19/04/2014

Bicentenaire de la «libération» de Genève

Le 1er juin 1814, à 7 heures du matin, deux compagnies de soldats fribourgeois et soleurois, renforcées d’un détachement de Lucernois, s’embarquent à Nyon pour cingler de conserve en direction de Genève, qui a décidé de n’être plus française. Ils seront accueillis au Port-Noir de la commune de Cologny, en aval d’une rampe sur la rive gauche du Rhône, par des grenadiers à haut bonnet de fourrure, des chasseurs coiffés de shako à visière et d’une foule en liesse: fanfares, coups de canon, pavillons claquant au vent, discours pontifiants.

Ces nouveaux «frères suisses», venus les libérer au nom de leur Diète siégeant à Zurich, ont opté pour une voie lacustre plutôt que terrestre, car la seule route carrossable qu’ils auraient pu utiliser était encore entravée par des campements français.

 

Certes, la Cité de Calvin avait recouvré, le 31 décembre 1813, son statut de République après que les 12 000 soldats autrichiens du général Ferdinand von Bubna und Littitzen eurent délogé sans résistance les 1500 des armées de Napoléon Ier, qui venait d’essuyer une cuisante défaite à Leipzig. Or cette nouvelle présence militaire, toute salvatrice qu’elle fût, se montrait presque plus oppressante, en réclamant aux riches bourgeois du bout du lac des logements, des vivres et du fourrage gratis pour leurs innombrables chevaux… Ainsi, les troupes du Habsbourg François Ier se révélaient plus rapaces que celles de l’«ogre de Corse». Et lorsque, à leur tour, elles se retirèrent le 16 mai 1814, ce fut se fut un soulagement pour la population de Genève et de ses environs. Une population globale alors de 31 500 âmes – 22 300 vivant en ville, 9200 dans les communes. Selon Irène Hermann, historienne spécialisée dans la chronologie de la Restauration en Europe, ces gens aspiraient surtout à une période de sécurité, de paix civile, éprouvés qu’ils étaient par plus de vingt ans de chambardements contradictoires.

Mais ils ne savaient pas à quelle sauce ils allaient être mangés: Bubna l’Autrichien ne cachait pas son souhait de les voir rester sous la domination de Paris et du palais de Tuileries – où la monarchie bourbonienne se réinstallait. Ils étaient en droit de redouter de celle-ci, des mesures très revanchardes - emprisonnements, exécutions, mainmises financières. Après avoir été un minuscule appendice de l’Hexagone, Genève restait, avec ses richesses bancaires supposées et, surtout, sa position stratégique sur l’échiquier continental, un tout petit bout de gras, mais de haute importance dans les débats diplomatiques et les traités internationaux. A celui de Paris, qui fut signé le 30 mai 1814, soit deux jours avant les vivats lacustres du Port-Noir, les puissances signataires témoignèrent «pour que Genève obtint quelques facilités quant à ses communications avec la Suisse.» Y présidaient les représentants de la Sainte-Alliance (Russie, Prusse et Autriche), mais des ambassadeurs de moindre importance y étaient admis et parfois écoutés. Parmi eux Charles Pictet de Rochemont, un champion européen de l’agronomie doublé d’un négociateur subtil, qui sut y plaider, au nom du gouvernement provisoire de Genève, une rétrocession à la petite République de ses frontières naturelles du Jura et du mont Salève. Ainsi que son rattachement à la Confédération, avec laquelle elle nouait des liens politiques et économiques anciens. Après des siècles de voisinage, plus ou moins cordiaux, elle aspirait à en devenir le 22e canton.

 

Pourtant, avant ce projet d’épousailles solennelles, il y eut une longue controverse chez les Suisses: les cantons catholiques se montrant rechignant à fraterniser avec une vieille «Rome protestante», tandis que d’autres, plus pragmatiquement, exigeaient qu’elle fût définitivement désenclavée du territoire français.

 

C’est d’ailleurs cette clause-là qui décidera, en 1815, au fameux Congrès de Vienne, les omnipotents redessinateurs de la carte continentale à reconnaître officiellement la nouvelle Constitution du canton de Genève, plébiscitée par son peuple le 14 août 1814. Il faudra attendre encore un laps de neuf pleins mois (celui d’une gestation!) pour qu’elle fût ratifiée définitivement par un accord commun des 21 autres cantons.

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Napoléon détestait les Genevois

Après que la cité du bout du lac fut annexée en 1798 par le Directoire, elle fut d’abord choyée avec bienveillance par le nouveau pouvoir napoléonien: symboliquement, elle était la patrie de Rousseau, un père de la Révolution française. Elle regorgeait surtout de richesses, financières, stratégiques, humaines aussi - des soldats expédiés en conscrits sur tous les fronts.

Or Genève, qui n’appréciait pas être aussi vite ponctionnée et traitée en petite vassale osa montrer des réticences. Le blocus économique de l’empereur contre l’Angleterre lui avait fait perdre, en retour, de lourds déficits - l’exportation, jadis florissante, vers Londres de ses produits textiles (indiennes) ou horlogers fut désastreusement ralentie. Au plan démographique, ce fut plus grave, car les trois lustres de l’occupation française firent perdre à Genève quelque 15% de sa population. Il s’en émergea un certain esprit d’insubordination, évasif, dissimulé mais qui déplut souverainement à Napoléon. Il éprouva dès lors pour ces Genevois qui refusaient d’être plumés, une franche aversion, en proclamant envers leurs édiles cette intimidation impérieuse et impériale qui dut les faire trembler: «Je les ferai pendre à la porte de leurs boutiques!» La menace n’était pas que verbale, car avant de s’envoler vers d’autres territoires plus vastes pour des victoires ou des défaites, l’ogre de Corse fit entourer la cité rebelle d’un contingent de 10 000 de ses méchants grognards. Les descendants de Guillaume Tell qui les firent décamper se montrèrent plus affables.

 

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06/04/2014

Alexandre Ier, libérateur des Vaudois

Deux siècles avant Poutine, ce grand tsar de Russie fit entériner définitivement l’indépendance de notre canton.

Le 21 mars de l’an 1814, la Diète helvétique siège à Lucerne. La légation du canton de Berne s’y voit contrainte de prononcer devant les 18 autres la renonciation de Leurs Excellences à leur ancien fief du Pays de Vaud, qu’elles avaient colonisé durant plus de deux siècles et demi – de 1536 à 1798. Après avoir été «libérée» par les troupes révolutionnaires françaises, cette possession était devenue en 1803 un canton à part entière par la grâce de Napoléon Ier et son acte de Médiation. L’empereur, qui l’avait l’affranchie - en même temps que l’Argovie – de l’autorité bernoise, dont il avait naguère raflé le trésor, déclara un jour à un landammann alémanique: «Le soleil retournera plutôt de l'Occident à l'Orient que le Pays de Vaud à Berne. Sachez bien cela et tenez-vous pour averti (…) Dès la première fois que je passai par la Suisse, j'ai voulu séparer le canton de Vaud de Berne pour en faire un canton à part. Cela convenait à la France pour toutes sortes de raisons.»

 

Rappelons que nous sommes au printemps 1814, soit onze ans après, une longue et zigzagante période de conflits sanglants à l’échelle continentale, dont le microcosme économique vaudois a a subi durement les retombées. Les trop longtemps victorieuses aigles napoléoniennes commencent à battre de l’aile. Et l’entrée en Suisse, le 21 décembre 1813, des troupes alliées (une coalition anglo-austro-russe) qui les en ont chassées a changé la donne. Dans un texte éclairant, paru en 1973 dans l’Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud, de Bertil Galland, le professeur d’histoire lausannois Jean-Charles Biaudet rappelle que cette incursion, elle aussi «libératrice» a posé «brutalement la question même du canton de Vaud. Les vainqueurs de Napoléon, écrit-il, n’entendaient pas seulement rejeter la France dans ses limites d’avant la Révolution; ils voulaient encore assurer dans toute l’Europe le retour de l’ancien et respectable ordre des choses.» Donc peut-être celui de la Confédération des XIX cantons à une Suisse, plus patricienne et farouchement antirévolutionnaire qui n’en contenait que treize. Appuyé en sous-main depuis Vienne par le très intrigant prince-chancelier Metternich, le gouvernement du canton de Berne en profite pour enjoindre ses anciens sujets vaudois et argoviens de revenir naturellement sous sa séculaire tutelle. A Aarau comme à Lausanne, les réactions sont vives. Dans le canton de Vaud surtout, où durant une pleine décennie, des esprits libéraux de toute caste se sont attachés au régime issu de l’acte de Médiation qui vient d’être aboli. A ces insurgés audacieux finissent par se rallier même des représentants de la noblesse locale, puis des propriétaires fonciers, qui, de guerre lasse, ont abandonné tout espoir de recouvrer leurs anciennes prérogatives. Et lorsque le général autrichien Ferdinand Bubna von Littitz, chargé de rassujettir les brebis égarées vaudoises à leur bon vieux berger bernois, passe le 27 décembre 1813 par Lausanne, il est impressionné par la paix et l’ordre qui y règne. Et par la volonté ferme de ses habitants de rejeter les revendications de leurs anciens maîtres.

 

Quelques jours auparavant, un des pères incontestés de l’indépendance vaudoise, Frédéric-César de la Harpe, s’est souvenu qu’il avait eu pour élèves à la cour de l’impératrice Catherine II, à Saint-Pétersbourg, deux de ses petits-fils: les grands-ducs Alexandre et Constantin*. Au premier, son préféré, qui allait devenir Alexandre Ier, l’ennemi numéro un de Napoléon, son vainqueur le plus flamboyant, il adresse une requête par les bons soins d’Henri Monod, qui siège au Petit Conseil (l’ancêtre de notre Conseil d’Etat) et se rendra à Fribourg-en-Brisgau pour la soumettre au tsar: «Si mon ami Monod se présente, veuillez l'accueillir avec la bienveillance que vous eûtes toujours pour moi. Tendez à ma pauvre patrie une main secourable; elle mérite d'intéresser votre grand cœur; protégez auprès de vos amis un peuple qui durant 250 ans fut en paix avec tous ses voisins, qui ne veut que conserver ses limites, être indépendant et libre». Dans une missive datée du 3 janvier 1814, l’empereur de toutes les Russies répond (en français) à son cher La Harpe, son précepteur inoublié: «On ne souffrira pas que l'existence des cantons de Vaud et d'Argovie soit compromise ou inquiétée par celui de Berne.» Et fidèle à sa parole, il fera entériner par les autres souverains de sa Sainte Alliance, le 2 mars de la même année, à Chaumont, en France, la renaissance de la Suisse à XIX cantons. Parmi lesquels celui de Vaud, libéré définitivement de ses lisières d’outre-Sarine.

 

En 1981, les Editions Armand Colin ont publié dans les annales la Correspondance de Frédéric-César de La Harpe et Alexandre Ier, suivie de la correspondance du Vaudois avec les membres de la famille impériale de Russie.

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L’ultime insolence d’un ex-suzerain

 

Quarante-cinq ans après la renonciation définitive de LL.EE de Berne à leur fief vaudois, l’historien neuchâtelois Eusèbe Gaullieur (1808-1959) décrypte avec indignation les conditions qu’elles avaient tenté d’exiger en retour:

 

«Par des articles secrets, Berne se réservait 1) les districts d’Aigle et de Rougemont, qui lui appartenaient antérieurement à la conquête; 2) ses droits sur les bailliages de Grandson, d’Echallens et d’Orbe, qu’il possédait avant la révolution de 1798 de moitié avec le canton de Fribourg; 3) l’assurance d’une indemnité équitable pour les propriétaires de lods (droits de mutation perçus par le seigneur, ndlr.) Outre cela, le canton de Vaud aurait encore eu à payer à Berne près de cinq millions de francs pour l’indemniser des dépenses faites pendant trois siècles dans le Pays de Vaud, comme si Berne, durant ces trois siècles, n’avait pas sucé la moelle de ce pays et engraissé toutes ses familles régnantes du produit de ses opulents bailliages; comme si le trésor de Berne, enlevé par les Français en 1798, n’avait pas été formé écus par écus, millions par millions, avec les impôts levés sur les Vaudois! C’était une trop insolente prétention!»

 

 

Histoire du canton de Vaud 1803-1830, Librairie D Martignier, 1857.

 

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22/03/2014

L’Ecole Vinet de Lausanne a 175 ans!

Le 11 novembre de 1839, on inaugure solennellement l’ouverture de deux classes dans l’ancienne cure de la Madeleine, à l’ombre de la cathédrale. Sous l’égide de la Municipalité, qui en fournit les locaux et l’ameublement contre un loyer annuel de 550 francs, s’ouvre ainsi dans l’encore jeune canton de Vaud une première école permettant à des adolescentes de suivre des études secondaires.

Jusqu’alors, elles étaient réservées aux garçons. Et seules les demoiselles appartenant à des familles éclairées (et nanties…) pouvaient profiter de l’enseignement d’un précepteur, ou d’une institutrice à domicile. Pour certaines, il y avait des pensionnats, mais l’écolage y coûtait aussi le «lard du chat» comme on disait déjà chez nous dans les foyers modestes, et on y privilégiait des «cours d’agrément» - couture, peinture sur porcelaine, art de la révérence, et surtout «facultés de l’âme et opérations de l’esprit» - au détriment d’études substantielles. Celles-ci deviendront enfin prioritaires dans cette institution pionnière qui s’ouvre, il y a 175 ans, à la Madeleine et qui prend le nom d’Ecole supérieure des jeunes filles. Patronnée par la Ville de Lausanne, elle ne tirera ses ressources que d’elle-même, essentiellement par l’écolage financé par les parents des écolières, à raison de 120 francs par année.

Il faudra attendre 1897, soit 33 ans après son déménagement dans un immeuble du quartier de Bel-Air, pour qu’elle soit rebaptisée l’Ecole Vinet, du nom de l’homme qui, le premier, avait souhaité et préconisé sa création avant d’en présider le comité. Ce Lausannois exceptionnel fut Alexandre Vinet, 1797-1847, le théologien protestant d’expression française le plus considérable du XIXe siècle, notre théoricien national de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Et un féministe avant la lettre, pour avoir notamment écrit des aphorismes qui en son temps passèrent pour des aberrations: «Les femmes sont des hommes (homines = êtres humains). Elles sont avec Dieu exactement dans les mêmes rapports que les hommes; et, dans ce point de vue, qui est suprême, l’égalité entre les deux sexes est parfaite.» Il n’avait que 27 ans quand, depuis Bâle où il enseignait le français, Vinet envoya des articles au Nouvelliste Vaudois – juillet et août 1824 – invitant ses concitoyens à ne plus sous-estimer l’intelligence féminine: «C’est notre plus profonde conviction que l’avenir du pays, sous les rapports essentiels les plus sérieux, dépend de l’éducation des femmes.» Dix-huit ans après cette prophétie, il usa de l’autorité qui lui était conférée au comité de l’école pour appeler de ses vœux la création d’une classe préprofessionnelle. Celle-ci se réalisera, mais en 1986, soit un siècle et demi plus tard!

Entre-temps l’institution aura encore déménagé deux fois: en 1898, elle quitte Bel-Air pour occuper durablement un vaste et chaleureux bâtiment de la rue du Midi, dans le prolongement de celle de Beauséjour. Dans cette grande «ruche aux idées», aux corridors patinés de fragrances inoubliables, les écolières s’évertueront durant un demi-siècle à rivaliser d’intelligence, entre elles, mais aussi avec les garçons fréquentés à l’extérieur. Elles y prennent, non sans fierté, le surnom de Vinettes. Les plus féministes, les plus fortes en thème de cette école que l’officialité a décrétée supérieure se feront traiter, pour une prétendue arrogance, de «sussups», mais moins souvent par la gent masculine que par de jeunes Lausannoises de l’école publique. Or dans les classes de la rue du Midi, on dénombre de nombreuses élèves venues d’autres villes, d’autres cantons, d’autres pays. Parmi elles, une jeune Malgache, Madeleine Razafimahefa, qui dirigera de 1910 à 1916 une Ecole Vinet d’Ambohimalaza, à Madagascar…

 

En 1950, les «Vinettes» doivent déménager pour la troisième fois. Les voici dans un bâtiment couleur saumon, plus modeste, moins princier, qui se trouve en surplomb de l’avenue du Théâtre. Sis au chemin des Magnolias (rebaptisé depuis rue de l’Ecole-Supérieure) et au sud-est du carrefour Benjamin-Constant, il leur permettra de traverser les aléas de l’histoire sans jamais sombrer. Surtout depuis la mixité scolaire, admise depuis 1976, et qui verra affluer autant, sinon davantage, de jeunes «Vinets»: de futurs Messieurs qui un jour se targueront sans rougir d’avoir été éduqués brillamment dans une école destinée initialement à des demoiselles. La gageure ne fut pas simple, mais elle demeure opérante, grâce à l’humanisme tranquille de sa directrice actuelle, Bernadette Kaba et de son énergique adjoint Adriano Aloise. La preuve est dans les deux textes ci-dessous, bruts de décoffrage: ils ont su passionner leurs sagaces ouailles à la riche histoire de leur vieille école.

 

Interview Mme Antoinette Rivier et Mme Claudine Rochat par une classe de 10e VG (voie générale)

 

Mlle Rochat, enseignante à L’Ecole Vinet de 1943 à 1983, et Mme Rivier, élève de 1938 à 1951, ont participé aux festivités du centenaire de l’Ecole Vinet. Sur invitation des élèves actuels de 10VG, elles ont eu la gentillesse d’échanger leurs souvenirs avec eux à l’occasion du 175ème anniversaire de l’Ecole. Les élèves ont tour à tour posé des questions sur les aspects du passé de l’Ecole qui les intriguaient. Ce fut un moment de grande émotion autant pour les élèves, impressionnés de leurs récits, que pour les invitées de revenir dans la maison qui les a tant marquées

 

 

Benjamin : Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de l’EV ?

Mlle Rochat : Sur 40 ans, j’ai beaucoup de bons souvenirs, c’est difficile d’en faire ressortir un. Pour vous raconter quelque chose, en 1964, année de l’Exposition nationale, nous descendions tous les soirs à Vidy. A cette époque, les bâtiments devant l’école n’existaient pas, il y avait uniquement une magnifique maison de maître, la Villa Magnolia. Nous avions dès lors la chance de voir défiler devant l’école les cortèges, organisés chaque jour par un canton différent. Le cortège partait de l’avenue de la gare, et remontait l’avenue du Théâtre devant l’EV. Le cortège organisé par le canton de Bâle avait été mis sur pied par des écoliers. C’était tellement intéressant que les élèves de l’Ecole Vinet ont décidé d’écrire à ces étudiants bâlois. Ces derniers ont été très réceptifs et chaque élève a reçu une lettre et un cornet de Rahmtäfeli de la part des suisses allemands. Plus tard, l’enseignant de cette classe est venu nous rendre visite et des liens très sympathiques se sont créés au-delà du Rösti graben. C’est un magnifique souvenir, mais j’en ai bien d’autres.

 

Benjamin : Utilisiez-vous une pédagogie particulière lorsque vous enseigniez ?

Mme Rochat : Je m’intéressais beaucoup à la pédagogie, mais je ne suivais pas une pédagogie particulière. J’ai créé ma propre pédagogie, basée sur beaucoup de lectures, des conseils de la direction et d’échanges avec les collègues. Une chose que j’ai apprise avec le temps, qui est devenue presque mon motto est que je devais toujours tenir mes promesses et de même lorsque je proférais une menace. On m’avait fait remarquer au début de ma carrière que je faisais souvent des menaces que je ne tenais pas, et je ne m’en rendais pas compte. Les élèves, eux, s’en rendaient compte et profitaient parfois de ma gentillesse. Depuis j’ai toujours tenu mes propos, et cela m’a parfois mise dans des situations difficiles que je ne partagerai qu’avec les professeurs (rires).

 

Luca : Où avez-vous appris l’anglais ?

Mlle Rochat : J’ai commencé à l’Ecole Normale de la Chaux de fonds. J’y ai acquis des bases grammaticales très précieuses pendant deux ans. A cette époque, on enseignait surtout les langues par la grammaire. Au fond cela m’a été très utile. A la fin de mes études, il n’y avait pas de poste de libre. J’ai donc décidé d’aller une année en Angleterre. C’était en 1938, je me souviens que c’était l’année où a eu lieu la conférence de Münich. Lors de ce séjour, j’ai pu beaucoup parler avec la petite fille de 4 ans dont je m’occupais. C’était génial, car avec elle je n’avais pas de complexes. Lorsque j’étais en classe avec des anglaises de mon âge, je n’osais pas parler au début. Par la suite, je suis retournée plusieurs fois en Angleterre et une fois en Amérique.

 

Falou : avez-vous entretenu des contacts avec cette petite fille de 4 ans par la suite ?

Mlle Rochat : oui, avec elle et son mari. Elle habite l’Australie maintenant. Elle vient parfois pour des conférences internationales en Suisse. J’ai également rencontré ses trois fils.

 

Clément : quels étaient les horaires lorsque vous étiez à l’EV ?

Mme Rivier : 8h – 12h, puis 14h - 18h. Plus tard 14h – 17h. On allait également le samedi matin à l’école, mais je ne me souviens plus quand on a arrêté. On rentrait manger à la maison à midi. Celles qui venaient de loin du canton ou d’ailleurs pique-niquaient ou prenaient pension dans une famille pour manger. Il n’était pas question qu’une d’entre nous entre dans un tea-room ou un café.

 

Benjamin : Comment alliez-vous à l’EV ?

 

Mme Rivier : A pied. Mes premiers souvenirs datent du début de la guerre, donc il y avait peu de voitures. J’avais de la chance d’habiter à 10 minutes à pied de la rue du Midi où était sise l’EV. Quelques élèves seulement venaient en train.

 

Sophie : Y avait-il uniquement des personnes de Lausanne et environs ?

Mme Rivier : Oui, principalement. Pendant la guerre, nous avons par exemple eu des filles de missionnaires. Ces derniers pouvaient prendre une année sabbatique et rentrer en Europe tous les 7 ans si mes souvenirs sont bons. Ces filles venaient naturellement à Vinet étant donné les traditions protestantes de l’Ecole. Nous avons également accueilli des réfugiées. C’était très enrichissant car elles avaient une autre vision du monde que nous. Il y avait donc une ouverture, pas uniquement des vaudoises.

 

Mlle Rochat : nous avons également un de nos enseignants qui a créé un foyer à Haïti, un foyer d’hébergement et scolaire. L’EV récolte d’ailleurs toujours des fonds pour cette association lors des promotions de fin d’année.

 

Lisa : quel était le règlement à l’EV ? pensez-vous qu’il était strict ?

Mme Rivier : pendant la guerre, il y avait peu d’élèves dans les classes. On était passé de 400 à 100 élèves. On était en famille dans le fond, donc il y avait très peu de règles. C’était une petite communauté, on était très proches les unes des autres. On se connaissait très bien. Je n’ai pas souvenir d’une discipline de fer. Je me rappelle de la portière par contre.

 

Théo : comment était l’ambiance de classe ?

Mme Rivier : on n’était pas nombreuses, on se connaissait bien, c’était très familial.

Mlle Rochat : en fin de scolarité, les élèves de la classe du certificat invitaient leurs professeurs pour une petite soirée conviviale. On mangeait ensemble et les professeurs faisaient des couplets sur chaque élève, des poèmes, des chansons, etc. J’apprenais aussi beaucoup de « chants culturels », comme je les appelais, à mes élèves. Il s’agissait de nursery rhymes. A Noël je leur enseignais des Christmas carols. On avait du plaisir à les chanter. Ensuite avec l’âge, elle ne jurait que par les Beatles (rires). C’était vraiment comme une famille, même s’ il y avait quelques moments difficiles.

 

Benjamin : Quelle est la plus grosse bêtise que vous avez commise ?

Mme Rivier : (rires) Je ne peux pas raconter (rires). Je ne sais pour quelle raison j’avais une bougie sous ma table une fois, et j’ai allumé un petit feu. J’ai directement été envoyée chez la directrice, Mlle Bridel. On avait une peur épouvantable lorsqu’on allait dans son grand bureau. J’avoue avoir été un peu hyperactive pendant ma jeunesse. J’ai également eu quelques heures d’arrêt pour d’autres bêtises que je n’ose pas vous raconter de peur de vous donner des idées.

 

Mlle Rochat : à propos d’heures d’arrêt, cela me fait penser à mai 68, ce grand mouvement de révolte des jeunes en France, mais aussi des personnes âgées, des intellectuels. Tout Paris était en révolution. Ils ont essayé d’anéantir toute contrainte. Le slogan était « Il est interdit d’interdire. » En suisse, où nous sommes plus lents, la vague est arrivée dans notre école deux ans après. A ce moment-là, les élèves voulaient qu’on les tutoie, mais surtout qu’ils puissent nous tutoyer et nous appeler par nos prénoms. Certains professeurs ont accepté, mais je n’ai jamais accepté. Toutes les punitions avaient été interdites. Vous pouviez être en retard, on ne pouvait pas vous punir. Je me souviens que j’avais pris une année sabbatique en Angleterre, et à mon retour, j’avais été convoquée par le directeur, M. De Rham. Il m’a dit : « Vous savez, à partir de maintenant, il n y a plus de règles, plus de punitions, il faut vous débrouiller avec les élèves.» Je vous assure que dans ces circonstances, on trouve des moyens très ingénieux pour survivre. Après un certain temps, tout le monde a réalisé que cela ne marcherait pas, et peu à peu on a rétabli une discipline dans l’école.

 

Mirian : quelles étaient les activités extra-scolaires ?

Mme Rivier : Nous allions courir les bois près de Jouxtens une fois par semaine pour cueillir des fleurs. Je me souviens avoir appris le nom latin de chaque fleur, c’était prodigieux. Nous les faisions ensuite sécher afin de faire un herbier.

Nous avons également monté une pièce de théâtre, un Molière, l’Amour médecin. L’Ecole Vinet avait engagé une metteure en scène. Je jouais Sganarelle. Mlle Perrin, professeur de mathématiques très avant-gardiste, s’occupait d’une prison de femmes à Rolles. Elle a pensé que nous pouvions aller jouer dans cette prison. Aujourd’hui je ne pense pas que les parents seraient ravis. C’était en tout cas un bol d’air pour ces prisonnières qui étaient normalement occupées à laver et repriser le linge de Bochuz et pour nous c’était impressionnant. Elles étaient encadrées par des bonnes sœurs. C’est resté un grand souvenir. On faisait également des courses d’école, mais la pièce de théâtre est restée gravée. C’est un de mes meilleurs souvenirs.

 

Mlle Rochat : la télé existait mais était très peu utilisée. Les élèves s’intéressaient à ce qui se passait dans le monde. Je me souviens de l’assassinat de Kennedy en 1963. Les élèves ont été tellement bouleversées qu’elles ont envoyé une lettre à la Maison Blanche.

En 1945, le 8 mai, à la fin de la 2è guerre mondiale, toutes les cloches ont sonné. Les élèves sont allées à la place St-François et ont fait un immense picoulet. Toutes les courses d’école à l’époque se terminaient par un picoulet à la place de la gare.

 

Audrey : comment était l’école pendant la guerre ?

Mme Rivier : Un nombre important d’étrangères ont rejoint l’Ecole Vinet. D’autres sont reparties. Pendant la guerre, l’Ecole Vinet s’est malgré tout vidée. On avait dès lors très peu de moyens. On avait besoin de charbon, il faisait froid pendant l’hiver. On gardait nos manteaux à l’intérieur. En outre, les vacances d’été très courtes et on avait des plus longues vacances d’hiver pour que l’on n’ait pas besoin de chauffer l’école. Pour parer aux difficultés financières, l’Ecole a décidé de louer la moitié du bâtiment à l’école supérieure de jeunes filles de la ville. Il y avait donc les « Sussup » d’un côté et les « Vinettes » de l’autre. Bon, il y avait quelques rivalités, mais cela se passait bien en général, et beaucoup d’amitiés se sont créées. Beaucoup d’entre nous se retrouvaient également le samedi aux scouts. Cela me fait d’ailleurs penser au fait que M. de Rham, directeur de xx à xx, était chef scout pour toute la suisse. Le scoutisme comptait beaucoup pour lui, et il en avait l’esprit, toujours prêt à aider.

La vie de façon générale était difficile. Tout était contingenté, on avait des coupons pour tout, 100 g de chocolat, 200 g de pain… Il fallait gérer ces coupons, et veiller de ne pas tout gaspiller au début du mois. Mais on n’a jamais eu faim, c’était très bien géré, entre autres grâce au Plan Wahlen. C’était un programme  mis en place par la Suisse pour pallier la pénurie de ressources premières. Tout le monde devait cultiver son jardin, il y avait des champs de pomme de terre partout. La pomme de terre a joué un grand rôle, on mangeait du millet, de l’orge, etc, Je me souviens qu’il y avait un textile libre de coupons, les rideaux de grand-mère, dont les camarades de classe se faisaient des jupes. On devenait très ingénieuses, on savait tout employer. Je me rappelle également que pendant la guerre, mes parents m’interdisaient d’écouter les nouvelles à la radio, de peur que je sois trop émue. Il y avait aussi le cinéma à St-Francois, le Cinéac, où l’on ne passait que des actualités. Avant les films, à la place des pubs, il y avait 30 minutes d’actualités. Nos parents allaient voir des images au cinéma étant donné que nous n’avions pas la télévision.

 

Mlle Rochat : Après la guerre l’Ecole Vinet s’est vue obligée de vendre le bâtiment. Le déménagement, c’était toute une affaire, tant le bâtiment était imposant. La directrice, Mme Bridel, distinguée, d’un certain âge, a dû relever beaucoup de défis. Les élèves ont eu un mois de congé (rires des élèves).

 

Falou : avez-vous encore des contacts avec les camarades/professeurs.

Mme Rivier : Oui, on se rencontrait chaque année aux assemblées générales de l’EV. Il y avait également le Journal des anciens élèves qui nous permettait de rester en contact.

Mlle Rochat : grâce à internet, des anciennes élèves se sont contactées et m’ont invitée à une excursion sur un bateau. J’ai toujours du plaisir à rencontrer d’anciennes élèves. Les professeurs voient souvent les élèves « scolairement » même si ce n’est pas très juste. Or, à chaque fois que je rencontre des anciennes élèves, lorsque j’apprends ce qu’elles sont devenues, c’est presque toujours une agréable surprise. Cela me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir.

 

Théo : Y avait-il des orientations comme à l’heure actuelle ?

Mme Rivier : Il y avait différentes filières, avec des options à choix. Je me souviens de deux camarades qui souhaitaient faire le gymnase scientifique. Or il n’y avait que des garçons. Elles ont donc dû faire une demande spéciale afin d’être acceptées. Alexandre Vinet disait qu’il fallait apprendre aux filles d’autres choses que la broderie et le piano. Moi je suis arrivée pour le centenaire de l’EV, il y avait une fête au théâtre municipal.

Sophie : qu’aviez-vous comme branches ?

Mme Rivier : Je dirais des branches très classiques, le français, l’allemand, l’arithmétique, la géographie, l’histoire, l’algèbre, la géométrie, la gymnastique, le chant et la couture bien sûr. Je me souviens qu’on nous apprenait également à écrire des lettres, de politesse, de remerciements, commerciales. Je trouvais très compliqué d’écrire les lettres de politesse à l’époque en raison du style impersonnel employé, comme dans « Mme vous présente ses compliments ». C’est beaucoup plus facile de dire, Cher Monsieur et meilleures salutations !

 

Sophie : Portiez-vous un uniforme ?

On avait un tablier bleu ciel, nous étions toutes habillées la même chose. La directrice avait remarqué que certaines élèves faisaient un grand cas de leur élégance. Elle a voulu mettre tout le monde au même niveau pour éviter jalousie et mépris. Photo de classe. À gauche on brodait notre blason EV en blanc.

Tanguy : Qu’avez-vous fait après l’EV ?

Mme Rivier : Après l’EV, je suis allée à Genève, cela me faisait très peur de vivre dans une autre ville. J’y suis allée pour suivre les cours de Jaques Dalcroze. J’ai ensuite eu quatre enfants. J’ai également travaillé sur plusieurs projets de construction / rénovation de bâtiment.

RENCONTRE AVEC UNE ANCIENNE DIRECTRICE

 

Des élèves de 8e primaire relatent avec leurs mots  une rencontre dans leur classe avec Mme Françoise Graf-Vallotton, qui fut directrice de Vinet de 1987 à 2011.

 

 

« L’Ecole Vinet commémore ses 175 ans cette année et pour évoquer un peu de cette histoire, nous avons souhaité inviter Mme Françoise Graf-Vallotton. L’interview a lieu dans notre salle de classe, l’ancienne directrice revient sur sa carrière et raconte son expérience dans l’emblématique établissement lausannois.

Alors qu’elle entre dans la pièce baignée par le soleil, ce qui nous frappe c’est la douceur de son sourire, le calme qui émane de sa gestuelle, nous sentons qu’elle retrouve un lieu qu’elle connaît bien ; elle est prête à se raconter. Tour à tour nous lui posons nos questions et elle nous confie qu’elle a aimé cette période de sa vie. Elle a débuté sa carrière en 1980, elle enseignait alors le français, l’histoire, l’histoire des religions et la géographie. L’Ecole était déjà un établissement mixte et les élèves ne portaient plus d’uniforme. Elle ajoute qu’il y avait moins de garçons que de filles, contrairement à aujourd’hui. Si elle s’est tournée vers l’enseignement, c’est que petite, déjà, elle aimait l’école et le français était sa matière préférée. Nous l’interrogeons alors sur ce qui l’a poussée à devenir directrice. Mme Graf-Vallotton nous confie que ce sont les circonstances qui l’y ont amenée, elle ne l’avait en fait pas prévu, mais le départ soudain du directeur de l’époque et, son poste de doyenne, ont fait d’elle la candidate idéale pour diriger l’Ecole par intérim, c’était en 1987. Deux ans plus tard, on lui a proposé le poste, elle a dit oui et la voilà officiellement nommée au poste de direction par le Conseil de l’Ecole. Nous nous demandons si cette fonction lui a permis de transmettre certaines valeurs qui lui tenaient à cœur. Aussitôt le mot « respect » lui monte aux lèvres. Elle considère que c’est une valeur essentielle de l’Ecole, se respecter les uns les autres, respecter les différences, puis elle souligne aussi l’importance de transmettre le goût du travail, de l’entre-aide.

Les années ont passé et nous nous demandons si les règles au sein de l’Ecole étaient aussi strictes que maintenant. Mme Graf-Vallotton évoque le fait qu’elle a retrouvé en farfouillant dans ses affaires un vieux règlement qui datait de 1979 et qu’en le relisant, elle s’est aperçue que certaines de ces règles n’ont pas pris une ride, mais que l’école vit avec son temps et que les règles doivent s’adapter à la société dans laquelle on évolue. Par exemple à l’époque, il n’y avait pas de téléphones portables. On ne sait pas si on ose lui demander si elle a puni beaucoup d’élèves au cours de sa carrière. Elle nous répond franchement que non, car généralement ce sont les enseignants qui punissent, elle ne gérait ce genre de choses que lorsque c’était grave et que cela impliquait un renvoi.

Cela nous intrigue, l’Ecole a-t-elle beaucoup changé ? Mme Graf-Vallotton nous confie qu’elle a eu la chance de vivre une période de grandes transformations. Tout d’abord, le bâtiment s’est modifié, des classes ont été agrandies, on a créé la cafétéria, la salle de gymnastique, la salle informatique ou encore la bibliothèque. Ces mutations sont dans l’ordre des choses, « une école vit avec son temps » nous dit-elle, elle le reflète.   

Nous imaginons que le départ n’a pas dû être une étape facile et Mme Graf-Vallotton ne nous contredit pas. Elle a quitté l’Ecole Vinet en 2011 et cela a été difficile, l’Ecole lui a  manqué, les élèves, mais aussi les enseignants. Son plus beau souvenir ? Il y en a tellement, mais si elle devait choisir, ce serait une semaine aux Diablerets, toute l’Ecole ; une vraie petite famille qui se déplace et qui au rythme des ateliers divers, musique, dessin, sport, vit ensemble. Ce « partage commun », nous dit-elle, reste gravé dans son cœur. Toutefois, elle a su tourner la page et peut maintenant se consacrer davantage à sa famille et à ses loisirs. Que représente l’Ecole Vinet pour elle aujourd’hui après plus de trente ans de carrière au sein de cet établissement ? L’ancienne directrice nous avoue qu’elle est un symbole de pérennité, car l’Ecole continue d’avancer et conserve cet « esprit Vinet » qui la caractérise. Contrairement aux écoles publiques de quartiers de la ville, les élèves de Vinet viennent de lieux différents dans le canton : Pully, Lutry, Epalinges, Yverdon, Morges, … et cette vie communautaire crée des liens particuliers, un esprit différent, l’esprit Vinet. »         

Anciennes et déjà anciens sont conviés à la fête

 

Aujourd’hui, l’Ecole Vinet met 40 collaborateurs au service de 250 élèves répartis dans 16 classes de 12 à 18 élèves. Elle assure un enseignement de collège de la 7e à la 11e (VSB, VG), celui d’une 1e année de culture générale pour rejoindre la 2e année dans les gymnases publics ainsi qu’une classe préprofessionnelle conduisant aux apprentissages. Sa proximité avec l’école publique vaudoise a été une symbiose historique. Elle le demeure, même si des passe-droits automatiques ont dû être invalidés.

En cette année festive du 175e, le comité d’organisation de l’école a prévu des événements auxquels sont conviés des élèves de toutes générations: une pièce de théâtre qui aura lieu à la salle des Fêtes de Montbenon, les 2 et 3 avril prochain. Intitulée «Adolescence», écrite par Carole Dubuis, elle sera interprétée par des écoliers. Puis, début octobre, une journée portes ouvertes présentera divers travaux de mémoire, des images historiques, des découvertes scientifiques, etc.

Ecole Vinet, rue de l’Ecole-Supérieure 2, 1002 Lausanne. secretariat@ecolevinet.ch

 

 

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