11/06/2008

Jean Pache, un poète, un railleur matois

 

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Dès vendredi, la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne nous remémore la personnalité à Jean Pache (1933-2001), écrivain et chroniqueur vaudois atypique et lumineux, qui avait été mon collaborateur, à 24 heures. Grâce aux manuscrits déposés à la BCU, une expo au Palais de Rumine (conçue par Alain Rochat) rend compte des différents aspects de sa carrière, sous la forme d’un abécédaire, en jouant avec celui que Pache avait lui-même établi pour une émission de radio en 1990. Je reproduis un texte que je lui avais dédié au lendemain de sa mort, il y a sept ans. Suivent des hommages de Christophe Gallaz et Henri-Charles Tauxe.

Il avait un front clair de philosophe du Siècle des Lumières, une plissure voltairienne qui démangeait la commissure gauche de ses lèvres minces, mais il ne se prenait pas pour Voltaire. Les yeux de Jean Pache étaient capables à la fois de tendresse et de colère. La politique, l'actualité, le passionnèrent. Ça le dévorait.

Né six ans avant la guerre dans une famille lausannoise où c'était l'esprit du Parti libéral local, et beaucoup de protestantisme, qui faisaient la loi et la règle domestique, il s'accoutuma avec une intelligence assez pétillante pour ne pas se faire enrôler par le gauchisme assez niais qui bourgeonnait à l'époque.

Il était un matois au cœur doux, un poète donc. Sa méfiance envers les hurleurs-pour-rien s'est révélée par ses écritures, dans des livres et des journaux, et bien avant les soixante-huitards à barbe drue et qui portaient sandales. Il ne les méprisait pas du tout d'ailleurs. Leurs gaucheries, si j'ose dire, l'émouvaient.

Il avait beaucoup d'humour. Il était fier d'appartenir à la Société de Belles-Lettres, où la gaudriole règne souvent, hélas. Mais lui ne la méprisait pas. En son cœur, il y avait quelque chose comme de la polyvalence, de la drôlerie. Rire, pour lui, était un acte littéraire.

A l'instar d'un de ses meilleurs amis, Jacques Chessex, Jean Pache mena de front longtemps le métier de prof et celui de poète. Ils furent ensemble écoliers et collégiens. Ils créèrent à 20 ans une maison d'éditions. Ils se quittèrent pour se retrouver en écrivains confirmés. Jean Pache sut fertilement inspirer le goût des lettres à plusieurs générations d'élèves, au Gymnase de la Cité, à Lausanne.

Sa poésie à lui, qui est aussi faite de proses, ne se rattache à aucune tradition romande. Pache aimait Ramuz, mais ne voulait pas lui ressembler. Il s'apparentait plutôt à un Henri Michaux, un André Breton.

Son écriture, délicieusement sarcastique, se veut baroque, résolument. Elle dérive parfois vers l'insolite, vers l'Histoire, vers toutes les écritures à l'ancienne.

Jean Pache 22 ans lorsque paraît son premier recueil: Les fenêtres simultanées. Encore étudiant à l’Université de Lausanne, il reçoit le prix Follope de poésie pour le manuscrit de Poèmes de l'autre, que publie Gallimard en 1960. Il a fait paraître une vingtaine d'ouvrages, souvent des poèmes. Il a aussi écrit des fictions, notamment Baroques (1983) et Le fou de Lilith (1986).

Professeur au collège, puis au Gymnase de la Cité, il n'en continue pas moins d'avoir une part active dans la vie littéraire romande. Notamment comme critique littéraire au sein de 24 heures et à la Radio suisse romande. Les revues Cahiers du sud et La nouvelle revue française publient quelques-uns de ses poèmes. Lui-même dirige La Revue des Belles-Lettres de 1960 à 1963, puis la collection «L'Aire-Rencontre», de 1970 à 1975.

Côté prix, il est l'un des lauréats du prix Schiller (1967), pour une suite de poèmes groupés sous le titre d'Analogies. Il reçoit une deuxième fois ce prix en 1978. Plus récemment, il obtient le prix Michel Dentan (1991) et celui de la Fondation vaudoise pour la création artistique (1993).

L’éloge de Christophe Gallaz

 De l'art de Jean Pache, disons qu'il consistait en une dilatation permanente du regard, maîtrisée par un langage ultraprécis. Tenez. Elisant la femme comme thème central de tous ses textes ou presque, le poète commence par l'observer. Et ce qu'il aperçoit à ce stade, comme vous et moi, c'est une silhouette. Ou un corps. Ou un souvenir, peut-être.

Puis les choses se compliquent. Plus Jean Pache observe cette silhouette, ce corps ou ce souvenir, plus il y découvre de complexités, d'images, de mises en illusion, de dérobades ou de réapparitions subreptices: face au poète, maintenant, la femme, et tout être, d'ailleurs, voire tout objet, sont un labyrinthe illimité.

Comment décrire ce paysage-là? Autant bien s'équiper, songe Jean Pache. Autant s'armer d'un vocabulaire précis jusqu'au millimètre, de manière à peaufiner mes phrases jusqu'à leur perfection balistique. Tel fut le travail: une espèce de long déchiffrement progressant de livre en livre, c'est-à-dire d'éclaircissements en éclaircissements, jusqu'à la mort avant-hier.

L’hommage de H.-C. Tauxe

Retrouver les derniers textes publiés d'un ami poète disparu est une expérience à la fois forte et émouvante, comme si l'authenticité de sa démarche nous ramenait aux racines même de notre humaine condition. C'est ce que j'ai vécu et ressenti en découvrant Nodales et Tuer n'est pas rien, l'ultime recueil de Jean Pache. (1)

Nous ne sommes pas loin, ici, de ce qu'Albert Camus exprimait comme «une certaine forme de grandeur qui est particulière aux hommes: l'absurdité». Dans une note explicative, Jean Pache donnait au mot «nodale» le sens suivant: «Ligne qu'on observe sur une plaque recouverte de sable que l'on fait vibrer.» On retrouve dans ce volume cet art très spécifique du vrai poète qui déploie sous nos yeux et dans notre cœur un tissu oscillatoire de mots où nous naviguons entre l'indicible et l'éphémère. Un quotidien fait d'humour, de lucidité, et un horizon où se profilent nos espoirs (souvent déçus) et notre finitude.

Avatar de l'écriture

à la recherche d'un nom

dans l'apparence

des choses

Mots imprégnés de terre, de présence charnelle, de joie, d'angoisse, la maladie mortelle y devenant progressivement dominante, pendant que ne cesse jamais la révolte (que Jean Pache a souvent exprimée lors de nos rencontres) contre ce qu'il y a d'ignoble, d'inacceptable dans notre monde.

A tous les droitdel'hommistes bien-pensants qui croient encore que les intentions moralisantes suffisent à assurer la paix, «l'ordre», nous ne pouvons que conseiller la lecture de Tuer n'est pas rien, écrit en janvier 1998, en réaction aux horreurs qui se déclenchaient alors en Algérie. Mais c'est l'atroce contamination de toute notre planète par la violence qui l'a fait réagir avec son implacable pugnacité stylistique:

algérie Tchétchénie Kosovo

aux quatre points cardinaux

combien de boutiques du sang

où croissent et multiplient les capitaux

Avec cette référence à l'origine même des guerres, à savoir le mercantilisme du commerce des armes:

année de l'or

et des munitions

qui le fructifient

Nous ne sommes pas loin, ici, de ce qu'Albert Camus exprimait comme «une certaine forme de grandeur qui est particulière aux hommes: l'absurdité». Et l'auteur de L'homme révolté aurait certainement apprécié ces lignes:  

revendiquer la vie

n'offre pas plus d'intérêt

que son contraire

tôt ou tard le néant pour arrêt!

Un désespoir sans limites? Il y avait cette dimension, chez notre ami, en même temps qu'un rebondissement vers l'amour de la vie, vers cette pulsion d'écrire qui ne l'a jamais quitté, où nous retrouvons la destinée du poète, telle que la voyait Rilke, à savoir qu'il est «l'homme le plus risquant», en ce qu'il risque le langage, dans l'ouverture à la terre, à l'être, à ce qui ne nous appartiendra jamais.

Et la vie continue, dans la mémoire reconnaissante de celui qui nous a tant donné… Bonne éternité, cher grand bonhomme!

(1) Editions Empreintes.

09:32 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (5)

22/05/2008

Georges Nivat et le dilemme du peuple russe

640592038.jpgA l’heure où la Russie elle-même ignore si elle changera de cap avec son jeune président élu Medvedev, les observateurs politiques étrangers conviennent que c’est son prédécesseur Poutine qui continuera de régner - avec sa houlette controuvée de premier ministre. Or il en est, tel Georges Nivat, qui ne tirent pas des plans sur la comète le nez en l’air, mais le rivent sur les entrailles compliquées de ce grand peuple au destin toujours tourmenté. Cet Auvergnat qui s’est établi depuis trente ans en Haute-Savoie, pour enseigner les lettres russes à l’Université de Genève, est sans doute  plus littéraire que politologue, mais il sent avec une justesse instinctive l’air de l’Histoire. Il a traduit Pouchkine, Gogol, et surtout Soljenitsyne, auquel il a consacré une biographie qui a fait le tour du monde, et que l’auteur de L’Archipel du Goulag tient pour la meilleure de toutes. Georges Nivat, qui a rencontré aussi Pasternak, connaît si bien la Russie (il y a étudié sous Khrouchtchev, en fut bannit, y retourna d’abord clandestinement à l’époque des samizdats, puis avec toutes les faveurs dues à un ami fidèle de la nation) que son jugement de l’actualité est éclairant. Car pas péremptoire: «La Russie est dans une passe difficile. Ou elle va vers un régime autoritaire qui risque d’inhiber cette renaissance culturelle et sociale qu’elle est en train de vivre avec euphorie. Ou elle redressera le cap, mais à sa façon. Poutine et Medvedev sont différents. Si le premier avait voulu un troisième mandat présidentiel, il l’aurait obtenu, quitte à violer la Constitution – sa popularité est phénoménale. Il ne l’a pas fait. Il s’est choisi pour successeur un universitaire, un juriste. Et l’unique membre de son entourage qui n’ait jamais été comme lui-même du KGB. Il serait judicieux, de la part des Occidentaux, de penser que Dmitri Medvedev donnera peut-être des inflexions différentes.»

Sous une chevelure d’argent ramenée avec soin, deux yeux rieurs couleur de perle, et un corps délié: nous avons rencontré Georges Nivat à fin avril dans un de ces dédales gris souris en sous-sol de l’Uni des Bastions, à Genève, où il bénéficie encore d’un bureau, adjacent à la bibliothèque slave. Des centaines de dossiers témoignent aussi de ses importantes activités éditoriales: la prestigieuse collection Slavica de l’Age d’Homme, à Lausanne, l’Histoire de la littérature russe en sept volumes chez Fayard, à Paris. Ses propres livres, bien sûr, traduits en plusieurs langues, et désormais en russe officiellement: si le tirage de son best-seller sur Soljenitsyne avoisine à présent les 60 mille exemplaires, sa traduction en 1986 dans des revues clandestines avait déjà touché plusieurs millions de lecteurs… Il revenait cette fois non pas de Moscou, ni de Saint-Pétersbourg – où il occupe enfin un appartement – mais de Kiev, où on lui a offert une énième distinction. En dépit des conflits que l’Ukraine entretient avec la Russie, qui sont aussi culturels et linguistiques. «Moi qui suis un russiste, travaille essentiellement dans le domaine du russe, je reçois les honneurs des Ukrainiens!» En acceptant leur médaille, il eut l’impression de servir de courroie affective.

Le voici attelé à une somme sur les sites de la mémoire russe, dont le premier tome «géographique» qui vient de paraître explore les lieux de culte, de spectacle, de lecture, etc.

«Je ne suis pas Russe, mais depuis les années soixante je lis plus souvent en russe qu’en français» : tel est le fil conducteur d’un livre que Nivat avait  publié précédemment sous forme de miscellanées. Il s’intitule justement Vivre en russe, avec un r minuscule.

A travers son cheminement personnel d’Européen, il fait redécouvrir au lecteur les paysages culturels et sociaux sans cesse bouleversés de l’empire de Pierre le Grand. Il y dépeint une âme russe fraternelle, mais cruelle, « violente, orpheline, et qui doit aujourd’hui s’émanciper des poncifs que lui a infligés l’histoire comme autant de traumatismes encore actifs ».

Vivre en russe, L’Age d’Homme.

Les sites de la mémoire russe. Tome 1, Géographie de la mémoire russe, Fayard.

http://nivat.free.fr/cvfr.php

BIO

1935. Naît à Clermont-Ferrand. Son père est prof de lettres classiques, sa mère de mathématiques.

1958. Après une licence de russe et une d’anglais en Sorbonne, et un diplôme d’Oxford, il est stagiaire à l’Université Lomonossov de Moscou et obtient son agrégation en russe.

1961. Médaille des blessés et Croix de la valeur militaire. En 2000, il est chevalier de la Légion d’honneur.

1967. Directeur de la collection Slavica de l’Age d’Homme, à Lausanne. Collaborateur de Fayard, à Paris depuis 1995.

1969. De son épouse Lucile, prof de russe, il a une fille: Anne Nivat qui deviendra journaliste. Leur fils Guillaume, né en 1971, sera informaticien.

1974. Professeur ordinaire à l’Université de Genève jusqu’en 2000. Depuis, il y est professeur honoraire.

1996. Il préside les Rencontres internationales de Genève jusqu’en 2008.

09:41 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (4)

07/05/2008

Josef Zisyadis et ses racines grecques

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En septembre prochain, notre Josef-le-Rouge servira donc de guide à  25 touristes de Kuoni pour leur faire découvrir les charmes du Dodécanèse. La nouvelle a paru le 24 avril dans notre journal à l’enseigne de l’insolite. Or dès le lendemain, le Blick lui donna de l’ampleur: car les Alémaniques sont friands de tous les faits et gestes du Lausannois Zisyadis, surtout depuis son coup d’éclat à Obwald, quand il s’y établit en janvier 2006 pour dénoncer une sous-enchère fiscale votée par le demi-canton. Ils l’ont même érigé  en petit roi de carnaval. En deçà de la Sarine, il l’est aussi, mais avec des nuances. De la tendresse aussi peut-être. Là-bas, il est une caricature, ici une énigme. Son destin est devenu encore plus énigmatique depuis qu’il a affirmé, l’an passé, qu’il ne briguerait plus son poste de secrétaire général du POP vaudois. Cela après vingt-cinq ans de militantisme farouche et théâtral, et de coups de gueule plus ou moins appréciés au parlement fédéral -  où il siège à nouveau depuis le 1er novembre 2007, dans un groupe de Verts qui lui octroient une indépendance politique et une liberté de parole qu’il se dit fier de n’avoir pas perdue. Contrairement à son gagne-pain de secrétaire de parti: n’est-il pas, à 52 ans, père de quatre enfants?

Devenir guide touristique en Grèce pour le compte d’une agence suisse importante, voilà une reconversion qui serait non seulement confortable, mais gratifiante pour l’esprit: Josef aime ses racines grecques autant que sa terre d’adoption. Il saura mieux que personne expliquer les les réalités de Patmos, où l’évangéliste Jean rédigea l’Apocalypse. Voilà vingt ans qu’il est passionné par le destin de cette île qui fut naguère viticole. Avec son ami Gilles Wannaz, le vigneron-encaveur de la Tour de Cheneaux, il y dirige un plan de réhabilitation de la viticulture à partir de cépages locaux méconnus en Europe occidentale.* C’est à ce projet insulaire qu’il entend consacrer ses activités futures, ainsi qu’à la perpétuation en Suisse de la Semaine du Goût qui, en sa huitième édition, a pris une envergure supra-cantonale. Et ce mandat de guide touristique? «Il est ponctuel. Y en aura-t-il d’autres? je ne le sais pas. C’est Kuoni qui est venu me chercher, de même qu’il lui arrive de faire appel à un André Charlet, à un Fabien Loizedda pour personnaliser des circuits. Pour l’instant, je suis accaparé par mon mandat de conseiller national qui ne s’achèvera qu’en 2011. D’autant plus que je fais partie de deux commissions parlementaires (celle des institutions politiques et celle de l’économie et redevances, n.d.l.r). Je veux aussi lancer l’idée d’un parti rassemblant les diverses gauches suisses, à l’instar de la Linke allemande. Dans l’immédiat, je me bats pour l’initiative du droit au salaire minimum, et contre la naturalisation par le peuple.»

Il y a juste trente ans, il s’était vu refuser la sienne par le Conseil communal de Lausanne, à cause de son adhésion au POP. Une violation des accords d’Helsinki qui fut aussitôt réparée par l’intervention du syndic d’alors, un certain Jean-Pascal Delamuraz. On oublie parfois qu’avant de devenir Suisse, Josef Zysiadis avait un passeport turc. Son grand-père faisait partie de ces Grecs qui rêvèrent de libérer Constantinople du joug ottoman en 1912. Il resta à Istanbul. Quant à son père, il dut quitter les rives du Bosphore après le grand exode de 1955, essaya d’implanter sa boutique de montres à Athènes, sans succès. C’est par ses relations commerciales avec des horlogers suisses qu’il s’installa finalement à Lausanne, en 1962. D’emblée, il décida que sa famille deviendrait protestante. Ainsi toute l’intégration de Josef au Pays de Vaud s’est faite par le protestantisme: école du dimanche, culte, chants accompagnés de guitare électrique, etc.  Mais c’est dans le quartier parisien de Belleville,

où il œuvrera de 1979 à 1983 comme pasteur de la Mission populaire évangélique de France, qu’il prendra goût à la politique sociale et aux coups d’éclat. Au métier de tribun. 

* www.apocave.com

BIO

1956. Naît à Istanbul, trois ans avant son frère Abraham, futur journaliste de la TSR.

1962. Après un séjour de 5 ans à Athènes, sa famille s’installe à Lausanne. Collège de Villamont. Gymnase de la Cité (matu latin-grec).

1979. Après des études de théologie inachevées à l’UNIL, il est pasteur dans le quartier de Belleville, à Paris.

1981. Naissance de sa fille Marika. Alekos verra le jour en 1986, Arthur en 1991, Aris en 2000.

1983. Secrétaire du POP vaudois. Il le restera jusqu’en 2008: «Vingt-cinq ans, ça suffit. A bas les bureaucrates!»

1989. Conseiller communal lausannois, il est député au Grand Conseil en 1990, au parlement suisse dès 1991, et conseiller d’Etat vaudois de 1996 à 1998.

2011. Fin de son mandat de conseiller national, entamé en 2007, après le retrait de marianne Huguenin.

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