28.01.2010
Bussigny et le souvenir d’une romancière romantique

Dans une sauce lyonnaise, il y a de l'oignon, de l'ail, de la tomate et des bris de viande des fermes du pays du Rhône. Mais autour de la deuxième ville de France, les communes faubouriennes passent pour les plus dangereuses de France au plan de la sécurité. Or tout est affaire de décor, disait Aragon, et si des zones moins distinguées que d'autres de la commune de Bussigny-près-Lausanne ressemblent à des quartiers français où c'est la loi du faible mental le plus costaud qui l'emporte sur le faible qui se voulait affable, la vie des habitants semble moins dangereuse que dans le secteur de Montbenon, à Lausanne, où les nuits deviennent de plus en plus pittoresques et tragiques.
Les Bussignolais sont fiers du rendez-vous des Arcades, construit il y a seize ans. Et c'est dans des habits rupins qu'à la belle saison ils s'installent à la terrasse du restaurant en y dégustant du magret de canard. Cela dit, les habitants de Bussigny, tout gourmets qu'ils soient devenus, auraient eu il y a bien longtemps des coutumes alimentaires barbares, qui leur vaudraient aujourd'hui la vindicte de la SPA. Ils auraient une fois dévoré ensemble un loup, autour d'une longue table de banquet dressée au cœur du village, qui était alors collé à un hameau de Saint-Germain. Depuis cet étrange festin, les Bussignolais se surnomment encore eux-mêmes Lè Medze-lao, soit les «Mange-loups».
Pour qui veut s'exiler des contrées du nord de la Romandie, ou des supériorités alémaniques. Pour qui savoure la mélodie de la langue française, le nom de Bussigny est un enchantement pour l'oreille. Cela sonne comme buis, buisson, busserole? Un arbuste appelé aussi raisin d'ours. De plus, sur la carte générale de la Suisse, cette ville semble située au bord du lac. Quelle désillusion pour ces Jurassiens, ces Neuchâtelois, ces Soleurois qui ont volontairement quitté leurs crêts majestueux, leur Aar émeraude en croyant débarquer sur une rive quasi méditerranéenne! Car les vagues lémaniques ne lèchent aucune frontière de cet endroit au nom séducteur, et dont le paysage, à prime abord, peut désenchanter. Et pour accéder de là aux splendeurs du Léman, il faut plusieurs centaines de mètres de route. On s'en consolera en levant les yeux pour contempler les nuages. Ils sont plus élevés qu'ailleurs. Ils sont le produit commun de notre Mare nostrum à nous et des hautes Alpes de Savoie. Autre déconvenue: en optant pour une installation à Bussigny, ces « étrangers » croyaient qu'ils allaient s'acclimater à l'esprit presque provençal du marché de la Palud, aux divertissements culturels du Festival de la Cité, à l'ombre désaltérante de la plus belle des cathédrales. Encore tout faux: car à Bussigny on n'est pas Lausannois, on dépend du district de Morges, et les Mange-loups sont intraitables sur ce sujet qui est plus administratif que géographique.
Roséaz est un des quartiers les plus anciens de Bussigny. Ses maisons et pavés sont marqués par la présence d’une grande dame de l’Europe des lettres. Isabelle Polier de Bottens, baronne de Montolieu (1751-1832) était une romancière vaudoise connue dans tout le Vieux-Continent pour ses écrits personnels, où sa maîtrise du français classique basculant vers le romantisme fit florès surtout à Paris et à Londres.
Née à Lausanne, elle se rendit célèbre par son premier livre Caroline de Lichtfeld, ou Mémoires d’une famille prussienne, et un chef-d’œuvre sur Les châteaux de Suisse. Elle laissa son nom à une rue sur les hauts de Lausanne ainsi qu’à une autre au cœur de Bussigny. Sa «Maisonnette» se situait entre l’actuelle rue du Temple et le chemin de la Sauge.
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19.01.2010
Le canal hollandais de Benjamin Constant
Plus ça se juche sur le nord crochu d'une ville, plus ça s'escarpe, plus cela devient inaccessible à pied, voire en trolley, et plus c’est soumis aux caprices du climat. Au chemin de Pierrefleur, qui se dessine sur la cartographie lausannoise en forme d'un point d'interrogation à quelques coudées vers l'ouest de l'aérodrome de la Blécherette, on saisit vite l'orientation des airs, les caresses de l'été, les morsures de l'hiver. Ce haut terreau fertile se dresserait ainsi sur nos monts locaux tel un index mouillé indiquant le ciel. Comme dans la tradition des gens de théâtre, ou des forains, des marins aussi bien sûr, on ressent physiquement sur les pores de son doigt les fantaisies du vent. Celles des imprévisions, des lois.
Là-haut, par-dessus Beaulieu et les Bergières, on est tellement à l'écart du centre-ville que l'on se refait une santé civilisatrice en s'imaginant des moments privilégiés, des rendez-vous qui deviendraient réguliers. Des endroits aussi de récréation pour les enfants. C'est justement du lieu dit le Désert que je vous écris. Voilà une campagne urbaine que le patrimoine national a pu à temps sauver d'un désastre, mais un tantinet trop tard, je crois.
Les vestiges du majestueux domaine seigneurial - même s'ils ont été protégés avec intelligence par la ville de Lausanne - sont désormais entourés d'immeubles en forme de banane, et de petits buildings qui encombrent la vue. Naguère, de la ferme aux volets verts de la famille Rivier, le regard se répandait sur la campagne vaudoise la plus verte, la dorée ou la brune. Sur la plus joyeuse comme sur la ténébreuse. A présent, des murs médiocres d'édifices locatifs nous arrêtent. On s'y cogne le nez.
Une polémique s'est déclenchée, il y a une trentaine d’années, sur cet enclavage injustifié et sauvage contre lequel des défenseurs du site se sont insurgés. Ils y sont revenus dix ans plus tard, en hiver 1990, maladroitement peut-être.
Moi je n'y reviens point. Je m'intéresse davantage à ce qui se passe dans un étang romantique et vénère les poissons qui y tournent dans l’insolite canal creusé vers la fin du XIXe siècle par le père de Benjamin Constant (1767-1830), l'auteur d'Adolphe, qui naquit place Saint-François mais passa une partie importante de son enfance en ce même domaine du Désert. Afin de complaire à son épouse hollandaise, qui était nostalgique des canaux d'Amsterdam, le père du grand écrivain et politicien aurait fait créer ce canal à la mode hollandaise.
Aujourd'hui, cette pièce d'eau, unique en Suisse, est entourée de plantes vivaces. Longue de 140 mètres, large de six, elle est peuplée de grenouilles, de crapauds, de tritons, et d'autres animaux mystérieux dont la nature relève de la mythologie. Anecdote locale : comme il y avait trop de crapauds qui déclaraient leur amour à la crapaude en période d'amours, et que des riverains mal embouchés se plaignirent, on a un peu «pacifié» les batraciens, en les éliminant... Du coup, les moustiques ont pullulé.
Pourtant, à Pierrefleur, rien n'est vraiment perdu: la ferme patricienne fut reprise avec élégance et courage, avec des intérêts allant vers les arts, par des gens respectueux. Elle avait été longtemps la propriété de la famille Rivier. Depuis 1989, elle appartient à la ville de Lausanne. L'ancienne roseraie est devenue un jardin potager où chacun des habitants du quartier peut louer quelques mètres carrés pour y faire fleurir trois tulipes ou mûrir cinq tomates. Il y a là aussi un poulailler en forme de tour néogothique. Quant à la maison de maître, qui abrita quelque temps des étudiants, elle prit feu en 2005 et attend d’être restaurée avant de trouver une nouvelle affectation.
En baguenaudant le long du canal à la nuit tombée, le faubourien se resource à un romantisme qui ne s’est pas éventé. Au débouché des jardins, il entendra chanter quatre fontaines à l'unisson.
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06.01.2010
A l’ombre d’une belle synagogue, le carrefour de Georgette

Les Lausannois en parlent comme d’une place, alors que Georgette n'est qu'une rue, aussi courte que large, et ouverte à tous les vents. La bise noire (celle dite de Berne) y tombe avec fracas de Villamont, en faisant tourbillonner dans l’air les dernières feuilles des platanes, pour s’engouffrer en bifurquant dans les avenues de la Gare et de Jurigoz.
A l’angle nord de Bellefontaine, sous une muraille mangée de lierre et de vigne sauvage, on la voit qui dévale à droite vers le Jura et son Mont-Tendre, à gauche vers les Alpes de Savoie. Ce point d’observation, unique à Lausanne, devrait être consigné dans manuels d’orographie, puisqu’il offre une vision stéréoscopique des deux plissements géologiques principaux qui délimitent la Suisse romande.
Georgette est un lieu de passage, un coude routier qui permet aux automobilistes des hauts de la ville de rejoindre Ouchy ou le giratoire de la Maladière. Or les gens qui y vivent se sentent dans un quartier à part entière, qui a son histoire, ses particularités. Ils y respirent une atmosphère provinciale très propre sur elle. Déjà qu’on n’y trouve aucun supermarché, mais de petits commerces où les denrées sont un chouia plus cher qu'ailleurs, mais peut-être de meilleure qualité. L'âme du coin est artisanale, un peu «bourge», à l'exemple de certaines sous-préfectures de la province française.
Les bâtiments principaux de l’avenue sont beaux. Remontons-la: entre la croisée Florimont-Juste Olivier, au pied de la Synagogue (image ci-dessus), et la station du bus numéro 9 pour Lutry, qui avise le début de Rumine, nous longeons cinq maisons patriciennes à terrasses surélevées, élégamment arborisées - l'une d'entre elles abrite l'Ecole privée de musique Ribaupierre. Leur font face, côté centre-ville, deux îlots d'immeubles du XIXe siècle, eux aussi majestueux.
Au cœur du premier de ces îlots se voûte un haut passage menant à un square méconnu, encadré de façades aux volets presque toujours clos le jour, mais où, le soir, fusent des fumets de cuisine traditionnelle - longes ou ris de veau, coqs au vin, canards à l'orange. Autant de viandes qui affriandent davantage Maître Renard, depuis qu'il aime rôder dans le tissu urbain plus qu'en ses forêts joratoises. Une fois qu'il a déniché, en une poubelle en plastique éventrée, un os d'agneau à sa convenance, il ira le ronger tranquillement à l'abri des thuyas taillés. Sa commère, la fouine des villes, s'approche de lui sans crainte, puisque le square est devenu un parking: elle y trouvera à foison des câbles à mordiller jusqu'à plus soûl. Mais pourquoi se réfugier en ce minuscule coin-là, au sol dénué d'herbes, sans terre à humer, alors qu'à quelques dizaines de mètres, il y a la promenade Jean-Villard Gilles, creusée et épanouie sous de vastes sapins? Les riverains de Georgette se croisent sur les trottoirs en échangeant un salut courtois et suranné. Quand ils se rendent en bus où à pied à Saint-François, ils disent toujours «je monte en ville». Et lorsque c'est vers la gare qu'ils vont, ils «descendent».
Jusqu’à l’an passé, ils affichaient une même cordialité au Café de la Presse – un restaurant portugais, qui vient d’être supplanté par un traiteur libanais où la clientèle fortunée est particulièrement bienvenue… Cet endroit fut naguère une célèbre Trattoria Toscana, et jadis un tea-room modeste, mais idéalement situé entre Sain’f et la Gare. Ça s’appelait alors le Pam-Pam. A six ans, j’y ai savouré ma première coupe Danemark, un dessert qui a disparu de beaucoup de cartes de bistrot. La serveuse avait un gros chignon roux et caressait les joues des mioches amoureusement, librement, sans devenir suspecte de pédophilie…
Plus tôt encore, au milieu des années cinquante, il y avait à Georgette l'épicerie fine Winandy, dont le magasin était jonché de sacs en jute emplis de grains de café et d'épices. Vers l'avenue de la Gare, c'était le Bouton Chic, précédemment Caroline-Couture.
Le magasin de fleurs Meylan existait déjà, à l'angle Rumine-Villamont. Mme Meylan, la patronne, avait des cheveux gris tirant sur le mauve. Ses plus belles fleurs n'arrivaient qu'en saison. De même, les marronniers de l'avenue de Rumine fleurissaient à point nommé, à fin mars, pour préparer le printemps. Ou annoncer l'automne en jaunissant.
Il y avait bien entendu le Théâtre municipal de Lausanne - qui s'est transformé en Opéra de Lausanne – et deux grandes adresses gastronomiques lausannoises, toujours vivantes: le Chat Noir et le Lyrique.
Périodiquement, le soussigné reçoit des messages de lecteurs qui savent ma passion des toponymes, et peut-être aussi mon adresse privée qui se trouve dans le quartier:
- Mais qui fut cette Georgette? Une libertine locale? Une comédienne si fameuse en son temps qu’on en aurait retenu que le prénom pour libeller les plaque bleues de l’avenue?
Hélas, non. Je les renvoie systématiquement à un précieux Dictionnaire des noms de rues de Lausanne, établi en 1985 par Etienne Corbaz et François Valloton. Ces Messieurs nous apprennent que Georgette provient du patois Gargas, gorge, suivi d’un diminutif. Un temps, ça s’orthographiait Jarjataz.
Mais pourquoi une «petite gorge»? Au XIIIe siècle, un cours d’eau encaissé, qui avait sa source à la rue de Montagibert et déviait à Etraz, ruisselait à cet endroit entre les parchets pentus d’un vignoble. On y cultivait un vin doux réservé au comte de Gruyères.
Un suzerain qui n’y avait jamais les pieds.
17:08 Publié dans Quartiers lausannois | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.01.2010
L’âme ferrugineuse des Faverges

Le quartier des Faverges, dans le Sud-Est lausannois, est un endroit un peu claquemuré, car trop détaché du centre-ville. Ses habitants ont une mentalité particulière: un peu abandonniques, soucieux d'un zeste de confort, et de nationalités diverses. Un quartier un peu trop paisible à mon goût, mais j'ai vu dans l’herbette glacée de l’hiver des enfants marchant sur leurs mains. Quand on avance à l'envers, on regarde le ciel; et c'est un très bon signe dans un tel endroit dont l'horizon est géographiquement fermé.
Géographiquement les Faverges forment un secteur éminemment ferroviaire, puisqu'il s'inscrit entre deux lignes CFF parallèles: celle qui arrive de Berne au nord du quartier, et celle qui, au sud, vient de Sion-Aigle-Montreux, juste aux confins de la frontière de Pully. Il est donc bien encaissé, et les riverains de ce chemin-là, qu'entrelacent quelques autres ruelles, dont celles du Trabandan et du Vanil, conviennent eux-mêmes qu'il est un trou.
Ferroviaire, il l'est aussi historiquement, car depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'au début des années soixante, les wagons des CFF y stationnaient, et l'on construisit alentour des immeubles locatifs à l'intention d'employés de la régie.
Pour respirer intacte l'atmosphère prolétaire, souvent cordiale qui régnait en ce temps-là, passons depuis le Trabandan, le pont élevé en molasse qui traverse la Vuachère, pour entrer en terre pulliérane. Admirons-y les cascades furieuses et naturelles de la rivière, puis avisons une maison rose pointue à volets rouges. C'est le Café du Château-Sec. Naguère, on y mangeait une carbonade, une fondue moitié-moitié arrosée de vin chablaisan. Planté à proximité des rails du Simplon il y a un peu plus d'un siècle ce bel estaminet avait conservé durant des décennies la bonhomie chaude du rendez-vous de cheminots qu'il avait été jadis. (Depuis quelques mois, des Iraniens cultivés y servent de savoureuses spécialités persanes - ragôuts d’agneau à la coriande, riz blanc à la vapeur, kebabs en brochettes autrement plus raffinés que ceux débités au sabre dans les fast-foods ottomans. Les chants proches de la rivière leur rappelle celle qui coule sous les bouleaux de Darband*, une villégiature en amont de Téhéran.)
Je reviens au quartier des Faverges. Bien avant de se convertir en petite patrie de cheminots et d'aspirer la poussière rubigineuse des rails, il a été une zone viticole importante. Cela depuis l'époque gallo-romaine, quand un certain Cassius y régnait sur des hectares de vignes. Il y laissa d'ailleurs son nom, que l'Histoire et l'usage ont un peu déformé: voilà pourquoi les Faverges appartiennent officiellement au secteur dit En Chissiez.
Au Moyen Age, des soeurs dominicaines de sainte Marie-Madeleine, placées sous la protection de sainte Marguerite, furent les propriétaires de ce domaine jusqu'en 1847, mais elles l'abandonnèrent en 1316 pour s’exiler à Estavayer-le-Lac, en le confiant à un tâcheron nommé Bender. «Pressoir» se disait alors truict. Et c'est d'un truict-à-Bender que découlerait le nom de Trabandan.
La ferme a été démolie vers 1950. Mais aujourd'hui, le promeneur vespéral, lorsqu'il aborde les rares espaces herbus à la sauvage des ruelles et des terrains vagues, il peut entendre, avec l'appoint du vent dans les buis et la bruyère, le Veni Creator des petites religieuses de saint Dominique.
Un peu délaissé par la Municipalité, passablement enlaidi par l'architecture industrielle des années cinquante, le quartier des Faverges reste pourtant le possesseur d'un trésor qu'auraient envié tous les petits gnomes de L'or du Rhin de Wagner: je reviens ainsi à la Vuachère (qui a aussi son étymologie: Vuarcheria, procéderait de Gualcheria, soit une espèce de moulin servant à aplatir les tissus ...)
Quand j'avais 8 ans, c'était plutôt à une belle vachère qu'elle me faisait rêver, la Vuachère, et qui aurait eu les yeux verts de la maîtresse d'école. Avec des garnements voisins de notre avenue des Cerisiers, on allait à la rivière pour la prospecter, y recueillir des pépites. C'était notre Eldorado à nous. Un jour, le petit Fabien Vuichoud, dont la maman jouait chaque dimanche à la canasta avec la mienne, y récolta un petit sou de deux centimes ? une piécette de laiterie, mais ce fut sa gloire.
Moi je n'ai jamais trouvé dans la caillasse de la Vuachère une aussi grande fortune. Mais il me revient en mémoire la vision d'un gros crapaud juché sur une pierre dodue presque aussi visqueuse que lui. Ses yeux dorés se plongeaient mystérieusement dans les miens et fouillaient ma conscience. Car dans un petit bol en verre que j'avais à la main, il avait dû remarquer quatre ou cinq têtards que j'avais fièrement recueillis à l'épuisette.
(*) Une vidéo chantée sur les cascades de Darband, au pied des montagnes du nord de Téhéran :
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