24 Heures

11.07.2008

Au bois de Finges

 

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Beaucoup connaissent les crus du vignoble de Salquenen, leurs vertus sacrées autant pour le bien-être du corps que pour l’édification de l’âme - le couvent de Géronde n’est pas loin, et les bernardines de la «colline inspirée», elles s’y connaissent en vinification aussi bien qu’en confection de vêtements sacerdotaux. Mais peu se sont plongés dans le micro-climat singulier du village éponyme et de ses alentours.

Salquenen est un village intrinséquement viticole qui relie les parties francophone et germanophone du Valais. La rivière qui sépare ces deux mondes est la Raspille; elle coule à l’ouest des habitations. La longer sera l’occasion pour le randonneur profane de comprendre pourquoi ce cher Vieux-Canton - avec ses glaciers encore frais, ses cimes encore blanches… - est souvent considéré comme la région la plus méditerranéenne de la Suisse: abricotiers évidemment, et amandiers, oliviers, champs d’asperges entourent les coteaux en terrasse dévolus au raisin. A peu près comme dans les paysages de Malaucène et Gigondas, dans le Vaucluse.

finges333.jpgJ’en viens aux pins et pinèdes du bois de Finges, dont la présence miraculeuse est protégée depuis trente ans par le Conseil d’Etat valaisan, à la demande de Pro Natura. Cette pineraie sèche entremêlée de chênaie pubescente, fut la Brocéliande préférée d’une poétesse chère à mon cœur, Anne Salem-Marin, morte du cancer en mars 2007. C’était une enfant du pays de Sierre, et de Vercorin, et de Chandolin, et de cette forêt alluviale où elle revenait souvent se ressourcer «en gamine» avant que sa formidable énergie ne l’abandonne. Elle fut ma belle-sœur, la mère de ma nièce bien-aimée, la grand-mère du petit Basile qu’elle n’a point connu: il a été conçu le jour même où Anne ma sœur, ma Sorella, a eu l’étrange idée de s’évaporer. Son gentil fantôme erre maintenant sur les laves torrentielles pétrifiées de l’Illgraben, sur le cône de la Souste - qui est à l’origine des rapides du Rhône sauvage.

La zone protégée de Finges a son bestiaire enchanté: cerfs et chevreuils, lynx et castors, aigles royaux, huppes fasciées, hypolaïs, torcols mangeurs de fourmis, bruants fous, pies-grièches écorcheurs, plus toute une chorale de grenouilles et de batraciens rieurs.

Comment s’y rendre

1e proposition: prendre le train jusqu'à Loèche puis rejoindre Sierre à pieds. Emprunter la digue du Rhône; une fois l'extrémité de celle-ci atteinte, franchir le canal et prendre la direction des étangs.

2e proposition: à la sortie de la ville de Sierre, 300m après avoir franchi le Rhône par la route cantonale, emprunter le chemin qui s'engage dans la pinède et déambuler ainsi au milieu des collines et des étangs.

www.pfyn-finges.ch