'une batterie de camion chez les privés. Quand il y a panne générale, votre chauffage peut encore fonctionner quelque temps. Et l'hiver approche...

Écrit par : Géo | 30/09/2017

Ou alors, on casse tous les meubles sauf le piano, et on fait un bon feu au milieu du salon : ça, c'est classe! Avez-vous remarqué le nombre de châteaux à vendre en Suisse romande? C'est conjoncturel ou structurel? Je vais essayer de trouver un acheteur Chinois en dépit du frein mis par le gouvernement à l'hémorragie de capitaux. En France, les Japonais se sont attirés un mauvaise réputation en démontant tout l'intérieur des châteaux qu'ils achetaient, pour le revendre au détail : boiseries, parquets, cheminées, fenêtres, etc. Il ne restait plus qu'un squelette abandonné et un patrimoine en péril, comme on dit là-bas. M. Tapie faisait la même chose avec les entreprises, chuchotent aussi nos voisins.

Écrit par : rabbit | 30/09/2017

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