15/07/2008

Le rat ne pue pas, il est câlin et sympa

rat-nature-autres-liberte-11538.jpgCe ne sont pas forcément des ados ou des post-adolescents qui n’apprécient que les hits de Tokyo-Hotel, mais leur affection grandissante pour les rats d’égout (nettoyés et plus ou moins domestiqués) traduit un désir de rupture affective avec leur môman ou leur papa qui, eux, ont conservé une préférence ringarde pour le chat et le chien. Plus costaud que la souris blanche de laboratoire ou le hamster sur sa roue, et moins soyeux que Raminagrobis, le rat de salon est en passe de devenir un animal familier ordinaire.

Le triomphe du film Ratatouille a encore accéléré sa popularité dans les foyers et sur l’hypertoile: ce ne sont que forums de discussions, foire aux questions et même encyclopédies wikipédiennes.

 

Il y a trois ans, la ratophile Laetitia Previdoli, de Carouge, a mis sur orbite Ratoupédia.org, un site qui a été depuis consulté plus de 730 000 fois, et qui donne des informations sur la santé et le comportement du rat domestique, sur son alimentation, etc. De son côté, la Valaisanne Mélanie Zuber, de Martigny, a créé une Association des rats romands sur le web, Arrweb.ch, qui entre autres met en ligne un service de petites annonces. C’est en quelque sorte un observatoire: «Nous acceptons toutes les annonces, explique-t-elle dans Terre & Nature de jeudi passé, car nous souhaitons garder un œil sur tout ce qui se propose. En ce moment, il y a une pénurie de ratons. Les bons éleveurs n’en ont pas, et nous déconseillons les achats en animalerie.»

Car avant d’adopter des rats, mieux vaut se souvenir qu’il en existe des agressifs, de trop fragiles. Ou qu’une rate peut donner naissance à quelque vingt rejetons par portée, et que cinq jours lui suffisent pour redevenir dispose et fertile…

www.ratoupedia.org

www.arrweb.ch

Dans Le coin des rats, un site français plus ancien, de témoignages, conseils personnels et babillages entre ratomanes, des relations plus qu’épistolaires se sont nouées. A l’adresse d’Abracad’Rats, on s’émerveille devant la gentillesse de ce rongeur qui, naguère encore, gardait sa réputation terrible de vecteur de la peste, de parangon de ruse et de saleté nauséabonde. «Mais non, fait un commentateur, il ne pue pas, il est câlin, drôle, attachant et sympa…»

www.lecoindesrats.net

http://rattounette.free.fr

 

En bonus, je vous offre un vieux conte allemand, célèbre dans le monde entier - il a été traduit dans une trentaine de langues - et qui présente pour une fois le rat non pas comme une sale bête madrée, mais comme une victime de la rouerie de l’homme, ou du Diable (c’est kif-kif?)

 

La légende du joueur de flûte

 

 

 

ratflute.jpgEn 1284 un homme étrange se présenta à Hameln. Il portait un habit
multicolore et se présenta en tant que preneur de rats. Il promit pour une
certaine somme d'argent de débarrasser la ville de tous ses rats et de toutes
ses souris. Les citoyens lui assurèrent une récompense. Le preneur de rats
sortit une petite flûte et commença à jouer. Aussitôt tous les rats et toutes
les souris sortirent des maisons et se réunirent autour de lui. Lorsqu’il fut
certain qu'il n'y en avait plus de cachés, il quitta la ville en direction de la
Weser. Les rats le suivirent jusque dans l'eau où ils se noyèrent. Quand les
citoyens furent libérés du fléau, ils se repentirent d'avoir promis une
récompense es refusèrent de payer l'homme qui s'en alla plein d'amertume.
Cependant, il revint le 26 juin, sous les traits d'un chasseur à l'allure
effrayante, portant un chapeau rouge et étrange; pendant que tout le
monde était à l'église, il sortit sa flûte de nouveau et commença à jouer
dans les ruelles de la ville. Cette fois ce ne furent pas les rats et les souris,
mais des enfants, des petits garçons et des petites filles à partir de 4 ans
qui accoururent en grand nombre. Il les conduisit par la porte de l'est en
continuant de jouer, et ils allèrent jusqu’à la montagne où il disparut avec
eux à jamais.
Seuls deux enfants revinrent, car ils s'étaient attardés en chemin. L'un
d'eux étant aveugle ne put montrer l'endroit où les enfants ètaient, l'autre
étant muet ne put dire un seul mot. Un petit garçon étant revenu chercher
sa redingote échappa lui aussi au malheur. Certains dirent que les enfants
avaient été conduits à une grotte d'où ils ressortirent dans la région de
Siebenbuergen. 130 enfants disparurent ainsi à jamais.

25/06/2008

Quand le baby-foot devient œuvre d’art

pimpmybaby.jpg

A la grande effervescence footballistique qui s’achèvera dimanche, la grande majorité des amateurs participent en jouant par procuration devant leur télévision, en assénant parfois des coups de pied dans une canette de bière. D’autres, entre deux retransmissions de match, se défoulent sur un jeu de simulation électronique – ce qui met à l’épreuve leurs méninges, mais pas du tout leurs muscles. La gageure sympathique de Gaël Ginggen et Philippe Béboux, du collectif lausannois additif (www.additif.ch), a été de redonner ses lettres de noblesse au bon vieux baby-foot de nos heures de récré, ou celui de l’arrière-salle de la pinte à Charlie, de Villars-Gonfonnens. Le baby-foot, vous vous en souvenez? Cette sorte de billard muni de figurines actionnées par des tiges mobiles, et dont un des sommets est muni d’un boulier-compteur. Quand on y joue, le corps transpire un peu; la simulation du foot y est un tantinet plus sportive.

Afin que leur ville ne soit pas en reste durant l’Euro, nos deux urbanistes ont conçu et géré pour City Management de Lausanne* Pimp my baby, une expo inédite de 22 baby-foot transformés par 11 designers et 11 artistes, et qu’on a répartis géographiquement dans toute l’agglomération de la capitale vaudoise, d’Ecublens à Pully, d’Ouchy à La Sallaz. Cela jusqu’au 29 juin, le soir de la finale du Championnat d’Europe. Après quoi, toutes les œuvres seront réunies au Flon, au 1er étage de la route de Genève, 7.

Les deux fois onze artistes ou designers ont pu transformer l’instrument à leur guise. «Seule contingence: garder une dimension interactive et ludique à l’objet». Ainsi, l’église de la Pontaise abrite un baby-foot que sa re-créatrice a baptisé «A en perdre la boule»; celui que Fabien Cappello expose à l’avenue de Cour s’appelle «Sounder-ball»; à Chauderon 9, vous verrez le magmatique «Volcan» de Claudia Comte; aux Portes-Saint-François le savoureusement improbable «Mercotocoupe» d’Anne Blanchet…

L’œuvre haut juchée photographiée ci-dessus, réalisée par Labelobjet, porte le nom de «High level». Elle se trouve déjà au Flon, à la Miroiterie.

www.city-management.ch

20/06/2008

Vos vacances dans une école, en prison, dans un tonneau…

ecolllyon.jpg 

Depuis une décennie, les guides d’hôtels de charme font florès, en librairie comme sur l’hypertoile. D’autres vous invitent à séjourner dans un château encore habité par ses châtelains, repas avec Mme la comtesse compris. D’autres encore dans une ferme en fonction, à la table de Mme la fermière. J’ai trouvé sur le net un site qui répertorie, en Europe, outre-Atlantique, et jusqu’en Océanie des formules d’hébergement encore plus inhabituelles, les unes plus folles que les autres: en Bretagne, on peut passer une ou deux nuits dans un phare; ou dans une cabane échelle nichée dans un parc. A Lyon, on peut dormir dans une école désaffectée des années trente (photo à gauche). Ce ne sont que tableaux noirs, planisphère, odeurs de craie et d’encre violette, pupitres de bois, dortoirs… En Slovénie, on est convié dans une ancienne prison – avec visite commentée des cellules. Aux Pays-Bas, dans un ancien canot de sauvetage de classe Watson, dans une tour de télévision, au sommet d’une grue d’acier. Et à la gare de Petworth, en Angleterre, trois superbes wagons Pullman ont été réaménagés en suites.

Près de Linz, en Autriche, le Das Park Hotel d’Ottensheim vous offre pour la nuit des tubes de béton, d’ordinaire utilisés pour les canalisations: lit double confortable, une petite fenêtre et une lumière pour la lecture. C’est curieusement rudimentaire, mais sain. Selon le designer Andreas Strauss, à l’origine de ce projet hôtelier, le béton est un excellent isolant et phonique et thermique.

tonneautrasadingensuissefrontiere alld.jpgEn Suisse, près de la frontière schaffhousoise avec l’Allemagne, Moni et Andres Rüedi-Horner de la petite commune vinicole de Trasadingen ont transformé en hébergement de vieux tonneaux traditionnels, afin que vous puissiez dormir «à la philosophe», en vous prenant pour Diogène-le-Cynique. Leurs récipients imposants accueillent jusqu’à 36 personnes. Matelas, couvertures en laine et oreillers sont fournis par la maison. Le client y apporte son sac de couchage.

En Suisse toujours, mais plus guindé, plus onéreux, l’Hôtel Palaffite de Neuchâtel (vestige d’Expo.02) est recommandé par ce guide pour sa situation sur pilotis. La délicieuse Abbaye fribourgeoise de la Maigrauge n’a pas été oubliée. Ah, dormir dans un couvent cistercien du XIIIe siècle, et s’y faire réveiller au bord de l’onde émeraude de la Sarine par un chœur de nonnes à voix de mésanges !

www.hotels-insolites.com