27/09/2022

Prénoms félins et messe franciscaine

En ces périodes d’actualités troublées, de pandémie en suspens et de crise économique, Charles Millivuit se pose une question qui l’inquiète davantage: comment appeler le chaton gris qu’il a hérité d’une voisine? Pour s’inspirer, il l’avait emmené le dimanche 2 octobre passé, à une liturgie à la fois fervente et joyeusement tapageuse dans les locaux vaudois de la SPA, à la route de Berne. Pour la 16e fois à Lausanne depuis 2004, des animaux recevaient une bénédiction chrétienne par un prêtre. Cela au nom de saint François, l’universel Poverello d’Assise, qui aimait toutes les créatures du Bon Dieu. En toute liberté, une assistance hirsute miaulait et feulait en choeur dans la salle, ou aboyait et jappait… De loin en loin, on entendait des gens souffler: «Médor, tais-toi!» ou «du calme Minouchette!» Mais c’étaient des surnoms trop communs et défraîchis. D’autres plus inédits parvinrent aux oreilles attentives de Charles Millivuit: Rappeur, Firewall, Boulette, Lancelotte chez les toutous et toutounettes. Pour les félines et félins: Galipette, Polisson, Looping, Miss Cougar, Rockeuse, Poker, etc. 

Quand soudain, un grand matou à crinière léonine se mit déambuler seul entre les travées. Comment s’appelle-t-il? demanda-t-on à son maître. «Jean-Paul , comme moi-même» fit timidement un petit monsieur émacié. Il n’avait trouvé d’autre prénom pour son majestueux maine cool que le sien… «J’aurais tant voulu lui ressembler! Mais en privé, je lui dis Popaul» 

Aussi Charles Milluvuit surnomma-t-il son petit chaton gris Charly.

 

Pour rappel, François d’Assise chérissant tous les animaux, on aurait pu regretter l’absence d’autres espèces moins familières aux humains. Si Alexandre Dumas avait été dans la salle, il y aurait fait piailler un faisan doré nommé Lucullus, ou glapir son vautour Jugurtha, des trophées que l’auteur de Monte-Cristo conservait vivants en son château de Marly-le-Roi, dans les Yvelines. Autre absence remarquée: celle du loup! Oui, ce loup honni dans nos campagnes et nos alpages mais qui reste indissociable de la légende du Poverello. Selon une des anecdotes des Fioretti, François parvint d’un signe de croix à pactiser avec un qui terrorisait le bourg de Gubbio, en Ombrie. Les villageois s’engagèrent à le nourrir s’il promettait de ne plus leur faire de mal. Et Le repenti tint parole. 

Avis à ses détracteurs actuels.

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